Williams dévoile les pièges des F1 de 2026 sur le circuit de Bakou

De nombreux facteurs à maitriser pour performer !

Williams dévoile les pièges des F1 de 2026 sur le circuit de Bakou
Auteur : Franck Drui
22 septembre 2026 - 17:47

Le Grand Prix d’Azerbaïdjan constitue un rendez-vous particulièrement exigeant pour les équipes de Formule 1, et les monoplaces issues de la réglementation technique introduite cette saison ajoutent plusieurs inconnues au défi. À l’approche de la manche de Bakou, Paul Williams, ingénieur en chef piste de Williams F1, détaille les caractéristiques du circuit, les effets de l’évolution de son revêtement, la gestion de l’énergie, le comportement des pneumatiques Pirelli et les principales options stratégiques attendues en course.

Le circuit urbain de Bakou est l’un des plus longs de la saison et présente une succession de caractéristiques très différentes selon les portions du tracé. Pour Paul Williams, cette variété constitue l’un des principaux défis techniques du week-end.

"C’est l’un des tours les plus longs de la saison, disputé dans les rues de la ville, avec une largeur de piste qui varie de sections très larges à des portions extrêmement étroites autour de la vieille ville. La combinaison de virages est tout aussi inhabituelle : les virages 8, 9 et 10 sont serrés et fortement en montée, puis une importante descente intervient après le virage 15, tandis que les virages 17 à 20 ont par le passé été négociés à fond, transformant de fait la ligne droite de départ et d’arrivée en une portion de 25 secondes à pleine charge."

Le revêtement constitue un autre élément important dans la préparation du week-end. Une grande partie du circuit avait déjà été resurfacée en 2023, avec pour conséquence une surface relativement lisse, dont les caractéristiques se rapprochent davantage de celles d’un circuit permanent que d’un tracé urbain traditionnel.

"Le revêtement a été largement refait il y a trois ans et il est lisse, davantage comparable à celui d’un circuit permanent qu’à celui d’un circuit urbain classique. Un nouveau resurfaçage des virages 2, 3 et 4 cette année signifie que comprendre le niveau d’adhérence dans cette section constituera un point d’attention majeur vendredi."

Les équipes devront également composer avec des variations importantes de température de piste au fil de la journée.

"La température de la piste varie considérablement au cours de l’après-midi, car les bâtiments environnants plongent le circuit dans l’ombre, ce qui signifie que l’équilibre de la voiture peut changer de manière notable au cours d’une seule séance."

À cela s’ajoutent les difficultés habituelles liées à un circuit urbain, notamment la circulation et les interruptions provoquées par les drapeaux jaunes ou rouge.

"Le trafic et les interruptions liées aux drapeaux constituent un risque permanent, tout comme le compromis difficile entre trouver un tour dégagé et profiter de l’aspiration dans la longue ligne droite."

La gestion de l’énergie au cœur du défi en 2026

La réglementation technique modifie également l’approche du Grand Prix d’Azerbaïdjan, notamment en raison des caractéristiques énergétiques du tracé.

"Bakou est un circuit où la sensibilité à l’énergie est moyenne à élevée, principalement en raison de l’immense portion entre le virage 16 et le virage 1, où les équipes s’attendent à utiliser l’intégralité de la fenêtre disponible de la batterie, aussi bien en qualifications qu’en course. Sortir du virage 16 avec une charge à 100 % sera essentiel."

"La plupart des virages sont traditionnellement à basse vitesse, tandis que tout ce qui est à haute vitesse est facilement négocié à fond. Cependant, la combinaison rapide des virages 18 et 19 pourrait représenter un nouveau défi si les niveaux d’appui plus faibles des voitures 2026 entraînent un lever de pied."

La gestion du groupe propulseur et de la batterie imposera également une réflexion particulière avant un tour lancé.

"Le délai du MGU-K avant l’ouverture d’un tour lancé sera le plus long de la saison sur cette ligne droite, donc les équipes pourraient explorer des options intéressantes lors du tour de sortie. Quelle que soit l’approche choisie, il faudra s’attendre à voir des voitures évoluer à des vitesses très différentes dans la ligne droite selon qu’elles sont sur un tour lent ou rapide."

Le circuit disposera par ailleurs de deux zones de mode ligne droite en 2026. Elles seront toutes deux actives également s’il pleut !

"Deux zones SLM sont définies pour 2026, la très longue ligne droite de départ arrivée ainsi que celle qui suit le virage 2. Et elles seront toutes deux actives sur piste humide, même si le point d’activation de la zone 1 a été réduit."

Des pneus difficiles à mettre en température

Les pneumatiques constitueront un autre défi majeur à Bakou selon Paul Williams.

"Pirelli a apporté les composés les plus tendres de sa gamme, qui sont bien adaptés à la très faible densité énergétique du circuit, mais avec une allocation un cran plus dure que celle des C4, C5 et C6 utilisée en 2025."

"Le circuit génère une énergie longitudinale élevée lors des freinages et des phases de traction, mais une faible énergie latérale, ce qui rend difficile la montée en température des pneus."

"La surface est lisse et offre peu d’adhérence, et elle devrait être poussiéreuse lors des EL1 et des EL2. Combiné au fait que le circuit passe dans l’ombre, cela signifie que les variations de température de la piste autour du tour sont plus importantes que d’habitude."

"En qualifications, parvenir à mettre les deux essieux en température est très difficile, ce qui pourrait pousser le pneumatique tendre à devenir un pneu utilisable sur plusieurs tours."

La situation devrait toutefois être différente en course.

"En course, malgré le faible niveau d’adhérence, les glissades peuvent être bien maîtrisées dans les conditions de course, ce qui réduit l’usure des pneus, tandis que les longues lignes droites permettent de bons refroidissements thermiques qui profitent aux composés les plus tendres."

Ces caractéristiques devraient également influencer la stratégie du Grand Prix. Selon Williams, le scénario privilégié est celui d’une course à un seul arrêt.

"Une course à un seul arrêt semble clairement se dessiner, avec tous les composés qui devraient être performants."

"La faible dégradation sur l’ensemble de la gamme pourrait favoriser une course avec le pneumatique tendre, alors surveillez les équipes de pointe qui pourraient conserver un train en réserve pour les qualifications."


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