Liberty Media et la volonté de rendre la F1 plus spectaculaire

Le sport à la conquête d’un public plus jeune et vaste

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Par Paul Gombeaud

13 mars 2022 - 15:08
Liberty Media et la volonté de (...)

La Formule 1 et le difficile équilibre entre sport et show

Propriétaire de la Formule 1 depuis maintenant plus de cinq ans, Liberty Media commence à rassembler tous les ingrédients qu’elle souhaitait mettre en place dans le sport à son arrivée.

Et la volonté des Américains de rendre la discipline de plus en plus spectaculaire se fait ressentir, avec l’idée d’attirer et de divertir un public toujours plus jeune et vaste.

Le final controversé d’Abu Dhabi 2021 illustre bien cette volonté de proposer un produit sensationnel.

S’il aurait bien sûr été regrettable de terminer une saison aussi incroyable derrière la voiture de sécurité, le fait de vouloir absolument disputer un dernier tour lancé a faussé le résultat de la course, car le pilote ayant gagné le Grand Prix (et bien sûr le titre) n’avait jamais été en position de l’emporter ce jour-là.

Du côté des Etats-Unis, il est fréquent de voir, notamment sur ovale, des courses changer drastiquement de dynamique lorsqu’une voiture de sécurité entre en piste. Le leader peut ainsi tout perdre sur un coup du sort, et un concurrent loin du compte peut lui se retrouver projeté en tête avec de la réussite.

Si ce genre de rebondissement est particulièrement apprécié outre-Atlantique, Abu Dhabi a laissé des traces sur la F1 et pour preuve, la FIA a été contrainte d’écarter Michael Masi du poste de directeur de course de la FIA et de repenser toute la structure du poste.

Un autre exemple montrant que Liberty Media souhaite proposer davantage de divertissement est l’ajout des courses sprint depuis l’année dernière.

Le format aurait même dû évoluer cette année pour proposer une épreuve indépendante du Grand Prix, mais le format de 2021 a finalement été conservé, avec plus de points attribués toutefois. Les équipes ont également refuser d’en disputer six cette saison, et nous en aurons donc trois comme l’année dernière.

L’idée des grilles de départ inversées a elle aussi été abandonnée, les différents acteurs ayant jugé que ça n’avait pas sa place en F1. Et si les fans l’ont eux aussi rejetée en grande partie, il n’est pas impossible que Liberty Media revienne à la charge dans les prochains mois.

Quoiqu’il en soit, nous voyons bien l’envie de la compagnie américaine d’essayer de proposer toujours plus de contenu à un public qui se lasse de plus en plus rapidement et qui a donc besoin d’action.

La F1 doit cependant faire attention à ne pas renier tout ce qui fait son ADN en voulant accorder trop d’importance au spectacle proposé, au risque de froisser une partie de son public.

Mais la réalité est que les audiences ne cessent d’augmenter, notamment sur le sol américain, et il est probable qu’une bonne partie des fans les plus passionnés continueraient de regarder le sport, même si des idées qu’ils n’apprécient pas du tout étaient intégrées.

La série Drive To Survive et la mise en avant des pilotes

Même si vous n’avez regardé aucun épisode, vous avez forcément entendu parler du phénomène ’Drive To Survive,’ la série documentaire de Netflix dont la saison 4 est sortie ce vendredi.

Généralement décriée par les fans de F1 les plus fervents, elle a tout de même permis d’attirer un nouveau public très vaste, notamment sur le sol américain, et contribue indéniablement au regain de popularité mondiale du sport.

L’affluence record du Grand Prix des Etats-Unis disputé à Austin l’année dernière (400,000 spectateurs sur l’ensemble du weekend) est une preuve que le programme séduit énormément de l’autre côté de l’Atlantique.

Concernant les critiques, il est reproché à la série d’être parfois trop scénarisée, embellie voire fictive dans certains cas. C’est d’ailleurs pour cette raison que le champion en titre Max Verstappen a par exemple décidé de la boycotter.

Concernant ses qualités, Drive To Survive permet d’offrir un visage plus humain aux différents acteurs, notamment les pilotes, en plus de proposer du contenu exclusif des coulisses de la F1 inaccessible en temps normal.

Les pilotes, justement, sont au centre du projet de Liberty Media, qui cherche à en faire son atout principal. Cela se voit bien dans la série documentaire, mais aussi avec la mise en place des nouveaux règlements cette saison, sensés proposer une hiérarchie plus serrée que par le passé et ainsi remettre le pilote au centre des débats.

Le but est qu’il n’y ait plus forcément besoin d’avoir une Mercedes ou une Red Bull pour remporter un championnat. Pour la popularité du sport, on peut imaginer qu’il serait bénéfique de voir plusieurs pilotes de différentes équipes jouer la gagne, une partie du public ayant été lassée par la domination parfois outrageuse des flèches d’argent depuis 2014.

Pour évoquer une nouvelle fois le sport automobile aux Etats-Unis, l’Indycar propose par exemple un championnat avec un seul et même châssis pour tous les concurrents et sa compétitivité est donc très élevée.

Si nous voyons depuis le début des essais hivernaux que les écuries de F1 ont finalement des voitures très différentes les unes des autres cette saison, la volonté de Liberty Media est bien de vouloir équilibrer les performances des uns et des autres pour que le dernier mot puisse revenir au pilote.

"Les pilotes sont au centre de notre projet, parce qu’ils sont inspirants et qu’ils attirent les fans," confirme Stefano Domenicali, le PDG de la F1.

"Nous sommes dans cette position incroyable où nous avons tant de bons pilotes qu’il n’y aura aucun problème de ce côté à moyen terme. Ils sont tous très bons, talentueux et connectés avec le monde."

"Nous avons un réel intérêt à développer des pilotes jeunes et talentueux. C’est pour ça que nous voyons également un beau futur pour la Formule 3 et la Formule 2, qui font partie de la pyramide que nous contrôlons."

"C’est l’élément le plus important qui nous permettra de grandir davantage."

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