Bahreïn à Sepang : ces Grands Prix qui portaient le nom d’un autre pays

Quand la F1 dispute un Grand Prix sous une autre appellation

Bahreïn à Sepang : ces Grands Prix qui portaient le nom d’un autre pays
Auteur : Franck Drui
9 août 2026 - 13:16

Le calendrier 2026 de la Formule 1 réserve une situation pour le moins inhabituelle. Malgré les changements apportés au programme de la saison, le Grand Prix de Bahreïn sera bien disputé, mais il ne se déroulera pas sur le circuit international de Sakhir. La course a été déplacée à Sepang, en Malaisie, tout en conservant son appellation officielle. Une curiosité qui n’est pourtant pas totalement inédite dans l’histoire de la discipline.

La Formule 1 a récemment confirmé le maintien du Grand Prix de Bahreïn au calendrier 2026, malgré les bouleversements ayant affecté le programme initial. L’épreuve a été reportée au début du mois d’octobre et intégrera un enchaînement particulièrement dense avec les Grands Prix d’Azerbaïdjan et de Singapour.

Mais c’est surtout son lieu qui attire l’attention : au lieu de se rendre au circuit international de Bahreïn, les concurrents prendront la direction du circuit de Sepang, en Malaisie. Malgré ce changement de pays, l’épreuve conservera officiellement le nom de Grand Prix de Bahreïn.

Si la situation peut sembler étrange, elle n’est donc pas sans précédent. La Formule 1 a déjà organisé plusieurs Grands Prix portant le nom d’un pays ou d’un territoire alors que la course se déroulait ailleurs.

Le Grand Prix de Saint-Marin, l’exemple le plus célèbre

Le cas le plus connu reste probablement celui du Grand Prix de Saint-Marin. Entre 1981 et 2006, cette épreuve était organisée à Imola, en Italie, et n’a jamais été disputée sur le territoire de la petite république située au cœur de la péninsule italienne.

La raison était relativement simple : l’Italie disposait déjà de son propre Grand Prix, organisé à Monza. Pour permettre à Imola d’accueillir une deuxième épreuve sur le sol italien, la Formule 1 lui attribua donc le nom de l’État voisin, Saint-Marin.

Le Grand Prix de Saint-Marin a ainsi fait partie du calendrier pendant plus de deux décennies, avant de disparaître en 2006.

Imola a ensuite retrouvé la Formule 1 après la pandémie de COVID-19, en 2020. Le circuit est de nouveau devenu la deuxième étape italienne aux côtés de Monza, mais sous une autre appellation. Jusqu’à la saison dernière, l’épreuve était en effet officiellement désignée comme le Grand Prix d’Émilie-Romagne, et non comme un retour du Grand Prix de Saint-Marin.

Le Luxembourg au Nürburgring

L’histoire s’est également répétée avec le Grand Prix du Luxembourg. En 1997 et 1998, la Formule 1 s’est rendue sur le Nürburgring, en Allemagne, pour deux courses pourtant inscrites au calendrier sous le nom du petit pays européen.

Là encore, le contexte explique cette appellation. L’Allemagne accueillait déjà son Grand Prix à Hockenheim. Pour permettre au Nürburgring de recevoir une deuxième épreuve du Championnat du monde, la Formule 1 lui attribua donc le nom du Luxembourg.

Le premier Grand Prix du Luxembourg fut remporté en 1997 par Jacques Villeneuve. Un an plus tard, Mika Häkkinen s’imposa à son tour sur le Nürburgring.

L’épreuve ne dura cependant que deux éditions, mais elle constitue l’un des précédents les plus proches de la situation actuellement créée autour du Grand Prix de Bahreïn.

Quand le Grand Prix de Suisse se disputait en France

Le cas du Grand Prix de Suisse 1982 est encore plus surprenant. L’épreuve figurait officiellement au calendrier comme la manche suisse du Championnat du monde, mais elle fut disputée en France, sur le circuit de Dijon-Prenois.

Cette situation trouve son origine dans une décision prise après le drame des 24 Heures du Mans 1955. À la suite de cette catastrophe, la Suisse avait interdit les courses automobiles sur circuit.

Cette interdiction empêchait donc la Formule 1 de revenir sur le territoire suisse pendant plusieurs décennies. Lorsque les organisateurs ont souhaité ressusciter le Grand Prix de Suisse en 1982, il leur a fallu trouver une solution en dehors des frontières nationales.

Le circuit de Dijon-Prenois, situé dans l’est de la France et relativement proche de la frontière suisse, fut choisi pour accueillir l’épreuve. Le Grand Prix put ainsi conserver son appellation suisse alors que chaque tour était effectué sur le sol français.

La course fut finalement remportée par Keke Rosberg, qui décrocha cette année-là le titre mondial.

Bakou et le retour du Grand Prix d’Europe

Un autre exemple, moins directement comparable, est apparu en 2016 lorsque la Formule 1 s’est installée pour la première fois dans les rues de Bakou.

L’épreuve se déroulait bien en Azerbaïdjan, mais elle ne portait pas encore le nom de Grand Prix d’Azerbaïdjan. Pour cette première apparition au calendrier, les organisateurs avaient choisi l’appellation Grand Prix d’Europe.

Ce choix répondait notamment à la volonté de l’Azerbaïdjan de renforcer son association avec l’Europe alors que le pays cherchait à développer son image internationale et accueillait plusieurs grands événements sportifs.

La Formule 1 a donc ressuscité l’appellation Grand Prix d’Europe pour cette première course à Bakou.

L’expérience n’a toutefois duré qu’une seule saison. Dès 2017, l’épreuve a été rebaptisée Grand Prix d’Azerbaïdjan, une appellation qu’elle conserve encore aujourd’hui.

Bahreïn à Sepang, un cas inédit mais pas totalement surprenant

Le Grand Prix de Bahreïn 2026 s’inscrit donc dans une histoire déjà riche en appellations atypiques. La différence essentielle réside toutefois dans le fait que les exemples de Saint-Marin et du Luxembourg répondaient à la volonté d’organiser deux Grands Prix dans un même pays, tandis que celui de la Suisse était lié à une interdiction légale.

Dans le cas de Bahreïn, c’est le calendrier 2026 et les circonstances entourant son organisation qui conduisent à ce déplacement exceptionnel. La course se déroulera à Sepang, circuit emblématique de la Formule 1 qui n’accueille plus de Grand Prix depuis 2017, mais conservera malgré tout son identité bahreïnie.

L’épreuve est programmée au début du mois d’octobre et s’insérera dans un triple enchaînement avec les Grands Prix d’Azerbaïdjan et de Singapour.

Le paddock connaîtra cette fois une situation inédite en termes d’éloignement : une course officiellement présentée comme le Grand Prix de Bahreïn, mais disputée à plusieurs milliers de kilomètres de Sakhir, sur un autre continent.


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