Des podiums trompeurs ? Ferrari est encore face à ses limites

Di Montezemolo et Irvine ne s’emballent pas

Auteur : Franck Drui
8 avril 2026 - 09:06
Des podiums trompeurs ? Ferrari est encore face à ses limites

Malgré un début de saison 2026 plus solide, Ferrari peine encore à convaincre qu’elle peut viser le titre mondial. Un constat partagé par plusieurs observateurs de poids, à commencer par Luca di Montezemolo, qui appelle à élever nettement le niveau d’exigence.

Avec trois podiums consécutifs en ouverture de saison, Ferrari s’est installée comme principal poursuivant d’une équipe Mercedes F1 toujours largement en tête. Une progression notable par rapport à une saison 2025 décevante.

Mais pour Montezemolo, cela reste loin du compte.

"J’ai vu une bonne voiture lors des trois premières courses – fiable et constante – mais elle ne ressemble pas à une voiture capable de gagner le championnat. Elle a besoin de puissance, elle a besoin d’énergie. Il sera crucial de voir comment l’équipe peut la développer."

L’ancien président de Ferrari ne cache pas ses attentes élevées.

"Après tant d’années, ce n’est pas suffisant de gagner quelques courses ou de s’enthousiasmer pour un podium, il faut gagner le championnat. Et j’espère que le développement permettra d’avoir une voiture capable de vraiment se battre devant."

À Maranello, les espoirs reposent désormais sur les évolutions à venir, et notamment sur le système ADUO, censé réduire l’écart avec la W17 de Mercedes.

Montezemolo voit dans la prochaine séquence du calendrier un tournant.

"À Miami, un nouveau championnat va commencer pour tout le monde. Il y a un mois pour travailler, et j’espère que Ferrari aura la capacité et la force de bien développer la voiture."

Ancien pilote de la Scuderia, Eddie Irvine partage ce constat prudent. S’il reconnaît des progrès, il doute de la capacité de Ferrari à soutenir une lutte au championnat face à Mercedes cette année.

"C’est toujours très compliqué pour la Scuderia. Le problème, c’est la distance avec le cœur de la Formule 1, qui est au Royaume-Uni. Comparé à l’an dernier, je pense cependant qu’ils peuvent au moins décrocher une victoire. Il faut qu’ils apprennent pour faire bien mieux en 2027, ces F1 ont beaucoup d’évolutions possibles en ce début de règlement."

Autre élément clé du début de saison : la montée en puissance progressive de Lewis Hamilton, arrivé chez Ferrari après une longue période passée chez Mercedes. Si le septuple champion du monde a retrouvé des couleurs, notamment avec un premier podium en Chine, il reste encore irrégulier face à son équipier Charles Leclerc.

Irvine tempère d’ailleurs cet exploit : "Je ne prendrais pas cela pour acquis. En Chine, il est monté sur le podium avec Ferrari pour la première fois, mais c’est un circuit qui lui convient. En revanche, au Japon, il a été dominé par Charles Leclerc tout au long du week-end."

Malgré tout, la saison 2026 marque un regain de compétitivité pour Hamilton, avec notamment des duels en piste marquants face à Leclerc, comme à Shanghai.

Pour Ralf Schumacher, cette évolution pourrait s’expliquer par une plus grande liberté accordée au Britannique.

"Je pense, et cela va probablement encore susciter des critiques, mais cela m’est égal, que Hamilton a un contrat qui lui donne exactement cette liberté en piste."

"Cela me fait très plaisir de le voir clairement de retour dans le jeu cette année."

"J’imagine même que Fred Vasseur n’a pas vraiment son mot à dire, même s’il le voulait. Hamilton peut probablement décider lui-même de ce qu’il fait."

"Il aura sans doute une forme de statut de numéro un. Cela signifie que Ferrari n’a pas vraiment de moyen de contrôler cela ; il décide lui-même s’il veut se battre ou pas. Mais cela a naturellement un impact au sein d’une équipe."


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