Wheatley est prêt à jouer le rôle de sa vie chez Sauber / Audi F1
L’ancien adjoint de Horner devient directeur d’écurie
Jonathan Wheatley, le nouveau directeur de Sauber (tandis que Mattia Binotto supervise le projet Audi depuis Hinwil), connait son premier vrai baptême de feu ce week-end, à Bahreïn.
L’ancien directeur sportif de Red Bull arrive dans un nouveau rôle ; il a non seulement changé d’équipe et de fonction, mais encore de domicile. Comment l’adaptation se passe-t-elle pour lui ?
« En fait, je disais justement aux collègues avant d’entrer ici : c’est excitant. Je suis regonflé à bloc. Il y a une énergie dans l’équipe, dans cette transition entre Sauber et le projet Audi F1. Honnêtement, j’ai le sentiment d’être exactement là où je dois être. »
« Ma famille et moi avons déménagé en Suisse – un pays incroyable que je n’avais fait que traverser jusqu’ici. Et sincèrement, nous nous y sentons chez nous. Nous sommes en train d’y construire notre vie, et je me sens vraiment très à l’aise chez Sauber. »
Jonathan Wheatley, pour la première fois de sa vie, devient donc directeur d’écurie. L’ancien mécano a fait du chemin depuis.
« Pour ceux qui ne le sauraient pas, j’ai commencé en Formule 1 comme mécanicien, en 1991, et j’ai tracé mon propre chemin. À un moment, j’ai dû choisir : soit la voie technique, pour devenir une sorte de chef ingénieur, soit le management. »
« Je suis un homme de terrain, et ce sont les gens qui me motivent. C’est le travail en équipe, la construction d’un collectif qui m’enthousiasme. J’ai développé mes propres méthodes. Chaque directeur d’écurie exerce ce rôle à sa façon, mais je pense que tous, à ce niveau, comprennent ce qu’implique le fonctionnement d’une équipe. »
Wheatley est passé d’une des meilleures équipes, Red Bull, à une des moins bien placées, Sauber. La transition n’est pas trop rude ? Quelles sont ses impressions ?
« Honnêtement, très positives. Il y a une belle énergie dans l’équipe. Il y a un enthousiasme autour du projet. Certains ici savent ce que c’est que de travailler dans une petite structure qui commence à grandir. »
« Les gens vous regardent droit dans les yeux. Je m’alimente de cette énergie. C’est un moment vraiment propice pour être ici. »
« Je suis en poste depuis deux semaines. J’essaie d’utiliser mes yeux, mes oreilles et ma bouche à proportion égale – ce qui n’est pas toujours évident pour moi – et je collecte un maximum d’informations. »
« J’ai un plan, auquel je m’efforce de me référer pour ne pas perdre de vue mes intentions initiales. Mais pour l’instant, ce que je constate, c’est une belle énergie dans l’organisation, une excitation réelle. »
Jonathan Wheatley a-t-il beaucoup appris de Christian Horner à Milton Keynes ? Va-t-il répliquer ses méthodes ?
« Je pense avoir appris de tous ceux avec qui j’ai travaillé au cours de mes 34 années dans ce métier. Je ne mettrais pas l’accent sur une personne en particulier, car on apprend tous les jours dans cette fonction. »
« J’ai toujours été attentif, à l’écoute, observant comment les gens réagissent. J’ai côtoyé des gens que je respecte, avec qui j’ai travaillé longtemps – j’étais dans ma précédente équipe pendant 19 ans. Je veux être un directeur d’équipe à ma manière. Je veux diriger, aux côtés de Mattia, selon mes propres principes. J’ai toujours eu des convictions bien ancrées. J’ai un plan pour amorcer cette transformation et maintenir la dynamique. Et je le répète : ce sont les gens, dans l’équipe, qui sont ma priorité. »
Wheatley a-t-il fixé un objectif à Sauber pour cette année ? Éviter la dernière place au classement des constructeurs ? Ou bien toute l’équipe se concentre surtout sur l’an prochain et la transformation en Audi ?
« Je travaille à définir mes objectifs à moyen terme, puis j’aborderai la planification à plus long terme. Comme je l’ai dit – cela fait deux semaines que je suis là – et j’ai passé presque autant de temps dans les airs qu’à l’usine. Donc pour le moment, j’écoute, j’apprends. »
« Je me suis fixé un objectif sur les trois premières courses – un triple header. C’est très instructif d’observer comment une équipe réagit à une triple course, s’il y a des dégâts, comment on se remet, la fatigue… Cela donne un bon aperçu du fonctionnement global. J’essaie de ne pas tirer de conclusions hâtives. J’écris beaucoup, je prends des notes, que j’essaie d’organiser. Ce qui m’encourage, c’est l’ouverture et la volonté d’apprendre que j’ai perçues dans l’équipe. Il y a une énergie positive. C’est un métier humain. Sans énergie créative, on n’avance pas. Notre plan, c’est de construire sur cette dynamique, petit à petit. »
« C’est une petite structure en pleine transition vers un statut d’écurie d’usine. Il y a une multitude de projets à mener à bien, et l’un d’eux est de réussir à fédérer les gens. En tant qu’équipe, nous devons apprendre à nous sentir à l’aise dans l’inconfort, car le changement arrive. Nous devons être en tête de ce changement, et avoir une feuille de route claire. Je pense qu’actuellement, nous sommes bien engagés sur cette voie. »
Jonathan Wheatley doit aussi gérer plusieurs cultures, puisque Sauber-Audi est à la fois suisse et allemand ; sans compter la nouvelle base ouverte au Royaume-Uni. Cette triple installation géographique n’est-elle pas un problème d’ailleurs ?
« Jusqu’ici, je n’ai constaté aucun problème lié à la langue ou à la manière de fonctionner. Il y a une vraie ouverture à l’apprentissage. Je vais essayer d’apprendre l’allemand – mais ne me testez pas trop vite là-dessus, s’il vous plaît. C’est un des enjeux du rôle, et comme vous le savez, nous voulons élargir nos horizons. »
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