Pirelli ’rassuré mais prudent’ concernant ses pneus pour la nouvelle ère de la F1
"Nous ne connaissons pas la performance réelle des voitures"
Alors que la Formule 1 s’apprête à lancer ses essais officiels à Bahreïn pour la saison 2026, Pirelli se veut confiant. À l’issue des premiers roulages de shakedown organisés récemment à Barcelone, le directeur de la compétition du manufacturier italien, Mario Isola, se montre globalement satisfait des premières impressions laissées par les monoplaces de nouvelle génération.
Un bouleversement technique d’une telle ampleur implique forcément une part d’inconnu, mais Isola affirme avoir été encouragé par ce qu’il a observé en piste.
"J’aime ces voitures", a-t-il confié au média italien Autoracer. "Au niveau des lignes, elles ont l’air beaucoup plus agiles. La différence de poids n’est pas énorme et elles font un peu plus de bruit que les anciennes voitures."
Parmi les points les plus rassurants relevés par le responsable de Pirelli figure la fiabilité globale, notamment en comparaison avec d’autres changements réglementaires passés.
"En 2014, lors de l’arrivée des moteurs hybrides, certains motoristes ont beaucoup souffert, il y avait des équipes qui ne sortaient même pas du garage", se souvient-il. "À Barcelone, je n’ai rien vu de tel. Dès le premier jour, par exemple, Haas a bouclé 150 tours."
Un kilométrage précoce jugé très positif, à la fois pour le championnat et pour la préparation du fournisseur unique de pneus.
Si les monoplaces 2026 sont radicalement différentes, les pneus le seront en revanche de manière plus subtile qu’on pourrait l’imaginer. Le diamètre de 18 pouces est conservé, mais Isola insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une simple adaptation à l’échelle.
"Oui, il est vrai que les pneus sont restés sur des jantes de 18 pouces", explique-t-il. "Mais comme la taille des voitures a changé, il n’était pas possible de simplement réduire la bande de roulement et de tout redimensionner."
Pour autant, Pirelli n’a pas bouleversé sa philosophie de conception.
"Nous n’avons pas modifié les critères selon lesquels nous concevons les pneus", précise Isola. "Nous avons conservé les performances, les températures de fonctionnement et la dégradation en fonction des caractéristiques du produit que nous connaissons."
L’objectif principal pour 2026 a surtout été de renforcer la hiérarchie entre les gommes.
"Nous avons simplement essayé d’augmenter la différence entre les composés", souligne-t-il, une évolution qui pourrait favoriser davantage de variété stratégique en course.
À ce stade, le dirigeant italien appelle néanmoins à la prudence quant à l’interprétation des premières performances observées.
"Nous ne connaissons pas la performance réelle des voitures", rappelle-t-il. "Elles sont conçues pour des circuits exigeants comme Barcelone, Suzuka, le Qatar ou Silverstone. Je m’attends à ce que tous les composés, du C1 au C5, soient utilisables."
Concernant les formats de course, Isola a également balayé l’idée d’un retour à des règles imposant des arrêts au stand.
"Pour le moment, on n’en parle plus du tout", assure-t-il, en référence aux expérimentations passées comme les arrêts obligatoires à Monaco.
Autre sujet de discussion majeur du règlement 2026 : la gestion de l’énergie et de la puissance. Là encore, Isola se montre serein.
"Les équipes trouveront un moyen d’équilibrer tout cela, car c’est déterminant pour le temps au tour", estime-t-il. "Je ne pense pas que nous aurons encore à gérer de gros problèmes en Australie. Les logiciels vont s’affiner, les cartographies aussi, il y a 6 jours d’essais cruciaux pour cela."
Les pneus pluie évolueront également en 2026, notamment en raison d’une réduction attendue des projections d’eau liée aux nouvelles voitures.
"Quelque chose va changer sous la pluie", indique Isola. "Mais personne n’est encore capable de le quantifier. Mais nous nous attendons à une meilleure visibilité."
En conclusion, le patron de Pirelli se montre prudemment optimiste à l’issue de ces premiers roulages.
"Les performances ne me semblent pas radicalement différentes de celles de l’an dernier", conclut-il. "D’autant plus que personne n’est allé dans les extrêmes et que les voitures ont roulé pour la première fois."
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