Le circuit d’Austin demande ’une grande précision’ aux pilotes de F1
Et une hauteur de caisse très limitée pour les monoplaces
En marge du Grand Prix des Etats-Unis à Austin, Aston Martin F1 a interrogé Pedro de la Rosa, ancien pilote de Formule 1 et ambassadeur de l’équipe, sur la manière dont le team s’est préparé à la 19e manche du championnat du monde.
Quels sont les principaux défis auxquels les ingénieurs sont confrontés lorsqu’ils configurent la voiture pour le Circuit of the Americas ?
"Le COTA est un circuit de compromis. C’est une piste très complète, avec un mélange de sections lentes et rapides, donc il faut trouver un équilibre dans les réglages de la voiture pour répondre à ces différents défis."
"Il faut faire en sorte que la voiture fonctionne avec une fenêtre de fonctionnement en hauteur de caisse aussi large que possible. Elle doit être suffisamment haute pour bien fonctionner dans les sections lentes, mais assez basse pour fournir de l’appui aérodynamique dans les parties rapides du circuit."
"C’est difficile, car les voitures de l’ère actuelle ont une fenêtre de fonctionnement très étroite, notamment en termes de hauteur de caisse. C’est donc un grand défi pour les ingénieurs et les pilotes, qui doivent collaborer pour optimiser la voiture pour le plus grand nombre de virages possible. Il faut toujours faire des compromis sur le COTA."
À quel endroit du circuit le compromis sur la hauteur de caisse est-il particulièrement important, et pourquoi ?
"Il faut essayer de prendre les esses du premier secteur en ligne droite autant que possible pour gagner du temps au tour, et pour cela, il faut monter sur les vibreurs. Le problème, c’est qu’on veut une hauteur de caisse suffisamment basse pour avoir un bon appui aérodynamique et passer les virages à haute vitesse, mais pas trop basse pour ne pas heurter trop violemment les vibreurs."
"Si la voiture tape les vibreurs trop fort et décolle, on perd de l’appui et l’arrière de la voiture devient instable. Il faut attaquer les vibreurs, donc c’est un compromis à trouver. C’est aussi physiquement difficile pour les pilotes, car plus la voiture est basse, plus on ressent les rebonds et les bosses dans le cockpit."
On passe presque instantanément de 5 g latéraux d’un côté du corps à 5 g de l’autre. La section des esses dans le premier secteur est aussi l’un des endroits les plus impressionnants pour voir une F1 à pleine vitesse. Qu’est-ce que ça fait de la piloter ?
"Cette section est la partie préférée du circuit pour beaucoup de pilotes, car elle est très rapide et demande une grande précision. On ressent beaucoup de force g dans cette section. On passe presque instantanément de 5 g latéraux d’un côté du corps à 5 g de l’autre ; c’est fantastique. Physiquement, c’est dur pour les muscles du cou, mais ce n’est pas un gros problème car COTA a de longues lignes droites sur lesquelles on peut récupérer."
Quels autres endroits du circuit sont particulièrement excitants du point de vue d’un pilote ?
"Le virage 1, c’est comme le début de montagnes russes en montant la colline, on ressent vraiment l’élévation dans la voiture, mais cela permet aussi de freiner très tard car la gravité nous retient."
"C’est un virage à l’aveugle, on ne voit pas la corde avant tard, mais c’est une très bonne opportunité de dépassement car la piste est large à l’entrée et il y a beaucoup de trajectoires différentes possibles. On peut aussi dépasser à la sortie si on a une meilleure motricité que son adversaire."
"Autre part, j’ai toujours trouvé que le virage 19 était le plus difficile de COTA. On y arrive très vite, l’entrée est également aveugle, mais à une vitesse bien plus élevée que celle du virage 1. Si on y entre trop tôt et qu’on touche le vibreur intérieur, on peut facilement partir en tête-à-queue."
"Si on entre trop tard, on sous-vire et on risque de dépasser les limites de piste. C’est un virage extrêmement difficile à bien négocier car il faut être très précis à haute vitesse, tout en ne voyant pas la corde."
Enfin, à quel point le circuit est-il exigeant pour les pneus, et comment les pilotes gèrent-ils cela ?
"Comme beaucoup de choses à COTA, la gestion des pneus est une question d’équilibre. Ils sont particulièrement mis à rude épreuve dans la première moitié du tour, donc il faut en prendre soin autant que possible pour qu’ils tiennent jusqu’à la deuxième moitié, surtout en qualifications."
"Il ne faut rien laisser de côté dans le premier secteur, mais il est très important de l’attaquer de manière à ne pas trop glisser, car si on glisse, on génère trop de chaleur dans les pneus et il devient très difficile de les refroidir."
"Dans la deuxième moitié du tour, il est plus important de préserver les pneus arrière, car il y a beaucoup de phases de traction, comme à la sortie des virages 12, 13 et 14, et on peut perdre beaucoup plus de temps dans les sections lentes que dans les rapides."
"Il faut être très prudent en remettant les gaz, car si on fait patiner les pneus arrière à la sortie, la sanction est sévère. Courir sur le COTA, c’est avant tout trouver un équilibre délicat dans les réglages pour pouvoir attaquer fort."
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Aston Martin F1 Team
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