Vowles prédit ’cinq semaines difficiles’ pour Williams F1 avant Miami

L’équipe doit "puiser dans ses ressources" pour progresser

3 avril 2026 - 09:44
Vowles prédit ’cinq semaines difficiles’ pour Williams F1 avant Miami

Williams F1 doit profiter de l’annulation des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite pour développer sa FW48 et la faire remonter en performance sur ses rivales, afin de quitter le fond de peloton où le team évolue depuis le début d’année.

C’est en tout cas l’objectif avoué par James Vowles, le team principal, qui admet les difficultés de l’équipe, et espère pouvoir rapidement corriger le tir, au lendemain d’un week-end particulièrement douloureux à Suzuka.

"Nous devons tirer le meilleur parti des cinq prochaines semaines. La journée de course a été difficile à Suzuka, et je veux que cela marque un tournant et nous assurer d’améliorer nos performances à chaque course cette année, afin de revenir dans les points chaque week-end," a déclaré Vowles.

"Bravo à Carlos, sa course a été impeccable et il a tout donné, mais la voiture est dans ses limites, hors de la zone des points. Bravo également à Alex, il a piloté parfaitement et a ensuite bouclé un programme d’essais qui nous sera précieux pour l’avenir (voir le détail ci-dessous)."

"Ces cinq prochaines semaines seront parmi les plus difficiles pour nous, et c’est voulu, car nous allons puiser dans nos ressources pour nous assurer de revenir à Miami avec une voiture capable de marquer des points" a-t-il poursuivi, avant de parler de l’accident d’Oliver Bearman en course.

"Concernant le grave accident d’Ollie, je le considère comme un ami et je suis heureux qu’il s’en soit sorti avec des blessures légères. Cela nous rappelle que nous devons éviter de nous retrouver dans une telle situation. C’est un excellent pilote, je suis content qu’il aille bien et j’ai hâte de le voir à Miami."

Vowles a aussi pris le temps de parler des changements à apporter aux règles 2026 après les problèmes vus lors des trois premières courses.

"Le monde de la Formule 1 prend très au sérieux ce que vous avez vu ce week-end, et pas seulement ce qui s’est passé à Suzuka, mais aussi les enseignements tirés des trois premières courses."

"Premièrement, nous nous réunissons deux fois en avril pour formuler des suggestions dès maintenant afin de comprendre l’origine de ces problèmes et comment y remédier de manière judicieuse dans les semaines à venir. Deuxièmement, nous réfléchissons à des solutions à plus long terme, pour les douze prochains mois. Il est admis, et ce depuis le début, que ces importants écarts de vitesse poseront problème."

"Cependant, il y a aussi de belles courses en cours. Pensez à Ferrari à Shanghai, aux performances de Suzuka ce week-end et même à Melbourne. À court terme, nous pouvons principalement ajuster certains paramètres subtils de la gestion et de l’utilisation de l’énergie, ainsi que l’utilisation du mode ligne droite sur le tour. Je suis certain que cela apportera des améliorations."

L’expérience d’Albon en fin de Grand Prix expliquée

Le Grand Prix du Japon d’Alex Albon a réservé une séquence aussi discrète qu’instructive, révélatrice des difficultés actuelles de Williams et de sa méthode pour y remédier. Car derrière une course sans enjeu direct au classement, l’écurie de Grove a mené un véritable laboratoire à ciel ouvert en fin d’épreuve, dans le but d’accélérer sa compréhension d’une monoplace encore loin de son potentiel.

Le constat est connu : la FW48 accuse un surpoids estimé à plus de 20 kg, un handicap majeur dans une Formule 1 moderne où chaque kilo compte. Cette situation ralentit le développement global de la voiture et pénalise ses performances, en attendant un programme progressif d’allègement.

Dans ce contexte, Williams continue de travailler sur des gains aérodynamiques avec le package actuel, en multipliant les essais en conditions réelles lors des week-ends de course. L’objectif : comprendre et corriger certaines faiblesses persistantes, notamment ces situations où une roue perd le contact avec la piste, réduisant drastiquement l’adhérence.

Une fois toute ambition de top 10 écartée en course, Williams a poussé la logique très loin. À partir du 45e tour, l’équipe a multiplié les arrêts aux stands pour modifier l’angle de l’aileron avant et analyser en temps réel les effets sur le comportement de la monoplace.

"Que faisions-nous avec Alex lors des derniers tours de la course, lorsqu’il enchaînait les arrêts aux stands ? Nous savions que nous n’étions pas en position de marquer des points, mais nous voulions aussi optimiser notre apprentissage pendant ces courses," a expliqué Vowles.

"Afin de corréler les données de la piste avec celles de notre soufflerie et de nos simulateurs CFD, plusieurs solutions sont possibles. Par exemple, on voit parfois des visualisations d’écoulement ajoutées à la voiture, via la peinture. On utilise aussi parfois des profils de carène, notamment lors des essais libres. Ce n’est évidemment pas quelque chose que nous allons intégrer en course."

Albon a ainsi été rappelé aux stands à plusieurs reprises dans un laps de temps très court. Après un premier arrêt pour chausser des pneus tendres et ajuster l’aileron avant, il est revenu dès le tour suivant pour une nouvelle modification, cette fois de 4,5 crans.

Le même schéma s’est répété lors des tours suivants, avec des ajustements parfois encore plus importants. Au total, Williams a enchaîné cinq arrêts en cinq tours, allant jusqu’à modifier à nouveau les pneumatiques lors du dernier passage, en revenant sur des gommes médiums.

"Concrètement, nous testions différents angles d’aileron avant pour nous assurer que la courbe d’appui attendue à l’avant et à l’arrière de la voiture corresponde exactement à trois ou quatre angles différents. Et cela nous permet simplement de nous assurer que nous n’avons pas d’autres gains ou pertes inattendus et que la carte que nous utilisons est relativement correcte à mesure que nous avançons dans la soufflerie."

Des variations d’une telle ampleur sont rares en course et traduisent une volonté claire : explorer un large éventail de réglages, y compris extrêmes, afin de collecter un maximum de données et enrichir la cartographie aérodynamique de la voiture.

Ces données seront désormais croisées avec les simulations en usine, afin d’orienter les futures évolutions et, à terme, corriger les lacunes structurelles de la FW47.


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