Hamilton démonte une idée reçue sur son retour au sommet

Les nouvelles règles lui faciliteraient-elles la tâche ?

Hamilton démonte une idée reçue sur son retour au sommet
Auteur : Franck Drui
1er août 2026 - 12:32

Lewis Hamilton estime que ses progrès en Formule 1 cette saison ne peuvent pas être expliqués par le simple changement de réglementation technique. Alors que certains observateurs attribuent son retour au premier plan à des monoplaces mieux adaptées à son style de pilotage que celles de l’ère des voitures à effet de sol, le septuple champion du monde rejette cette lecture. Selon le pilote Ferrari, son regain de compétitivité est avant tout le fruit d’une adaptation collective et d’une meilleure compréhension des nouvelles F1, plutôt que d’un avantage naturel lié à son pilotage.

Hamilton a vécu en 2025 la saison la plus difficile de sa carrière. Pour sa première année chez Ferrari, lors de la dernière campagne disputée sous les règles des monoplaces à effet de sol, le Britannique n’avait pas décroché le moindre podium en Grand Prix, une première dans sa carrière, même s’il s’était offert la victoire lors du Sprint de Chine.

Il avait alors inscrit 156 points sur l’ensemble de la saison. Au moment de la trêve estivale de 2026, son bilan est déjà supérieur avec 169 unités, cinq podiums lors des six dernières courses et, surtout, une première victoire en Grand Prix avec Ferrari, obtenue à Barcelone. Il s’agissait également de son premier succès dominical depuis 2024.

Depuis plusieurs mois, Hamilton explique que la Ferrari actuelle correspond davantage à son ADN de pilote que la SF-25, héritée du développement de Charles Leclerc et Carlos Sainz. Les différences de comportement entre les voitures de 2025 et celles de 2026 sont toutefois importantes.

Les monoplaces de l’an dernier favorisaient un style de pilotage consistant à freiner plus tôt avant de conserver davantage de vitesse au point de corde, une approche souvent qualifiée de pilotage en "U". À l’inverse, Hamilton a toujours privilégié un freinage très tardif, une mise en appui plus agressive et une trajectoire plus en "V", une technique qui lui avait notamment permis de dominer entre 2017 et 2021 avec Mercedes, période durant laquelle il a remporté quatre de ses sept titres mondiaux ainsi que 50 de ses 84 victoires avec l’écurie allemande.

Le Britannique refuse néanmoins d’y voir la principale explication de son retour aux avant-postes.

"Je ne pense pas que cette réglementation avantage particulièrement qui que ce soit."

"Je pense que nous avons tous dû nous adapter. Je n’ai pas le sentiment d’avoir dû effectuer davantage d’ajustements que lors des précédents changements de réglementation."

Hamilton reconnaît toutefois que les nouvelles voitures lui permettent de retrouver certaines sensations des générations précédentes.

"Au final, oui, je peux piloter la voiture différemment. Je peux la conduire un peu plus comme les anciennes générations de monoplaces."

"Mais mon style de pilotage n’a, lui, jamais réellement changé. Les courses que j’ai gagnées avec les anciennes voitures, je les pilotais exactement de la même façon qu’aujourd’hui."

Le pilote Ferrari estime d’ailleurs que l’idée selon laquelle certaines réglementations lui auraient été naturellement favorables est largement exagérée.

"On entend beaucoup dire que cette génération de voitures me convenait particulièrement, mais j’ai quand même remporté plus de courses que la plupart des autres durant les autres périodes."

Hamilton souligne également que les Formule 1 actuelles présentent des caractéristiques bien différentes de celles de l’ère précédente.

"Les voitures d’aujourd’hui sont simplement un peu plus faciles à conduire, plus tolérantes et plus légères."

L’absence du marsouinage, qui avait marqué les premières années des voitures à effet de sol, constitue notamment un changement majeur.

"Nous n’avons plus les rebonds. En revanche, la gestion de l’accélérateur et de la puissance demande énormément de travail, et tout cela se règle avec les ingénieurs."

"Avant, tout tournait autour de la motricité. Aujourd’hui, il faut gérer la motricité, mais aussi le moment où l’on déploie l’énergie. On modifie cela en permanence."

Enfin, Hamilton détaille à quel point le dosage de l’accélérateur est devenu un élément déterminant du pilotage moderne.

"Il faut comprendre qu’on peut réellement influencer le déploiement de l’énergie simplement en restant à mi-accélérateur, en remettant les gaz, puis en relâchant de 10 %."

"Cela modifie le déploiement de l’énergie sur l’ensemble du tour. Comprendre ce fonctionnement est aujourd’hui plus essentiel que jamais."


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