Un mois de retard accumulé qui inquiète Alonso chez Aston Martin F1

Des essais hivernaux insuffisants qui font craindre le pire

Auteur : Franck Drui
2 mars 2026 - 09:06
Un mois de retard accumulé qui inquiète Alonso chez Aston Martin F1

Avant le tout premier Grand Prix de l’année en Australie ce week-end, Aston Martin F1 apparaît comme l’écurie la plus entourée de doutes. Entre des interrogations persistantes sur la puissance et la fiabilité du moteur Honda et des craintes liées à la conception du châssis, le début de saison s’annonce délicat pour la structure britannique, comme l’a reconnu Fernando Alonso.

Le double champion du monde estime qu’Aston Martin accuse déjà un retard significatif sur une partie de la concurrence, en raison d’un programme de roulage bien moins étoffé durant l’hiver. Alors que certaines équipes ont pu prendre la piste dès le début du mois de janvier, Aston Martin a dû se contenter d’un roulage très limité à Barcelone, avant d’aborder des essais hivernaux jugés préoccupants à Bahreïn.

Si une équipe semble particulièrement sous pression à l’approche de cette nouvelle ère technique, c’est bien Aston Martin. Les inquiétudes ont été publiquement exprimées par les deux pilotes titulaires, Alonso comme Lance Stroll, le premier allant jusqu’à évoquer un déficit temporel d’environ un mois.

"Manquer Barcelone a été un gros problème, parce que ce n’était pas seulement manquer le test de Barcelone, mais aussi les journées de tournage avant," a expliqué Alonso avant Melbourne.

L’Espagnol souligne l’avantage accumulé par certains concurrents dès les premières semaines de l’année : "Certaines équipes ont fait rouler la voiture le 9 janvier (Audi F1, ndlr), donc aujourd’hui elles ont déjà un mois d’analyse de données et de résolution de problèmes. Ce capteur ici, cette température là, peu importe..."

"Nous n’avons pas roulé à Barcelone. Nous n’avons pas eu de journées de tournage avant Barcelone, ni avant ici, et pour nous, Bahreïn a réellement été le premier test."

Cette situation a compliqué fortement le programme de travail de l’équipe sur place. Alonso détaille les difficultés rencontrées à chaque sortie en piste.

"Nous découvrions de petits problèmes ici et là, à chaque relais, et cela affectait toujours un peu plus le programme. Quand on ne peut pas enchaîner des relais propres, relais après relais, on ne progresse pas vraiment sur les réglages."

Le pilote espagnol illustre concrètement l’impact sur le développement.

"Si nous avons un programme d’essais qui comprend trois rigidités différentes de suspension à tester, nous faisons un relais, puis quelque chose apparaît dans les données. Mais il faut vérifier ou changer un capteur. On repart ensuite, mais une heure plus tard. Entre-temps, la piste a changé et vous ne pouvez plus rien comparer avec certitude."

Dans ces conditions, le potentiel de l’AMR26 restera difficile à exploiter pleinement pendant un bout de temps.

"Pour nous, il y a encore des limites à franchir pour débloquer la performance, parce que nous ne roulions pas de manière continue."

Alonso estime toutefois que ces problèmes ne sont pas spécifiques à Aston Martin, mais qu’ils sont survenu simplement trop tard dans le calendrier.

"Peut-être que les autres équipes ont rencontré ces difficultés lors des journées de tournage ou lors des premiers jours à Barcelone, et nous, nous les avons découvert alors que les essais se terminaient."


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