Hamilton fustige les Grands Prix raccourcis en 2027 : ’absolument aucun sens’

Une F1 devenue "plus facile que jamais" physiquement

Hamilton fustige les Grands Prix raccourcis en 2027 : ’absolument aucun sens’
Auteur : Franck Drui
23 septembre 2026 - 16:56

Lewis Hamilton ne cache pas son incompréhension face à certaines des orientations prises récemment par la Formule 1. Entre le Grand Prix de Madrid et le rendez-vous de Bakou, la discipline a notamment annoncé une réduction de la distance des courses à partir de 2027, ainsi que son calendrier de la saison prochaine, qui comprendra davantage de Sprints, notamment à Monaco. Sur le premier sujet, le pilote Ferrari se montre particulièrement critique et estime qu’il faudrait au contraire rendre les Grands Prix plus longs et plus exigeants.

À partir de 2027, la distance de référence des Grands Prix passera de 305 à 290 kilomètres, ce qui devrait se traduire par la suppression de deux ou trois tours selon les circuits. Cette modification est liée aux groupes propulseurs qui auront plus de puissance du côté thermique, un compromis trouvé pour ne pas avoir à faire de nouveaux châssis avec un réservoir plus grand.

Interrogé à Bakou, Hamilton reconnaît toutefois ne pas connaître précisément les arguments ayant conduit la Formule 1 à prendre cette décision. Cela ne l’empêche pas de se montrer clairement opposé au résultat.

"Je ne sais vraiment rien à ce sujet, ni quelles sont les raisons qu’ils ont avancées pour justifier de ne pas refaire des réservoirs. Les coûts ? C’est absurde. Aucun sens, absolument aucun. Je pense que les courses devraient être plus longues parce que, physiquement, elles sont plus faciles que jamais. Donc les raccourcir, je ne pense pas que cela ait beaucoup de sens."

Le septuple champion du monde prend notamment l’exemple du Grand Prix d’Azerbaïdjan et des pneumatiques disponibles ce week-end. Les composés C3, C4 et C5 peuvent selon lui couvrir des relais suffisamment longs pour limiter fortement la variété stratégique.

"Si vous pensez à ce week-end, nous avons les composés C3, C4 et C5 qui peuvent pratiquement tous couvrir la distance de la course."

"Nous avons donc beaucoup de courses où il n’y a qu’un seul arrêt. Ce n’est pas particulièrement difficile."

Le pilote Ferrari reconnaît que certaines épreuves restent exigeantes, mais estime que l’évolution des pneumatiques tend globalement à permettre des relais toujours plus longs.

"Là, c’est difficile, mais ils fabriquent des pneus qui semblent simplement durer de plus en plus longtemps."

"Alors réduire parallèlement la distance des Grands Prix va donc exactement à l’encontre de ce que je souhaiterais voir en Formule 1. Pour ma part, il y a eu beaucoup de courses où j’aurais aimé avoir davantage de tours."

"Donc, pour être honnête, je demanderais exactement l’inverse : des courses plus longues."

Au-delà de la question stratégique, Hamilton avance surtout un argument physique. Selon lui, la Formule 1 doit rester une discipline capable de pousser les pilotes à leurs limites, aussi bien mentalement que physiquement.

"C’est censé être le sport le plus exigeant physiquement et mentalement, mais il y en a certaines qui sont simplement tellement chaudes et, au bout du compte, vous êtes vraiment à la limite."

Certaines épreuves répondent encore pleinement à cette définition. Hamilton cite notamment Singapour, traditionnellement l’un des rendez-vous les plus éprouvants du calendrier en raison de la chaleur et de l’humidité.

"Singapour est incroyablement chaud et exigeant. La Malaisie va être complètement folle cette année. Mais c’est là que, selon moi, vous voulez voir les athlètes vraiment à la limite. Pas vrai ?"

"Vraiment à la limite de leurs performances, obligés de pousser réellement leur corps encore plus loin, parce que c’est justement ce dont parle ce sport : repousser les niveaux et repousser les limites."

"Donc raccourcir les courses n’a absolument aucun sens pour moi."

Son ancien équipier chez Mercedes F1, George Russell, adopte pour sa part une position nettement plus mesurée. Le pilote britannique plaisante d’abord sur les quelques minutes gagnées par les pilotes une fois le drapeau à damier franchi.

"J’imagine que cela permettra de prendre son bain un peu plus tôt le dimanche après-midi, mais bon, vous savez, trois tours en moins..."

Russell reconnaît que cette réduction pourrait être bienvenue sur certaines épreuves particulièrement longues et éprouvantes.

"Oui, sur certaines courses, vous en serez reconnaissant. Vous savez, Singapour, lorsque la course dure une heure et 50 minutes ou deux heures, cela semble effectivement trop long."

"Ensuite, certaines courses comme Monza, qui ne durent qu’une heure et 15 minutes, semblent un peu courtes."

"Je ne considère toutefois pas que le passage de 305 à 290 kilomètres bouleversera profondément la nature des Grands Prix. Cela ne change pas grand-chose."

Pour Lando Norris, cette décision est plutôt bonne également.

"Ce n’est pas tant une question de piloter plus fort avec des courses plus courtes. Je veux dire, on n’a tout simplement pas besoin de penser à la batterie aussi souvent qu’actuellement, ce qui est ce que nous voulons en tant que pilotes. C’est donc un bon compromis à faire pour améliorer notre sport et privilégier le pilotage pur plutôt que la capacité à préserver la batterie."

Norris a souligné que la gestion excessive et minutieuse de l’énergie est en contradiction directe avec ce que la F1 devrait représenter au plus haut niveau.

"Ce n’est pas l’essence même de ce sport. Il s’agit de savoir quels pilotes parviennent à tirer le meilleur parti de leur voiture, et ce n’est pas ce que nous voyons cette année. Donc oui, c’est le compromis que nous devons accepter."

Si les puristes du sport automobile pourraient rechigner à modifier la distance historique de 300 kilomètres des Grands Prix, une norme qui définit la discipline depuis des décennies, Norris considère cette mesure comme une solution efficace à court terme, en attendant que la technologie des moteurs évolue.

"Je pense qu’il s’agit d’un compromis à court terme. Avec le retour d’une plus grande quantité de carburant, de réservoirs plus volumineux en 2028, nous pourrons revenir aux courses plus longues, celles qui ont toujours caractérisé la Formule 1. Mais c’est un compromis nécessaire pour satisfaire toutes les écuries."


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