Deux arrêts minimums : faut-il tester l’innovation de Monaco ailleurs ?

Ce qui importe, c’est plutôt la variété stratégique

20 mai 2025 - 14:17
Deux arrêts minimums : faut-il tester l’innovation de Monaco ailleurs ?

Le prochain Grand Prix de Monaco sera-t-il aussi ennuyeux que de coutume ? Tel n’est pas l’espoir ou le but de la FIA, qui a décidé d’imposer deux arrêts aux stands en cours d’épreuve. On ne sait jamais…

Cette règle changera-t-elle quelque chose à l’approche stratégique des équipes pour ce Grand Prix très particulier ?

Par exemple chez McLaren F1, Andrea Stella a-t-il mis en place des processus différents de l’an dernier, pour préparer ce Grand Prix de Monaco à deux arrêts aux stands ?

« En toute honnêteté, vous l’abordez de la même manière, avec les mêmes outils, avec le même type de processus de réflexion que pour aborder un événement. »

« Disons simplement que vous avez plus de contraintes, donc vous devez faire quelques adaptations dans la façon dont vous abordez cela. Mais en soi, je pense que c’est intéressant. »

« Après la course que nous avons eue l’année dernière, un petit changement est un aspect intéressant. Donc, j’accueille favorablement ce genre de changements. »

« En fait, je pense que ce sera plus délicat en conditions humides. Donc, pour des conditions sèches, je pense que c’est juste intéressant. Pour le mouillé, cela pourrait créer des situations un peu délicates. »

« Mais nous attendons cela avec impatience et, comme je le dis, j’accueille favorablement le changement. »

Tim Goss, le directeur technique en chef de Racing Bulls, valide lui aussi les changements introduits de force par la FIA. Mais cette innovation suffira-t-elle vraiment ?

« Ça va changer les choses, mais nous y travaillons simplement avec nos outils de stratégie habituels. Pour nous, c’est juste une contrainte de plus. »

« Espérons que son objectif principal soit atteint : c’est de rendre la course plus excitante. Ce que nous ne voulons pas, ce sont des arrêts uniques et des processions. »

« Et je salue l’effort qui y a été consacré. Il y a eu beaucoup, beaucoup de choses qui ont été suggérées. Nous en parlons depuis de très nombreuses années, et je pense vraiment que si cela s’avère être un succès, alors félicitations aux équipes, à la FIA et à la Formule 1 qui ont travaillé ensemble pour proposer le package et l’idée. »

Répéter l’expérience de Monaco sur d’autres tracés ?

Et si l’expérience des deux arrêts aux stands est concluante, pourquoi ne pas la répéter sur d’autres circuits où il est difficile de doubler ? Comme à Singapour ? Ou même Imola ?

« Pour l’instant, c’est un cas unique » tempère Frédéric Vasseur. « D’un autre côté, je n’ai pas eu le sentiment que la course de l’année dernière n’était pas excitante. Pour moi, c’était une bonne course. »

Frédéric Vasseur est peut-être partial puisque c’est bien Charles Leclerc qui l’avait emporté l’an dernier, avec Ferrari à Monaco !

« Voyons après Monaco, car la stratégie à Monaco est très difficile – elle est aussi dictée par la voiture de sécurité. Donc, ce sera deux fois plus difficile pour cela. »

« L’inconvénient pourrait aussi être que si vous avez une voiture de sécurité précoce dans la course… je pense que tout le monde se précipitera dans la voie des stands, et la voie des stands est très étroite – cela peut être un problème. »

« Mais faisons Monaco comme ça. Je pense que nous avons été assez intelligents pour faire l’expérimentation, et nous verrons après Monaco ce que nous pouvons faire et où nous pouvons améliorer la situation. »

Tim Goss apporte une nuance intéressante : ce qui importe ce n’est pas le nombre d’arrêts, mais les différences de stratégies, peu importe le nombre d’arrêt.

« Ce que nous voulons, ce sont des stratégies variées. »

« Dès que vous le forcez et que tout le monde fait un double arrêt, cela va enlever beaucoup d’excitation. »

« Certaines des meilleures courses que nous ayons eues sont celles où quelqu’un s’accroche à une stratégie à un seul arrêt, quelqu’un d’autre opte pour deux arrêts aux stands et le rattrape au cours des 15 derniers tours – à une seconde au tour ou plus. Puis la dégradation de ses pneus s’accentue, et vous arrivez aux 2-3 derniers tours avec deux voitures au coude à coude pour la victoire. »

« Donc, je pense que si vous forcez trop les choses sur les deux arrêts aux stands, ça ne marchera pas. »


Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !

Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.


Partage