Ford promet d’être ’inarrêtable’ aux côtés de Red Bull Racing

Déjà quatre ans de travail par 700 personnes à Milton Keynes et Detroit

16 janvier 2026 - 06:20
Ford promet d’être ’inarrêtable’ aux côtés de Red Bull Racing

Ford a officiellement fait son retour en F1 cette nuit à Detroit, lors de la présentation menée avec Red Bull et Racing Bulls, les deux équipes qui utiliseront le moteur hybride conçu en partenariat avec Red Bull Powertrains par le constructeur américain.

Pour l’occasion, la soirée a été lancée par un membre de la famille Ford, qui a salué l’alliance avec Red Bull et a exprimé sa confiance en ce projet colossal qui n’en est qu’à ses balbutiements.

"J’ai vu que nous partagions les mêmes valeurs quand j’ai visité l’usine de Red Bull Powertrains et Ford à Milton Keynes. Ensemble, nous allons être inarrêtables" a déclaré Bill Ford Jr, l’arrière petit-fils de Henry Ford, le fondateur de la marque.

Laurent Mekies, le PDG et directeur de Red Bull Racing, a répondu à diverses questions, et notamment la décision de Red Bull de tout fabriquer soi-même et de devenir un constructeur et motoriste à part entière.

"C’est un moment historique pour nous tous. Pourquoi nous avons décidé de créer notre moteur ? Tout d’abord, on entre dans une nouvelle ère de la Formule 1, ce sera la première fois qu’on a des changements si importants, tant pour le châssis que pour le moteur" a déclaré Mekies.

"Mais ce n’était pas suffisant, on a aussi décidé que c’était le moment de créer notre propre moteur avec notre partenaire Ford, qui était là au début. C’est un défi fou, mais on est là pour ça et ce sera une année pleine de défis, mais c’est ce qui nous regroupe."

Un défi qui est colossal puisque l’équipe est partie de zéro, à commencer par la construction d’une usine dédiée à ce tout nouveau V6 hybride dont Ford a créé la partie électrique. Une construction qui a débuté il y a quatre ans, quand Honda avait initialement décidé de se retirer.

"On n’a pas acheté une structure ou un motoriste existant, on a acheté un terrain à Milton Keynes, on a construit une usine, on a mis un banc d’essai dedans, on a recruté 600 ou 700 personnes, on a cherché de bons partenaires comme Ford, et on a construit ça de zéro. C’est la taille de ce défi."

"On a eu des nuits sans sommeil, mais on travaille toute sa vie pour être associé à un défi d’une telle ampleur. C’est ce pour quoi tout le monde dans ce sport travaille, et on a le privilège d’être impliqué dedans. Oui, ça donne des maux de têtes et des nuits blanches, mais c’est ce qui nous motive."

Le premier moteur issu de l’usine Red Bull Powertrains de Milton Keynes rendra hommage au fondateur de la marque, Dietrich Mateschitz, qui avait pris cette décision en 2021 et est décédé en 2022 à la suite d’un cancer.

"Ce premier moteur est appelé le DM01 en l’honneur de monsieur Dietrich Mateschitz. C’est sa vision, son courage qui font l’esprit Red Bull. Il a pris cette décision incroyable à l’époque, il n’a pas eu peur du défi et aujourd’hui, on a l’opportunité de lui rendre hommage et, je l’espère, de le rendre fier."

Mekies rappelle que créer cela met Red Bull sur un pied d’égalité avec Ferrari, puisque la Scuderia est la seule équipe à faire son moteur sur le même site que le châssis, alors que Mercedes a deux usines distinctes pour cela.

"Après tout ce qu’on a dit pour décrire la taille de ce défi, je pense que pour cette première année, et avoir bientôt la première course, il ne faut pas être naïf. On sait qu’on aura des difficultés, des maux de tête et des nuits blanches, mais on a la confiance d’avoir assemblé un très bon groupe et on va surmonter ces difficultés, qui seront un bon rappel de ce qu’on aura traversé."

"Le fait d’avoir un concept d’une équipe unique est une première pour nous, nous aurons tout sous un même toit. Il n’y a qu’une autre équipe qui fait ça en Formule 1 et nous serons la suivante. Et avoir Pierre et Phillip sur scène qui représentent toutes les parties de l’entreprise, c’est le résumé de notre saison."

Jim Farley, le PDG de Ford, s’est félicité de ce projet et de la participation de la marque à l’ovale bleu : "Ce changement a permis à Ford de revenir en Formule 1. Et en tant que patron d’une grande entreprise, on aime être l’outsider, et l’Amérique aime une belle histoire d’outsider. Et c’est ce que nous sommes !"

"Lorsque nous avons rencontré Red Bull Racing pour la première fois il y a quatre ans, nous avons tout de suite senti que l’ambition de Red Bull correspondait à notre propre esprit. Quatre ans plus tard, ce soir marque une étape importante et nous permet de célébrer le travail accompli dans le cadre de cet incroyable projet."

"Qu’une entreprise de boissons énergisantes développe son propre moteur de Formule 1 est une histoire remarquable, et Ford est fier d’avoir participé à cette aventure avec eux. Nous sommes très fiers de lancer ce projet ici, à Detroit, où nous avons pu célébrer notre héritage en sport automobile dans un lieu qui a vu l’histoire de l’automobile américaine atteindre son niveau actuel."

Oliver Mintzlaff, PDG de Red Bull, a lui souligné que "c’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour nous."

"Concevoir notre propre moteur et le tester en compétition est une étape remarquable pour notre marque. Nous sommes optimistes et impatients de présenter notre voiture et notre groupe motopropulseur. D’importants changements réglementaires sont à prévoir en 2026. Le groupe motopropulseur y joue un rôle majeur, certes, mais de nombreux autres éléments entrent en jeu. Nous avons pris un risque similaire en entrant en Formule 1 en 2005, et cette approche reste la même."

Six générations de moteur en quatre ans

Ben Hodgkinson, directeur du programme Red Bull Powertrains, était présent via vidéo au lancement, car il était en train de travailler à l’usine sur les derniers ajustements du moteur.

"Il y a beaucoup à faire, et c’est pour ça que je ne peux pas être là, car on a l’opportunité de faire la différence. C’est ce qu’on va tenter, on va pousser pour être prêts. On est vendredi matin, ce qui veut dire que j’ai encore 49 jours avant les EL1 du Grand Prix d’Australie" note le Britannique.

"Arriver à ce moment où nous pouvons enfin lancer le tout premier moteur Red Bull Ford Powertrain représente énormément pour moi, ainsi que pour les centaines de personnes qui ont investi leur passion dans ce projet, travaillant sans relâche pendant d’innombrables heures. L’ampleur de cette mission est tout simplement stupéfiante. Dès le départ, chaque élément de ce projet a été conçu de A à Z : les installations, les équipes, la conception, la construction et enfin l’assemblage. Nous sommes partis du rêve de Dietrich, et les équipes de Milton Keynes l’ont concrétisé. C’est un sentiment incroyable de le voir lancé à Detroit avec Ford, mais c’est un moment extrêmement gratifiant pour nous tous."

"L’échelle de ce projet est spéciale et unique. La gravité de ce que partir de zéro signifie... c’est la combinaison de quatre ans de travail pour 700 personnes dans l’équipe. On a dû construire trois parties d’usines, amener tout le matériel, et c’est ce qui témoigne de l’ampleur du projet, dans lequel seul Red Bull se lancerait."

Alors qu’il a expliqué à quel point le premier lancement du moteur dans la RB22 était particulier, Hodgkinson a aussi révélé l’étendue du travail effectué depuis le début du programme : "Il y a eu tellement de travail, nous en sommes à la sixième génération, on essaie de le faire évoluer et de le rendre meilleur."

"Mais le week-end dernier, il y a eu un moment très important à titre personnel et pour l’équipe, puisqu’on a marié le châssis et le moteur Red Bull. Tout le roulage jusque-là avait été fait sur un banc d’essai, mais c’était très émouvant de voir le châssis RB22 et le moteur DM01 se lancer ensemble et être une vraie création de notre part."

Pierre Waché, le directeur technique châssis de Red Bull, a expliqué que le plus important est la possibilité de développer la voiture sans perdre de temps : "C’est un des plus grands changements de réglementation, les pneus changent, le poids est réduit, l’aérodynamique change."

"Et ce qu’on veut faire autour du moteur, c’est donner une liberté de design pour trouver la meilleure performance aéro, anticiper les limitations d’équilibre avec les pneus et l’aéro, et positionner le design pour avoir un maximum de capacité de développement."

"L’opportunité principale de ce règlement est la possibilité de développer la voiture. Car la voiture que vous verrez à Barcelone et à la première course sera totalement différente de celle qui terminera la saison à Abu Dhabi."

Phillip Prew, l’ingénieur en chef de Red Bull Powertrains, a lui aussi confirmé que le développement serait crucial : "Le travail ensemble a débuté dès le premier concept. On est partis d’une feuille blanche, et on devait aligner l’architecture du moteur avec la direction que l’on voulait prendre sur le châssis."

"Ca a commencé dès le concept, et on a travaillé avec nos collègues du châssis pour voir quels compromis faire. Ce travail continuera en emmenant le moteur sur les circuits, pour voir comment on travaille avec le châssis et avec les pilotes. Le travail va continuer et ce sera un long chemin qui nous permettra de développer la voiture tout au long de la saison."

Une arrivée importante pour la Formule 1

Stefano Domenicali était évidemment présent pour ce qui était une très importante soirée pour la Formule 1. Le PDG de la catégorie reine du sport automobile a exprimé son impatience face à la saison qui arrive, et a détaillé comment les fans allaient être impliqués.

"Comme toujours quand il y a un grand changement de règlement, le sport trouve un sang neuf, une nouvelle énergie, et cette année va être incroyable. Il y a énormément de choses qui sont nouvelles, et on va prendre beaucoup de plaisir" a déclaré l’Italien.

"C’est une nouvelle réglementation à tous les niveaux avec un nouveau châssis, un nouveau moteur, des nouveaux carburants, un nouveau règlement aérodynamique, et on verra tout ça rapidement en piste. Et je suis impatient d’être à Melbourne en mars !"

"Et ce qui est génial avec cette réglementation, c’est que la gestion de l’énergie sera entre les mains des pilotes. Ce sera une toute nouvelle manière d’interpréter le règlement, et ce sera à eux de le faire en piste."

"Il y aura de nouveaux termes qu’on a essayé de rendre simples, comme Boost, Overtake. Et il n’y aura plus de DRS, donc il y aura une possibilité d’attaquer et de déployer l’énergie en étant à moins d’une seconde. Et c’est notre devoir d’apprendre de nouvelles manières d’apprendre avec les pilotes et de rester impliqués."

Retrouvez les photos en HD de la présentation et des rendus 3D de la Red Bull Racing RB22 ici.


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