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Pour Prost, un ‘jeu psychologique’ va s’installer entre Ocon et Alonso chez Alpine F1

Il revient sur les objectifs de l’équipe cette année

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Par Alexandre C.

3 avril 2021 - 09:53
Pour Prost, un ‘jeu psychologique’ (...)

De l’aveu même de Luca de Meo, le nouvel homme fort du Groupe Renault, la marque au losange se serait installée « pour l’éternité » en F1, à travers la marque Alpine et son engagement en tant que motoriste. Pourtant, cela fait des années que Renault ou Alpine est engluée dans le milieu de grille en F1 : les actionnaires ne risquent-ils pas de se lasser au bout du compte ?

Dans un entretien pour Le Figaro, Alain Prost, qui occupe toujours un rôle central de conseiller spécial dans l’équipe de F1, est ainsi monté au créneau pour rappeler le sens de l’engagement de Renault-Alpine dans le sport..

« La continuité de la F1 dans le groupe est établie. Depuis des années, il y avait les pro-F1 et les autres, au sein de Renault. La volonté de Luca de Meo d’utiliser pour la première fois notre sport dans une stratégie marketing et d’image autour d’une marque du groupe, comme Alpine, c’est la garantie d’avoir un vrai programme. C’est un projet ambitieux qu’il faut soutenir. Le monde de l’automobile est en train de changer. Il faut savoir inventer de nouvelles choses. Jean Rédélé, qui a créé l’Alpine, était un vrai passionné avec une vision, comme Luca de Meo aujourd’hui. Moi, les gens avec une vision, j’ai envie de les suivre. »

« Alpine, c’est la passion et le savoir-faire français. C’est très important de garder cela. »

Le premier Grand Prix de Bahreïn a été décevant sur le plan de la performance pure pour Alpine. Mais comme le rappelle Prost, 2021 n’est qu’une saison de transition.

« 2021 est une saison de transition, ou en tout cas de préparation, avant 2022 où la F1 va connaître un changement très important en termes de réglementation. Ce qui est certain, c’est que ça va batailler très dur pour les places derrière Mercedes et Red Bull. »

« Ce qu’on ne sait pas, c’est si ce règlement 2022 permettra d’amener des choses nouvelles. Je pense qu’il est tellement strict qu’il sera difficile de voir des inventions extraordinaires, comme nous dans les années 80-90. Je ne crois pas que la hiérarchie sera totalement bouleversée, mais les performances entre écuries peuvent se resserrer. »

Fernando Alonso a-t-il déjà changé les choses à Enstone ? Existe-t-il un « effet Alonso » ?

« Oui. Un pilote avec une telle personnalité apporte automatiquement quelque chose. Fernando est très exigeant et perfectionniste. Il demande beaucoup. À nous de l’assumer. Mais il a aussi conscience que ce n’est sans doute pas cette année qu’il pourra gagner des courses à la régulière. Ce qui est sûr, c’est que même le point de la 10e place, il va se battre corps et âme pour le ramener. Après, il ne faut pas oublier que c’est toujours le binôme de pilotes qui fait progresser une écurie. On attend d’ailleurs beaucoup d’Esteban. Il connaît désormais l’équipe. On a changé des choses pour lui, notamment son ingénieur de piste. Tout a été fait pour qu’il soit le plus confortable possible. »

Mais Ocon ne va-t-il pas être aussi mangé et dévoré par Fernando Alonso, comme le fut Stoffel Vandoorne chez McLaren ?

« Si un pilote est déstabilisé, ce n’est pas normal. Ce qui normal en revanche, c’est qu’un jeu psychologique s’installe. Il y a toujours un pilote qui prend le dessus. Si c’est un coup l’un, un coup l’autre, cela s’équilibre et les choses se passent bien. Quand c’est plus régulier comme Esteban l’a vécu l’an dernier avec Daniel, c’est plus compliqué. C’est très important que les pilotes travaillent bien ensemble et qu’il n’y ait pas de jeu dangereux. La saison va être longue. »

« Un pilote français champion du monde sur une voiture française, ce serait magnifique. J’aimerais que cela arrive avec nous, chez Alpine. Être là pour m’en occuper un peu, ce serait aussi une joie profonde. Je le vivrais presque comme une consécration aussi par rapport à ma carrière. »

En 2022 pour progresser, Alpine pourra aussi s’appuyer sur un élément clef, les budgets plafonnés…

« C’était crucial. Les équipes qui dépensent deux fois plus que nous peuvent embaucher plus de personnel et faire plus de développement. S’il n’est pas l’élément unique de différenciation, l’argent reste moteur. À mon époque, l’ingéniosité faisait la différence. Les moyens financiers avaient moins de poids. Avec l’arrivée des constructeurs et des gros sponsors, on a bâti des grandes équipes qui sont aujourd’hui dures à déloger. Le plafond est indispensable pour resserrer le niveau. Le 2e « step » consistera à inclure dans ce plafond les salaires des pilotes. »

Alpine F1 Team

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