Formule 1

2022 : une année d’espoirs ou de désillusions pour les équipes de F1 ?

Toutes les équipes de F1 priorisent 2022, il y aura donc forcément des déçus…

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Par Alexandre C.

11 mars 2021 - 18:08
2022 : une année d’espoirs ou de (...)

Alors que les essais F1 à Bahreïn vont démarrer demain, et que la saison 2021 va donc officiellement commencer sur la piste, 2022 est déjà dans toutes les têtes.

En effet depuis le 1er janvier dernier, les équipes sont autorisées officiellement à travailler en soufflerie et en CFD sur la monoplace de l’an prochain. Bien sûr, le travail est titanesque car il s’agit de développer une voiture pour un tout nouveau règlement, qui révolutionnera de fond en comble les monoplaces avec notamment le retour de l’effet de sol.

C’est donc cette année que se joue le moyen terme en F1 et il n’est donc pas surprenant que toutes les écuries priorisent le développement 2022 sur le développement 2021. Leur objectif est similaire : parier sur cette révolution technique pour faire un bond dans la hiérarchie. En prenant de l’avance sur tous les autres dans le développement des F1 2022, chaque équipe pense cela possible.

Tout le monde priorise 2022 !

Mais voici le hic, dans toutes leurs déclarations, les équipes laissent chacune entendre qu’elles priorisent le développement 2022. Il y aura donc ainsi moins d’avantage comparatif à tirer.

C’est le cas chez Ferrari, où Mattia Binotto va même rater des Grands Prix pour se concentrer sur la F1 2022 à Maranello. Comme il le confiait en décembre dernier : « Evidemment, je pense que le développement pour 2022 sera plus important que celui de 2021, car en 2022 nous ouvrons une nouvelle ère technique et si vous avez déjà un écart à combler au début de 2022, ce sera plus difficile. Donc, très certainement, 2022 sera la priorité absolue en 2021 et si nous devons travailler sur la voiture 2021, ce sera uniquement parce que la situation est plus mauvaise que prévu ou parce que certaines choses sont nécessaires en 2021 pour apprendre et essayer de faire quelque chose de mieux pour 2022. »

Une écurie qui a depuis longtemps coché la case de ce nouveau règlement dans son calendrier, c’est aussi Renault-Alpine. Déjà en octobre dernier, Cyril Abiteboul rappelait que 2022 était dans toutes les têtes : « Pour ce qui est de ce sujet, la FIA a rendu notre situation plus facile, il n’y a pas d’interrogation sur le plan de notre perspective stratégique.On est pour l’instant à fond sur la voiture de 2021 car nous n’avons pas la possibilité de développer l’aérodynamique de la monoplace 2022. Je peux vous dire que le 1er janvier 2021, la saison 2021 sera déjà derrière nous (en termes de développement). Nous serons concentrés à 100% sur la voiture 2022, malgré des bons résultats, malgré le fait que Fernando pousse, notre agenda ne devrait pas changer et ne changera pas. Il consistera à donner la priorité à la voiture 2022. »

Fernando Alonso a en effet déjà mis la pression à Enstone : il veut que l’équipe oublie 2021 pour viser 2022 !

Et la pression est d’autant plus forte que Luca de Meo a aussi priorisé 2022 : « A partir de 2022 au plus tard, nous devons être vus le plus souvent possible à la télévision et dans les journaux avec des podiums réguliers et une ou deux victoires. »

Chez les plus petites structures, il y a encore moins le choix. Vu la quantité de ressources disponibles, il ne faut pas attendre et prioriser 2022.

Chez Haas par exemple, la voiture 2021 n’évoluera pas du tout en cours d’année pour se concentrer sur 2022. Günther Steiner rappelait sa stratégie en octobre dernier : « Il est certain que nous serons concentrés à fond sur les nouveaux règlements de 2022 dès que nous le pourrons, parce que 2021 passera très vite avec la vieille voiture et nous ne voulons pas investir du temps et de l’argent dans ce programme ou le moins possible - nous devons faire quelque chose mais nous voulons investir le moins possible dans ce programme, plutôt pour être prêts pour l’avenir qui est 2022. »

Simon Roberts chez Williams adoptait lui une approche moins radicale : sans ignorer 2021, il garde cependant ses yeux braqués vers 2022… « C’est un équilibre et ce que nous ne pouvons pas nous permettre de faire, c’est d’ignorer 2022 parce que ce serait un désastre et nous avons un plan. Mais ce n’est pas gravé dans le marbre. Le plan est basé à partir de tout ce que nous devons réaliser pour obtenir une voiture compétitive pour 2022 et ensuite, nous examinons en fonction la capacité disponible dont nous disposons. »

Enfin lors de la présentation de la C41, Jan Monchaux, directeur technique chez Alfa Romeo, a présenté une approche similaire à celle de Williams : « En termes de développement pour la saison, nous prévoyons de faire des mises à jour tout au long de l’année, mais certainement moins que pour une campagne régulière, en raison de la fin du règlement actuel. Nous nous concentrons sur 2022, qui va être une révolution complète : nous aurons une voiture complètement différente et cela représente une grande opportunité de faire un bond en avant, plus proche de la tête de grille. Ce n’est un secret pour personne que nous allons privilégier le développement de la voiture de 2022 au cours de cette année. Moins nous mettrons de ressources sur la voiture de 2021, plus nous pourrons en mettre sur la voiture de 2022, surtout avec le plafond budgétaire en place. »

En somme que retenir de ce tour d’horizon ? Chacun vise en priorité 2022, et en y concentrant toutes ses ressources, espère alors gagner plus en performance que les autres équipes. Mais puisque chaque écurie adopte cette stratégie, il y aura forcément des déçus ! Parallèlement, si une équipe néglige 2022, elle risquerait d’en subir plus fortement le contrecoup. Aux usines maintenant de tourner…

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