Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix d’Italie

Gasly, mais pas que lui !

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Par Alexandre C.

8 septembre 2020 - 18:56
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les « tops » et les « flops » identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être louangé ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : La victoire de Gasly, un peu de chance, beaucoup de mérite

Gasly premier vainqueur Français depuis 1996 et Olivier Panis, c’est évidemment le top de ce Grand Prix, voire de cette saison ! Que souligner dans la victoire du pilote AlphaTauri ? Certes, il a fallu un peu de chance – un premier arrêt anticipé, juste avant la voiture de sécurité. Normalement, changer de pneus avant toute voiture de sécurité est le pire choix possible ; mais avec une pitlane fermée, et rouvrant juste après la reprise de la course, ce fut la meilleure option possible.

De la chance ? Un peu. Du talent ? Beaucoup. Cette victoire est venue récompenser les qualifications encore une fois très solides de Gasly. En Q2, là où Daniil Kvyat se qualifiait 11e, Gasly était déjà 6e. C’est ce qui l’a forcé à chausser des tendres au départ : en pratique, cela constitue une mauvaise option ; en réalité, partir en tendres l’a forcé à anticiper son arrêt. Ce qui peut donc apparaître comme un facteur chance, est en fait le résultat d’une 5e Q3 de l’année pour le pilote AlphaTauri. Pas de hasard, pas de chance qu’on ne provoque par son talent !

En course, malgré un départ timide (il était encore 10e après les premières boucles), Gasly a su tirer profit de toutes les opportunités. Ce qui fut le plus marquant fut encore sa défense, épique et intense, contre Carlos Sainz (avec une McLaren plus rapide) dans les derniers tours. La tension est montée, mais Gasly l’a superbement gérée, changeant de trajectoire pour éviter que le pilote McLaren ne prenne l’aspiration, attaquant dans Lesmo pour signer des vrais tours de qualifications. Pour garder la tête, il fallait cette lucidité, cette combativité, cette ténacité : oui, il l’a fait !

Top n°2 : McLaren, la deuxième force de Monza

Andreas Seidl, le directeur de l’écurie McLaren en F1, l’assurait après le Grand Prix : McLaren était la deuxième force à Monza, derrière les Mercedes, mais devant, Red Bull, Racing Point, Renault, AlphaTauri et consorts. Difficile de lui donner tort : en Q3, Carlos Sainz signait un énorme 3e temps et Lando Norris, sans une petite erreur, aurait pu le rejoindre en deuxième ligne. En course là encore, McLaren s’affirma, Carlos Sainz comme Lando Norris passant Valtteri Bottas. Sans la voiture de sécurité, McLaren aurait-elle pu finir 2e et 3e ? Peut-être. En attendant, même reparti 6e après le drapeau rouge, Sainz, malchanceux, est remonté au 2e rang ; quant à Lando Norris, sans l’arrêt gratuit de Lance Stroll, il aurait sans doute pu l’accompagner sur le podium. L’amertume de la victoire manquée ne doit donc pas faire oublier ce Grand Prix si prometteur…

Top n°3 : La remontée fantastique de Lewis Hamilton

Lewis Hamilton, top d’un Grand Prix alors qu’il finit 7e ? Avant la course, on aurait eu de la peine à l’imaginer. Mais le pilote Mercedes, après avoir encore battu Valtteri Bottas en qualifications, a fait preuve une nouvelle fois de sa classe et de son talent exceptionnels, dans un environnement différent. Après sa pénalité en stop-and-go, pour laquelle il est difficile de lui reprocher quoi que ce soit (le tort revenant plutôt au muret des stands), le Britannique ressortit dernier, avec 22 secondes de retard sur la Red Bull d’Alexander Albon, avant-avant dernier du peloton (seul Antonio Giovinazzi étant derrière).

Il ne restait plus que 25 (courtes) boucles de Monza à Hamilton pour remonter. Ce qu’il a fait brillamment, au-delà des espérances, jusqu’à la 7e place. Logiquement, il a enchaîné meilleur tour sur meilleur tour, sans trop user ses gommes, avec un chrono de plus d’une seconde plus rapide que le 2e meilleur tour en course, signé par Carlos Sainz. Du même coup, il a pu continuer sa série de 41 courses consécutives dans les points. Une nouvelle masterclass qui lui a permis de ne concéder que 3 petits points sur Valtteri Bottas. Et d’en reprendre 7 sur Max Verstappen !

Les flops

Flop n°1 : Trop défaillant, Bottas a peut-être laissé passer sa dernière chance de titre

Valtteri Bottas avait une grande occasion de reprendre bien des points sur Lewis Hamilton dimanche dernier. Las ! Le Finlandais a été défaillant. Il a tout d’abord été trop passif au départ, semblant s’endormir au moment de l’extinction des feux : il commence à être à court d’excuses dans cet exercice. La sanction fut claire, il fut dépassé par la meute, pour tomber à la 6e place. Surtout, il a eu ensuite du mal à doubler ses poursuivants, la Renault de Daniel Ricciardo, les deux McLaren… Certes, piloter une Mercedes n’est pas facile dans le peloton. Mais quand l’on compare sa non-remontée à la chevauchée de Lewis Hamilton, le constat est rude ! S’il fallait prouver la différence de classe entre les deux pilotes Mercedes, voici peut-être ce qu’il nous manquait… Bottas aurait dû être là pour remporter la course avec la meilleure voiture, il a été aux abonnés absents.

Flop n°2 : Un désastre de plus pour Ferrari

Il devient habituel de croiser les Ferrari à cette rubrique, mais comment faire autrement ? La Scuderia a connu ses pires qualifications depuis 1984 à Monza, avec une élimination en Q1 pour Sebastian Vettel (dernier des EL1). Il était entendu que la performance ne serait pas au rendez-vous, mais il demeure inacceptable que Kimi Räikkönen, dans son Alfa Romeo, ait pu dominer la Ferrari de Charles Leclerc sans trop souffrir. Et même la fiabilité défaille chez Ferrari, avec l’impressionnante rupture de freins qui aurait pu être si dangereuse sur la voiture de Sebastian Vettel.

L’accident de Charles Leclerc, quant à lui, est en partie dû à un survirage chronique de la voiture rouge. Que faire à Maranello ? Rentrer la tête, travailler et attendre des jours meilleurs…

Flop n°3 : Red Bull passe aussi au travers… même sans mode moteur !

Si Ferrari a manqué son rendez-vous, Red Bull est également passé à côté. Sans mode moteur, Helmut Marko le clamait pourtant : Red Bull se rapprocherait de Mercedes. Ce fut le contraire. Pire, en qualifications, Carlos Sainz comme Sergio Pérez finirent devant Max Verstappen, Red Bull n’étant donc que la 4e force du plateau, là où elle voulait être la première. La course ne fut pas meilleure, loin de là, pour Max Verstappen, englué dans le peloton après un mauvais départ, même si le rythme sur Valtteri Bottas ne semblait pas mauvais. Un problème moteur a finalement illustré les déboires toujours présents de Honda sur ce point.

Quant à Alexander Albon, il est passé de nouveau à côté de son week-end. Certes, les qualifications furent meilleures (à 3 dixièmes de Max Verstappen), mais le Thaïlandais termina à la 9e place seulement. En course, un accrochage au premier virage avec Romain Grosjean a compromis le reste de son épreuve, car il perdait une seconde au tour. Et pendant ce temps, Pierre Gasly…

On demande à voir : la F1 va-t-elle enfin changer le format des qualifications dans les circuits à aspiration ?

On peut en rire, on peut aussi s’en inquiéter : les qualifications de Monza ont de nouveau abouti à une farce tragique. L’aspiration étant cruciale, les voitures doivent se suivre à la queue-leu-leu, sortant en même temps, pour éviter de perdre une pleine seconde. Peut-on reprocher aux équipes de tout tenter, quand on voit à quel point Kimi Räikkönen par exemple, a fini si loin en Q2 en partant seul en piste ? Pas vraiment.

En revanche, c’est à la FIA d’agir, et vite, avant qu’un accident impressionnant n’arrive (l’incident de Lewis Hamilton en EL3 montre assez l’ampleur du problème). Romain Grosjean a proposé la seule idée qui semble raisonnable : lancer les voitures une par une, comme au temps de la superpole. Pour le tracé ultra-court de 55 secondes, sur le circuit extérieur de Bahreïn, c’est plus qu’une idée : une nécessité !

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