Pourquoi Mercedes F1 se méfie particulièrement du circuit de Bakou

"Le tracé exposera très rapidement la moindre faiblesse"

Pourquoi Mercedes F1 se méfie particulièrement du circuit de Bakou
Auteur : Franck Drui
22 septembre 2026 - 15:35

Après deux week-ends de course particulièrement encourageants à Monza et Madrid, Mercedes F1 aborde le Grand Prix d’Azerbaïdjan avec une certaine prudence. Toto Wolff refuse en effet de tirer des conclusions trop rapides sur la hiérarchie actuelle, alors que plusieurs équipes semblent capables de se mêler à la lutte aux avant-postes selon les caractéristiques de chaque circuit. Bakou ouvrira par ailleurs une séquence particulièrement exigeante avec le premier des trois enchaînements de trois Grands Prix prévus d’ici la fin de la saison.

Le Grand Prix d’Azerbaïdjan 2026 marquera une étape symbolique puisque l’épreuve fête cette année son 10e anniversaire. La Formule 1 s’était rendue pour la première fois à Bakou en 2016, lorsque la course portait encore le nom de Grand Prix d’Europe. Depuis 2017, elle est disputée sous l’appellation de Grand Prix d’Azerbaïdjan.

Le circuit urbain de Bakou est également devenu l’un des tracés les plus particuliers du calendrier. Avec sa longueur, il constitue cette année le quatrième circuit le plus long de la saison. Sa caractéristique la plus spectaculaire reste sa ligne droite de départ et d’arrivée de 2,2 kilomètres, qui joue un rôle déterminant dans les batailles en piste.

Cette immense portion à pleine charge peut notamment rendre la tâche particulièrement délicate au leader lors d’une relance. Le pilote qui le suit bénéficie d’une aspiration importante, ce qui peut le placer en position favorable pour tenter une attaque à l’approche du premier virage.

Le nom même de Bakou fait référence à cette caractéristique météorologique. La capitale azérie tire son nom du terme persan raccourci Bad-kuye, qui signifie "ville du vent" ainsi que de Bad-kube, qui peut être traduit par "frappée par le vent". Ces deux appellations font référence aux vents réputés particulièrement forts et réguliers qui traversent la ville.

Bakou possède également quelques particularités historiques dans le calendrier récent de la Formule 1. Le circuit a accueilli son unique week-end avec une course sprint à ce jour en 2023. En 2024, le Grand Prix a par ailleurs changé de période pour la première fois et a été déplacé au mois de septembre, après avoir traditionnellement été disputé durant la première partie de la saison, en avril ou en mai.

Mercedes F1 entretient une relation particulièrement défavorable avec le circuit de Bakou. L’équipe y compte trois victoires avec trois pilotes différents : Nico Rosberg en 2016, Lewis Hamilton en 2018 et Valtteri Bottas en 2019. Et rien depuis côté F1 !

George Russell possède lui aussi un souvenir victorieux sur ce tracé puisqu’il avait remporté la course sprint de Formule 2 à Bakou en 2018. Le troisième pilote Mercedes, Fred Vesti, s’est également imposé en Azerbaïdjan. Le Danois y avait décroché sa première victoire en Formule 2 lors de la course sprint de 2022. Kimi Antonelli, de son côté, a également connu les joies du podium à Bakou dans les catégories de promotion. Il avait terminé troisième de la course principale de Formule 2 en 2024.

En 2026, Mercedes F1 a les capacités de renouer avec le succès. Antonelli a remporté les deux derniers Grands Prix mais Toto Wolff ne souhaite pas considérer son équipe comme favorite à l’approche du week-end.

"Les deux derniers week-ends de course ont donné de bons résultats, mais ils ne changent pas notre évaluation de notre situation. Plusieurs équipes sont capables de se battre aux avant-postes lors de n’importe quel week-end et, à Madrid, nous avons bien travaillé, mais nous avons également bénéficié de circonstances qui ont joué en notre faveur pendant la course (la VSC a favorisé Antonelli et fait perdre Norris, ndlr). Nous sommes réalistes à ce sujet."

Le directeur de Mercedes F1 sait également que l’enchaînement des dernières manches va mettre l’ensemble de l’écurie à rude épreuve. Bakou ne constitue en effet que le début d’une série particulièrement intense.

"Nous abordons maintenant le premier des trois enchaînements de trois courses qui vont conclure la saison. Ce sera une période exigeante pour toute l’équipe, aussi bien dans les usines que sur les circuits. Il y a très peu de temps pour se remettre entre les courses, donc la préparation, la fiabilité et l’exécution opérationnelle deviennent encore plus importantes. Ce sont les moments où notre position au championnat peut être renforcée ou perdue."

Mercedes devra désormais adapter sa monoplace à un tracé qui sollicite des qualités très différentes.

"Nous commençons à Bakou. C’est l’un des circuits les plus inhabituels du calendrier. Il demande beaucoup à la voiture et aux pilotes. Vous avez besoin d’une bonne vitesse de pointe, de confiance dans les zones de freinage et d’une voiture capable de gérer les virages à basse vitesse à travers la vieille ville."

"Les résultats récents sont encourageants, mais ils ne garantissent rien. Bakou exposera très rapidement la moindre faiblesse. Nous devons aborder le week-end avec humilité, bien faire les choses fondamentales et mériter chaque point."

Vesti : "Vous devez utiliser chaque centimètre du circuit"

Fred Vesti apporte lui aussi son regard sur les spécificités du circuit urbain de Bakou. Le troisième pilote Mercedes insiste notamment sur le rôle de la gestion de l’énergie dans les longues portions rapides, mais également sur les opportunités de dépassement offertes par le tracé.

"Bakou représente un défi unique. Avec ses longues lignes droites, la gestion de l’énergie est toujours un facteur essentiel, mais le circuit offre également certaines des meilleures possibilités de dépassement du calendrier. Pour être rapide ici, vous devez utiliser chaque centimètre du circuit et accepter de vous approcher des murs."

Cette proximité avec les barrières est particulièrement importante dans le deuxième secteur, où les virages sont extrêmement serrés. Pour Vesti, accepter de prendre ces risques peut offrir un avantage significatif sur un tour lancé.

"Du point de vue du pilote, prendre ces risques peut être particulièrement gratifiant, notamment dans le secteur 2, où les virages sont extrêmement serrés et où les murs sont toujours à quelques centimètres. Si vous pouvez conserver de la vitesse dans cette partie, cela peut faire une différence significative sur un tour de qualification."

"L’inconvénient, c’est que même la plus petite erreur entraîne généralement des dégâts et peut facilement mettre fin à une séance."

Malgré ce risque, Vesti apprécie particulièrement le rendez-vous azéri, qui reste selon lui l’un des temps forts du calendrier.

"C’est un circuit fantastique et l’un des temps forts de la saison. Malgré le fait qu’il s’agisse d’un circuit urbain, il produit de belles courses et beaucoup de dépassements, ce qui rend toujours la course passionnante et donne lieu à des affrontements mémorables."


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