Rwanda, Maroc, Afrique du Sud, Thaïlande : la F1 multiplie les pistes pour son avenir
La prochaine révolution du calendrier pourrait venir d’Afrique
Alors que la Formule 1 continue de remodeler son calendrier pour les prochaines saisons, Stefano Domenicali confirme que plusieurs discussions avancent en parallèle sur différents continents. Si le retour de la Turquie et du Portugal est déjà acté pour remplacer Zandvoort et Barcelone à temps plein, le championnat travaille déjà sur de nouvelles destinations, avec un objectif clair : poursuivre son expansion mondiale tout en consolidant ses marchés existants.
Le calendrier de la Formule 1 connaît une nouvelle phase d’évolution. Après plusieurs années marquées par l’arrivée de nouveaux Grands Prix, notamment au Moyen-Orient et aux États-Unis, la discipline prépare désormais les prochaines étapes de son développement.
Le départ annoncé de Zandvoort après l’édition 2026 et la rotation de Barcelone avec Spa-Francorchamps ouvrent la porte à de nouveaux candidats, même si les futurs événements ne pourront intégrer le calendrier qu’à partir de 2028 au plus tôt.
La Turquie et le Portugal feront ainsi leur retour en 2027, tandis que plusieurs autres projets avancent en coulisses, notamment en Afrique, en Amérique du Sud et en Asie.
L’Afrique reste une priorité pour Domenicali
Depuis plusieurs années, la Formule 1 affiche son ambition de retrouver un ancrage durable sur le continent africain, après la disparition du Grand Prix d’Afrique du Sud de Kyalami du calendrier en 1993.
Plusieurs projets sont actuellement étudiés, avec notamment le Rwanda, le Maroc et l’Afrique du Sud comme principaux candidats.
Stefano Domenicali, le PDG de la Formule 1, assure que les discussions progressent dans cette direction.
"Ce que je peux dire, c’est que les négociations progressent très bien en Afrique," a expliqué l’Italien.
Le projet rwandais est particulièrement avancé. Kigali souhaite construire un circuit permanent homologué FIA Grade 1 près de l’aéroport international de Bugesera, à une trentaine de kilomètres environ de la capitale.
Le tracé, imaginé par l’ancien pilote de Formule 1 Alexander Wurz, doit exploiter le relief vallonné du pays avec un circuit rapide et spectaculaire mêlant forêts et paysages naturels.
Mais le projet fait face à un obstacle diplomatique majeur. La République démocratique du Congo s’oppose aux discussions entre la Formule 1 et le Rwanda en raison du conflit impliquant le mouvement rebelle M23 dans l’est du Congo.
Kinshasa a demandé à Stefano Domenicali d’interrompre les négociations, accusant Kigali de soutenir ce groupe, ce que le gouvernement rwandais dément. La situation transforme donc cette candidature en un dossier dépassant largement le cadre sportif, entre ambitions économiques, diplomatie régionale et enjeux géopolitiques.
La Formule 1 affirme suivre attentivement la situation et rappelle que toute décision finale prendra en compte "les intérêts du sport et ses valeurs".
Le Maroc avance un projet XXL inspiré d’Abu Dhabi
Le Rwanda n’est toutefois pas le seul candidat sérieux pour accueillir le retour de la Formule 1 en Afrique.
Le Maroc travaille également sur un projet majeur près de Tanger, avec l’ambition de construire un complexe touristique et sportif estimé à environ 1,2 milliard de dollars.
Le projet comprendrait un circuit homologué FIA Grade 1 capable d’accueillir la Formule 1, le MotoGP et le Championnat du monde d’Endurance, mais également des hôtels, un parc à thème, des commerces et une marina.
Cette candidature est portée par Éric Boullier, ancien directeur d’écurie chez McLaren et Renault F1, qui souhaite créer un complexe comparable à celui d’Abu Dhabi.
"Mini-Abu Dhabi", c’est ainsi que le projet est présenté, avec l’idée de créer une destination touristique permanente et pas seulement un lieu utilisé quelques jours par an.
Selon les informations disponibles, environ 800 millions de dollars d’investissements privés auraient déjà été réunis, même si le feu vert définitif reste encore nécessaire.
La proximité avec Tanger Med, l’un des principaux ports méditerranéens, constitue également un argument logistique important pour les équipes de Formule 1.
L’Afrique du Sud garde une carte historique avec Kyalami
Troisième prétendant africain, l’Afrique du Sud conserve une légitimité particulière grâce à son histoire avec la Formule 1.
Le circuit de Kyalami, qui a accueilli son dernier Grand Prix en 1993, reste une option crédible à condition de bénéficier de nouveaux investissements pour répondre aux standards modernes.
Le pays dispose d’un avantage important : une base de fans historique et un circuit déjà présent mais à moderniser.
À ce stade, aucune candidature africaine n’a toutefois été officiellement retenue, laissant ouvertes les possibilités entre un nouveau projet rwandais, un complexe touristique marocain et le retour d’un site historique sud-africain.
La Formule 1 explore aussi l’Amérique du Sud et l’Asie
Au-delà de l’Afrique, Stefano Domenicali a confirmé que d’autres discussions étaient en cours sur plusieurs continents.
"Nous avons également des discussions en Amérique du Sud. Nous avons des discussions en Extrême-Orient," a déclaré l’Italien.
L’Argentine fait notamment partie des pays intéressés, portée par la popularité grandissante de Franco Colapinto depuis son arrivée dans la catégorie reine. La Thaïlande est également citée parmi les candidats potentiels.
En Asie, Domenicali a toutefois précisé que la priorité restait de consolider les marchés existants.
"Nous avons des demandes de deuxième course en Chine et au Japon, mais pour le moment nous voulons rester avec une seule course en Chine, car nous devons consolider davantage ce marché avant de penser à d’autres options," a-t-il expliqué.
Hockenheim pourrait faire son retour en Europe
La Formule 1 ne regarde pas uniquement vers de nouveaux territoires. L’Europe, marché historique du championnat, pourrait également accueillir de nouveaux projets. L’Allemagne est ainsi redevenue une possibilité avec un éventuel retour du circuit d’Hockenheim.
Le dernier Grand Prix d’Allemagne disputé sur place remonte à 2019, avant que des difficultés financières et un manque de soutien public ne mettent fin à sa présence au calendrier.
Mais la situation aurait évolué avec un nouveau modèle économique et de nouveaux investisseurs.
"Pour la première fois, comme je l’ai dit il y a quelques jours, nous sommes reconnectés avec les gens d’Hockenheim pour voir si, à l’avenir, sur le long terme et pas à court terme, ils peuvent avoir une course de nouveau," a indiqué Domenicali.
Le patron de la Formule 1 estime également que le contexte médiatique allemand est redevenu favorable.
"Avec l’accord que nous avons avec RTL, vous savez, les chiffres deviennent différents. Et dans le nouvel appel d’offres sur le marché allemand, nous aurons pour la première fois plus d’un opérateur intéressé pour la diffusion de la F1. C’est un autre signe qu’en Europe, notre marché très important, l’attention devient encore plus grande."
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