Norris sur la défense de Tsunoda : ‘pour 5 centimètres’, je perdais le titre !

Une course pas facile, mais qui aurait pu être plus difficile

7 décembre 2025 - 21:39
Norris sur la défense de Tsunoda : ‘pour 5 centimètres’, je perdais le titre !

Pour 2 points, il l’a fait : Lando Norris a été couronné champion du monde de F1 2025, après sa 3e place dans une épreuve à suspense, derrière Max Verstappen et son coéquipier Oscar Piastri.

Après son premier titre de champion du monde de F1, obtenu dans la tension d’Abu Dhabi, Lando Norris a alterné entre les rires et les pleurs. Pleurs d’émotions, juste après son sacre, notamment dans le tour de décélération ; et le rire, au moment de se présenter en conférence de presse.

Fierté et gratitude : c’est ainsi ce que ressentait le Britannique au moment de répondre aux questions de la fameuse et traditionnelle « conférence du champion », devant toute la presse.

« Je ris simplement. C’est difficile à décrire. C’est difficile à exprimer avec des mots. Je veux juste passer du temps avec mon équipe, mes ingénieurs, ma mère et mon père. Je ne sais pas ce que je vais dire. Tant de choses entrent en jeu pour accomplir ce que nous avons réalisé. »

Ce sont d’abord les souvenirs d’enfance qui revenaient à l’esprit de Lando Norris. Et en premier lieu vers sa mère et son père, qui se sont investis, notamment financièrement, pour soutenir la carrière de leur fils.

« Vous savez, depuis toutes ces années où je voyais la Formule 1 à la télévision, où j’ai vu un kart pour la première fois – mes souvenirs des derniers tours se résumaient vraiment à cela. Ils m’ont ramené là où tout a commencé car je ne me trouverais pas ici sans mes parents et les sacrifices qu’ils ont consentis. »

« Mon frère et mes sœurs, le nombre de fois où ils m’écrivent sans réponse de ma part. Juste tout. Tout ce qui mène à accomplir ce que nous avons tous accompli. Et ce n’est pas mon championnat du monde. C’est le nôtre. C’est celui où je peux dire "Merci maman" et "Merci papa". »

« Ce sont eux qui ont tant sacrifié pour me permettre d’être le garçon chanceux que je suis – vivre mon rêve, faire ce que j’aime depuis que je suis enfant, conduire ce kart pour la première fois à la maison. Les meilleurs souvenirs. Et tant de choses y passent chaque année. »

« Et pour la première fois, je peux vraiment leur dire merci, à mes parents, à ma famille. Et je peux vraiment leur faire sentir que tout ce qu’ils ont fait en valait la peine. »

« Ils ont peut-être senti que cela en valait la peine après l’arrivée en Formule 1 ou la première victoire à Miami. Mais ce qui me fait sourire chaque jour, c’est de rendre mes parents fiers, de rendre mes amis fiers, les gens qui me soutiennent tant à travers les nombreux moments difficiles que j’ai connus cette année, et de célébrer les bons moments. »

« J’ai l’impression d’avoir enfin quelque chose pour dire merci – pas juste en mots, mais par l’ampleur d’un championnat – dont ils font tout autant partie que moi qui vais en piste et performe. Ils m’accompagnent à chaque étape du chemin. »

« Et là, je peux juste leur dire merci à tous. Je peux les faire sourire. C’est tout ce que je veux vraiment dans ma vie, qu’ils soient tous heureux et puissent célébrer. Et c’est ce que j’ai réussi à faire pour eux tous. »

Un dépassement qui a failli virer au cauchemar sur Tsunoda

Pour parvenir à ce premier titre, la course du Britannique aura tout de même été semée d’embûches.

Un moment très chaud aura été son dépassement sur Yuki Tsunoda : le Japonais, très agressif, a été pénalisé mais a aussi forcé le pilote McLaren F1 à doubler hors des limites de piste (photo ci-dessous).

Finalement, la FIA a considéré que ce dépassement ne devait pas être sanctionné, précisément parce que Lando Norris avait été poussé hors-piste… Mais le pilote McLaren F1 aurait pu tout perdre à cet instant !

« Je me rappelle de ce moment où on m’a dit : "Ok, Tsunoda est le prochain". Nous savions qu’il pourrait essayer de le faire – essayer de me retarder et me rendre la vie difficile comme Perez l’a fait à Lewis il y a quelques saisons. Une grande partie de cela figurait déjà dans notre scénario et nos estimations. Mais j’ai réussi à passer assez vite. »

« C’était un peu serré. C’est devenu assez serré. Et c’est fou d’y penser, car on y pense tout de suite. On se dit : "Mince, si c’était cinq centimètres plus près, c’est fini." »

« Et c’est là qu’on arrive à la fin de la course – trois tours à faire, quatre tours à faire – j’ai arrêté de prendre les vibreurs parce que je me disais que si cela détachait juste une pièce de la voiture, c’était fini. Ce genre de chose. »

Lando Norris a aussi dû dépasser plusieurs retardataires - parfois deux dans le même virage - pour éviter de perdre du temps dans le trafic.

« Beaucoup de ces choses vous traversent l’esprit. J’ai dû effectuer des dépassements assez décisifs et m’engager sur certaines choses. Mais encore une fois, le championnat n’a pas été gagné sur ces quelques moments. Il a été gagné par ma constance cette année, par mes grandes courses au cours des quatre derniers mois environ. »

« Cela aurait pu être une course plus facile. Cela aurait aussi pu être une course plus dure. Mais parfois, oui – c’était juste une autre course du calendrier pour moi. C’était une course amusante, mais j’ai essayé de vraiment la traiter comme : "Ok, c’est juste une autre course", et j’ai essayé de rester calme, ce que je sens avoir fait, et essayé de juste maximiser mon résultat. »

Peut-il viser le doublé l’an prochain ?

Désormais champion du monde, Lando Norris va sûrement voir un poids mental se libérer de lui. On sait (confère l’exemple de Max Verstappen) qu’un premier titre peut vraiment déchaîner tout le potentiel du pilote. En sera-t-il de même l’an prochain ? Lando Norris se voit-il couronné aussi en 2026 pour ouvrir une nouvelle ère de domination ?

Plus globalement, va-t-il être un pilote voire un homme transfiguré l’an prochain chez McLaren F1 ?

« Cela, je le découvrirai. Vous savez, je me sens fier mais pas parce que je vais me réveiller demain et dire : "J’ai battu tout le monde." Je ne suis pas fier parce que je peux juste dire que je suis champion du monde. Je suis fier parce que je sens que j’ai rendu beaucoup d’autres gens heureux. »

« J’ai rendu mon ingénieur Will, Jarv aussi – ils ne voient pas beaucoup leur famille. Ils m’ont vu grandir plus qu’ils n’ont vu leurs propres enfants grandir. Je me sens mal à ce sujet. »

« Mais le fait qu’ils mettent tant d’efforts pour me faire performer et nous aider... Je tremble. Nous aider tous à performer. Le fait que je puisse leur faire sentir que leur temps en a valu, j’espère, un peu la peine – c’est ce qui me rend si heureux. J’espère que cela ne change rien à ce que je fais, ma façon de penser, ma façon de faire les choses. »

Lando Norris est aussi plein de reconnaissance et d’admiration pour ses deux rivaux : il pense même que Piastri le battra dans un futur proche.

« Et quand je cours contre Max, un quadruple champion du monde, quand je cours contre Oscar, un gars qui à un moment donné dans le futur me battra probablement et sera champion du monde, je performe. Et je dois performer contre les meilleurs du monde. »

« Et j’attends avec impatience bien d’autres moments comme ça. Et je dois comprendre ce que je peux faire mieux, comment je peux faire mieux, comment je peux performer plus constamment contre eux et apprendre d’eux ? Et j’ai l’impression d’avoir fait cela cette année, et je dois le faire encore plus l’année prochaine si je veux conserver ce que nous avons pu accomplir cette année. »


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