Mekies évoque le défi Red Bull Racing et le besoin de conserver Verstappen et ’sa magie’ à bord
Le Français se confie à Spa-Francorchamps sur son nouveau rôle en F1
Laurent Mekies a pu prendre la température chez Red Bull Racing à l’usine pendant deux semaines en tant que nouveau directeur, à la place de Christian Horner, limogé avec effet immédiat après Silverstone.
Le Français va maintenant vivre son premier Grand Prix dans ce top team, ce week-end en Belgique et il s’est confié à Spa-Francorchamps sur ses attentes.
Fort d’une très longue expérience en Formule 1 depuis près de 25 ans, d’Arrows à Red Bull Racing en passant par Minardi, Toro Rosso, la FIA, Ferrari et Racing Bulls, Mekies ne devrait pas être effrayé par la tâche. Mais il en mesure bien l’ampleur.
Mais tout d’abord, quand a-t-il su qu’il allait prendre ce poste ? Peu de temps avant nous ! Il n’était donc pas mêlé au cœur des discussions entre les actionnaires.
"Évidemment, c’est arrivé comme ça, un peu par surprise. Comme pour vous. Donc, la mienne était probablement assez similaire à la vôtre. J’ai reçu un appel quelques heures avant que tout le monde soit au courant. Il venait d’Oliver [Mintzlaff, PDG des projets et investissements de Red Bull] et d’Helmut [Marko, conseiller en sport automobile de Red Bull]," confie-t-il au site de la F1.
"Bien sûr, ça m’a pris par surprise. Puis on essaie de digérer et on se dit : « Attendez une seconde, c’est Red Bull qui vous appelle pour assumer ce rôle. Comment cela pourrait-il être autre chose qu’un privilège ? ». On ressent alors l’énergie Red Bull. Et c’est comme ça que ça s’est passé. Et la suite appartient à l’histoire."
Mekies a admis avoir dormi "encore moins que d’habitude ces deux dernières semaines" avant Spa.
"La question est de savoir comment utiliser ce temps pour rencontrer ces personnes incroyables, rencontrer les équipes, apprendre à se connaître, interagir, comprendre leurs points forts, comprendre leur dynamique, comprendre tout cela."
"Et bien sûr, cela ne fait que deux semaines et on est loin du but recherché, mais c’est une toute autre expérience une fois que l’on commence ce processus et qu’on rencontre de nouvelles personnes chaque jour. C’est donc une aventure incroyable."
"Chaque jour est une découverte de certains talents. Chaque jour est une découverte du fonctionnement de l’équipe. Le point commun est que chaque angle que l’on découvre, chaque porte que l’on pousse, on retrouve cet incroyable esprit de course."
"Les garçons et les filles sont là pour gagner. On a vraiment l’impression qu’ils sont les meilleurs au monde dans leur domaine. Ils ont une incroyable combativité. Chaque jour, on a la chance de rencontrer certains d’entre eux et d’interagir un peu plus avec eux. Et c’est ce qui s’est passé ces deux dernières semaines."
La pression des résultats dans un top team à reconstruire
Bien entendu, Red Bull a des objectifs bien différents de Racing Bulls : ce n’est plus la lutte acharnée au milieu de peloton de son ancienne équipe mais la lutte pour les victoires et le championnat pilotes avec sa nouvelle équipe. La pression est énorme.
"Il n’y a qu’une seule aspiration chez Red Bull. Et elle émane de la direction et de tous les membres de Red Bull F1. Ils sont là pour se battre pour la victoire, pour le championnat. Et ils sont là avec l’engagement maximal du groupe : nous voulons que l’équipe continue de se battre pour la victoire, pour le championnat, pour obtenir la meilleure voiture possible."
"C’est donc naturellement l’objectif. Ce n’est ni un nouvel objectif, ni un engagement renouvelé. Il s’agit simplement d’un engagement renouvelé de l’équipe et du groupe. C’est une équipe avec laquelle nous voulons nous battre pour le championnat et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour continuer dans cette voie à l’avenir."
Mekies va devoir faire sans un certain nombre de membres clés, partis il y a plusieurs mois comme Adrian Newey ou Jonathan Wheatley. Et de nouvelles règles arrivent en F1, et un nouveau moteur fait maison en collaboration avec Ford !
"Il s’agit de s’assurer que nos collaborateurs évoluent dans un environnement propice et disposent des outils adéquats pour que leurs talents puissent opérer."
"Ensuite le conseil d’administration comprend que la reconstruction pourrait prendre du temps. Red Bull est présente dans ce sport depuis très longtemps. Ils connaissent parfaitement le fonctionnement du sport et savent à quoi s’attendre à court, moyen et long terme."
"Nous avons des défis incroyables à relever avec le moteur, qui s’ajouteront aux exigences de la réglementation de 2026. Il n’est donc pas nécessaire d’expliquer ce genre de choses à la direction. Elle est parfaitement consciente de cette dynamique."
"Il y a une volonté à tous les niveaux de l’entreprise de déployer le niveau d’agressivité nécessaire pour avoir une chance de victoires et de titres."
Objectif n°1 : conserver l’atout "magique", Max Verstappen
Il reste, pour l’instant, un élément clé à bord : Max Verstappen. Le Néerlandais ne rassure toujours pas quant à une présence à 100% garantie chez Red Bull en 2026 et après, alors que Toto Wolff continue à flirter avec lui pour un baquet chez Mercedes F1.
Mekies sait que la meilleure chance pour l’équipe de conserver Verstappen est de lui fournir une F1 rapide.
"En vérité, Red Bull est profondément engagée envers Max. Et pour être pleinement engagé envers Max, il faut lui offrir la meilleure voiture possible. Et lui offrir la meilleure voiture possible est ce que tout le monde dans l’entreprise souhaite plus que tout."
"C’est donc là que se concentrent vraiment les efforts. Et le reste en dépendra. Mais bien sûr, Max est au cœur du projet, il est essentiel, et nous avons besoin de sa magie sur les circuits. Il fait partie de l’équipe depuis très longtemps et il nous aidera grandement à développer l’avantage concurrentiel que nous devons à nouveau développer."
Alors, espère-t-il pouvoir livrer la voiture que Verstappen souhaite et qui suffira à le faire rester ? Comment le convaincre ?
"Je pense que l’équipe a tout pour y parvenir. Elle a les moyens. Elle a l’esprit. Et surtout, elle a les talents. En bref, oui, je pense que nous avons tout pour offrir cela à nos pilotes."
"Et je n’oublie pas Yuki, il est rapide. Il n’y a aucun doute. Et la vitesse ne disparaît jamais. Les circonstances ont été difficiles. Je sais que l’équipe le soutient pleinement, essayant de débloquer ce qui peut l’être et de relier les morceaux là où ils doivent l’être."
"Il entretient une très bonne interaction avec l’équipe. Et je suis convaincu qu’il saura révéler toute sa valeur prochainement."
Laurent Mekies s’exprimera encore davantage plus tard ce vendredi puisqu’il est l’un des trois invités (avec Ayao Komatsu et Jonathan Wheatley) de la traditionnelle conférence de presse FIA dédiée aux directeurs d’équipe.
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