Comment le succès de Räikkönen et Lotus F1 a failli mettre l’équipe en faillite
Un mauvais plan pour la structure de Gérard Lopez
Les performances de Kimi Räikkönen pour Lotus F1 ont failli mener l’équipe à la faillite. On sait que le Finlandais avait signé un contrat au point, et ses deux victoires pour l’équipe en 2012 et 2013 (voir photo en haut), ainsi que de nombreux podiums, se sont avérés peu rentables.
Après une pause de deux ans, le champion du monde 2007 a fait son retour dans la discipline en 2012, en signant un contrat de deux ans avec Lotus-Renault. Il a inscrit 390 points sur ces deux années.
"J’ai entendu parler pour la première fois des plans de retour de Räikkönen en F1 lors du Grand Prix d’Allemagne en 2011" raconte le journaliste finlandais Heikki Kulta dans le livre ’The Real Kimi Raikkonen : a Finnish perspective of the Iceman’.
"À l’époque, des négociations étaient en cours avec Williams, mais plus tard cet automne-là, il est apparu qu’il avait conclu un accord avec Lotus, et j’ai immédiatement rapporté la nouvelle du contrat. C’était stupéfiant de voir à quel point il a été capable de s’adapter rapidement après tout ce temps d’absence."
"Lors de la quatrième course de 2012, à Bahreïn, il a terminé deuxième avec la Lotus. Puis, sa victoire nette sous les projecteurs d’Abu Dhabi, le 4 novembre, restera gravée en moi pour toujours, surtout quand j’enfile le sweat à capuche ’Leave Me Alone’ que j’ai reçu plus tard comme cadeau de Noël."
"Räikkönen a marqué 390 points en deux ans avec Lotus. Le patron de l’équipe, Gérard Lopez, ne s’attendait certainement pas à un tel résultat, et l’accord qu’il avait conclu, payer 50 000 € par point, a failli conduire à la faillite, la prime de points garantissant à elle seule 19,5 millions d’euros à Räikkönen."
La personnalité directe de Räikkönen a fait de lui l’un des personnages les plus populaires de la Formule 1, bénéficiant d’un traitement de faveur que d’autres pilotes plus directs n’ont pas reçu. Il disait les choses comme il les voyait, comme le sait bien Heikki Kulta pour l’avoir interviewé d’innombrables fois pendant plus de deux décennies.
Il se souvient d’une interview particulière que McLaren lui avait demandé de réaliser avec Räikkönen pour leur publication Racing Line, l’ancien magazine officiel de l’équipe, et le pilote n’avait pas arrondi les angles au moment de parler de la monoplace de 2004 (photo en bas).
"Il n’est guère exagéré de dire que Räikkönen est le pilote le plus honnête ayant jamais participé à la Formule 1. Il ne fait pas de politique, répondant parfois aux questions d’une manière que l’on pourrait juger trop brusque, et si on lui demande quelque chose qu’il juge stupide, vous le savez très vite."
"Cette franchise s’est manifestée un jour où l’attaché de presse de McLaren m’a demandé de faire une interview avec lui après sa première journée d’essais avec la nouvelle MP4-19 en 2004. La voiture avait pris la piste dès novembre 2003, mais Räikkönen ne l’a pilotée qu’en janvier, à son retour de trois mois de congé hivernal après une opération au poignet."
"J’ai donc demandé ’quelle a été votre première impression de la nouvelle voiture ?’ ’C’est une merde intégrale’, a lâché Räikkönen en finlandais. Je ne pouvais évidemment pas transmettre ce message tel quel dans le magazine."
"J’ai donc écrit, en anglais, que la voiture n’avait pas été exactement ce que Kimi espérait... Néanmoins, c’était la vérité. La MP4-19 a abandonné lors de six des sept premières courses de la saison et il n’avait marqué que huit points lorsque la version améliorée, la MP4-19B, est arrivée."
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?