’Est-ce que j’en fais assez ?’ Hamilton explique comment il s’est remis en question pour 2026
Une foi intacte malgré les doutes
Lewis Hamilton apparaît animé d’un état d’esprit profondément différent à l’aube de la saison 2026 de Formule 1 qui démarre ce week-end. Après une première campagne difficile sous les couleurs de Ferrari en 2025, le septuple champion du monde admet avoir profité de l’hiver pour se poser des "questions inconfortables", nécessaires selon lui pour se réinventer et aborder ce nouveau chapitre avec sérénité.
Arrivé chez Ferrari en provenance de Mercedes, Hamilton nourrissait l’ambition de décrocher un huitième titre mondial historique. Mais la réalité s’est révélée bien plus brutale. En difficulté pour s’adapter à son nouvel environnement, le Britannique a vécu une saison sans éclat, dominé en interne par Charles Leclerc.
La SF-25 n’était de toute façon pas une monoplace capable de jouer les victoires ou le championnat. Pourtant, Leclerc est parvenu à hisser sa Ferrari à six reprises sur le podium, là où Hamilton n’en a signé aucun. Le seul moment de lumière du Britannique fut une victoire en course sprint en Chine, rapidement restée sans lendemain. Il a bouclé l’exercice 2025 à la sixième place du championnat, avec 156 points, soit 86 unités de retard sur son coéquipier.
Durant l’intersaison, Ferrari a confirmé que Hamilton changerait d’ingénieur de course en 2026, Riccardo Adami étant réaffecté à un autre rôle au sein de la Scuderia. Le nom de son successeur n’a pas encore été officialisé. Dans le même temps, l’introduction d’un règlement technique entièrement nouveau semble avoir redonné de l’élan au pilote britannique, apparu beaucoup plus détendu et souriant lors des essais hivernaux à Bahreïn.
Avant de s’envoler pour Melbourne, Hamilton a reconnu s’être tenu pour responsable de ses performances décevantes de 2025.
"Il s’agit d’analyser où vous en êtes, de fixer des objectifs et de définir une méthode pour les atteindre. Mon objectif l’an dernier était de remporter le championnat du monde avec Ferrari, mais je n’y suis pas parvenu."
"Cela ne veut pas dire que je ne peux pas y arriver. Il faut se regarder intérieurement, observer les personnes autour de soi – des collègues à la famille – rester motivé et se poser des questions inconfortables."
"Est-ce que j’en fais assez ? Puis-je être meilleur ? Puis-je être plus bienveillant ? Comment dois-je changer mes méthodes ?"
Hamilton affirme avoir trouvé les réponses à ces interrogations, tout en précisant que "le plus important reste d’apprendre à les chercher".
Interrogé sur l’évolution de son approche par rapport à sa première saison chez Ferrari, le Britannique reconnaît que le poids symbolique de son transfert a peut-être pesé sur ses épaules.
"Selon le calendrier chinois, c’est l’Année du Cheval de Feu. Cela représente la liberté, le besoin de se libérer de la pression et de se recentrer sur les valeurs fondamentales. Quand on laisse la responsabilité vous écraser, on risque de se perdre soi-même et de perdre le plaisir. Il faut retrouver la joie. Lors de la présentation de la nouvelle voiture, je me suis senti heureux comme un enfant."
Pour viser un titre avec Ferrari, Hamilton devra inévitablement se mesurer à la solidité de Leclerc. Mais le Britannique refuse toute lecture conflictuelle de leur duel.
"Je ne vois pas les choses comme ça. Ferrari, c’est une entité à part : en Italie comme ailleurs, les gens la suivent comme une religion et l’aiment comme le pape. Mon objectif n’est pas de diviser les fans. Nous voulons tous les deux gagner, et évidemment je veux être celui qui y parvient, et je travaille pour cela. Mais l’équipe passe avant tout. Charles est un pilote phénoménal, par son pilotage et son éthique. Il est ici depuis huit ans. Moi, j’aborde ce championnat différemment."
Hamilton souligne son implication accrue dans le projet 2026.
"Je travaille sur la voiture 2026 depuis quatorze mois, au simulateur et avec les ingénieurs. Comparée à la précédente, que j’ai trouvée déjà conçue et sur laquelle je pouvais très peu influer, celle-ci porte un peu de mon ADN, comme je l’ai dit lors des essais, et cela m’enthousiasme."
Ces dernières années, les interrogations sur l’avenir de Hamilton en Formule 1 se sont multipliées. Pourtant, après près de vingt ans sans interruption dans l’élite, le Britannique assure ressentir intactes les émotions de la compétition.
"Seules deux personnes au monde pilotent une Ferrari en F1, et j’en fais partie. Je me lance dans cette mission un peu folle en représentant des millions de personnes, en essayant de me libérer de ce qui n’a pas fonctionné. Ce qui marche pour d’autres pilotes ne fonctionne pas forcément pour moi, et inversement."
Si Ferrari a signé le meilleur temps des essais hivernaux de Bahreïn, Hamilton appelle à la prudence quant à la hiérarchie réelle.
"On n’a pas vu grand-chose pendant les essais, tout le monde a joué avec les charges de carburant.
J’appelle Toto Wolff chez Mercedes et Zak Brown chez McLaren pour essayer de comprendre ce qu’ils ont appris, mais je n’obtiens rien."
"En revanche, je suis certain d’une chose : après ce que nous avons vécu l’an dernier, nous pouvons gérer n’importe quelle situation. Cette équipe a tout ce qu’il faut pour gagner. Il faut simplement que nous fassions le travail ensemble, avec les fans. C’est plus facile à dire qu’à faire, mais je suis venu chez Ferrari parce que j’y croyais, et j’y crois toujours."
Vingt saisons et une flamme intacte
À l’aube de sa 20e saison en Formule 1, Hamilton a également partagé aujourd’hui un message fort sur les réseaux sociaux, revenant sur ce rêve jugé "ridicule" à ses débuts. Après 380 départs en Grand Prix, 105 victoires et sept titres mondiaux, le Britannique se dit toujours animé par la même faim.
"Vingt saisons en tant que pilote de F1. C’est difficile de saisir la réalité de ce chiffre. Tout a commencé par un rêve. Un rêve que certains jugeaient ridicule et voué à l’échec. Mais ce rêve n’a jamais changé, et je n’ai jamais cessé de le poursuivre."
"Un rêve doit être accompagné d’actions et, surtout, de croyance. Une croyance qui ne se brise pas, peu importe ce qui se dresse sur votre route. Il y aura toujours des gens pour douter de vous ou tenter de vous barrer la route, mais il ne faut jamais arrêter de se battre. Vingt ans faits de sommets incroyables et de chutes brutales, de plus d’erreurs que je ne peux en compter. Mais ces erreurs ont rendu le voyage encore plus beau."
"Vous détenez le pouvoir sur votre destin. Tout ce dont vous avez besoin pour réussir est déjà en vous. Je serai toujours reconnaissant pour les leçons apprises, les moments de calme, le chaos, et pour toutes les personnes qui m’ont aidée à poursuivre et à réaliser mes rêves. Je suis reconnaissant aussi envers ceux qui ont douté de moi et ceux qui ont essayé de me décourager."
"Je suis toujours là, vingt ans plus tard, toujours debout, toujours affamé, toujours concentré sur le rêve. Sans retenue."
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