Pirelli confirme que la F1 envisage de modifier les règles pour le Grand Prix du Qatar
"Nous évaluons les options que nous avons sur la table"
Pirelli F1 a confirmé l’information que nous vous donnions en primeur il y a quelques jours. Le manufacturier italien discute bien actuellement avec les équipes de Formule 1 et la FIA de la possibilité d’imposer un minimum de deux arrêts au stand lors du prochain Grand Prix du Qatar, pour des raisons de sécurité liées à l’usure des pneus.
La manière dont cette mesure serait appliquée n’a pas encore été finalisée, mais l’option la plus probable passerait par une limitation de la durée maximale d’un relais. Cela contraindrait les équipes à diviser les 57 tours de course en au moins trois segments distincts.
L’ingénieur en chef F1 de Pirelli, Simone Berra, a confirmé lors de son point avec la presse au Brésil que "nous discutons avec la FIA, avec les équipes, avec la F1, et nous prendrons une décision très bientôt."
Il a également indiqué que l’option "d’imposer deux arrêts est sur la table".
Cette réflexion découle des inquiétudes soulevées lors de l’édition 2024, où la plupart des pilotes n’avaient effectué qu’un seul arrêt, malgré un niveau d’usure très élevé ayant entraîné des dommages sur la carcasse des pneus.
Ce ne serait pas une première au Qatar : l’année d’avant, en 2023, une limite maximale de 18 tours par relais avait été imposée après la découverte de problèmes potentiels lors des essais.
Cette fois, la mesure envisagée répond aux conclusions tirées de la course 2024 elle-même : la dégradation thermique n’avait pas posé problème, et le meilleur temps de course avait été obtenu en maximisant la durée des relais en pneus mediums, nettement plus rapides que les durs.
Deux pilotes, Carlos Sainz (Ferrari) et Lewis Hamilton (Mercedes), avaient subi une crevaison à l’avant gauche. Si la présence de débris avait d’abord été évoquée, Pirelli a finalement établi que l’origine venait d’une usure extrême.
"Nous avons l’expérience des années précédentes. Il y a deux ans, c’était plutôt une question de vibreurs. L’an dernier, il s’agissait d’un taux d’usure élevé qui a généré des dommages sur la carcasse. Évidemment, nous tenons compte de tous ces paramètres."
"La structure n’a pas beaucoup évolué cette année en termes de résistance, donc nous voulons éviter de nous retrouver dans une situation similaire à l’an dernier, où les équipes pouvaient allonger leurs relais car elles ne perdaient pas beaucoup de performance, même en roulant sous le niveau critique de la bande de roulement."
Plusieurs scénarios sont à l’étude selon Berra qui confirme que "nous évaluons les options que nous avons sur la table et nous déciderons très bientôt."
Le Grand Prix du Qatar 2023 reste à ce jour le seul cas où une course à plusieurs arrêts a été imposée par mesure d’urgence. Avec une limite maximale de 18 tours par relais sur 57 tours, il s’agissait de facto d’une course à trois arrêts obligatoires.
Cette contrainte avait été décidée après l’analyse habituelle réalisée par Pirelli le vendredi soir : pneus découpés et inspectés en laboratoire. Les techniciens avaient alors constaté des signes de dommages dans la zone reliant la carcasse à la bande de gomme, indiquant un risque de défaillance si les relais se prolongeaient, un problème affectant les trois gommes disponibles, car lié à la construction même du pneu.
Néanmoins, la nature du problème en 2023 était différente. L’usure constatée l’an dernier était due à l’accumulation de charges en virages rapides, mais la course de 2023 avait principalement été impactée par les dégâts provoqués par les vibreurs, surtout à la sortie des rapides virages 12 et 13, où les bordures agressives avaient endommagé les pneumatiques.
Ces vibreurs ont depuis été modifiés, et la limite de piste avait été déplacée de 80 cm vers l’intérieur dans le cadre des mesures d’urgence instaurées après les essais du vendredi.
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