Vasseur : Je suis là pour faire réussir Ferrari, pas Leclerc

Il a déjà commencé les réunions sur 2026

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Par Alexandre C.

27 janvier 2023 - 18:21
Vasseur : Je suis là pour faire (...)

Après une période de silence et d’observation, Frédéric Vasseur a continué à se confier à la presse, notamment italienne.

C’est ainsi que dans les colonnes du Corriere della Sera, le nouveau patron de la Gestione Sportiva chez Ferrari s’est livré à la fois sur son ressenti personnel, et sur ses ambitions professionnelles pour cette saison 2023, dressant un large état des lieux.

Comment d’abord a-t-il appris la nouvelle de sa nomination ?

« J’étais tranquillement à la maison à boire un café. Mais il y avait eu des rumeurs et j’avais eu le temps de m’habituer à l’idée... »

« Oui, c’est clairement mon plus grand défi. Il y a un grand enthousiasme, les attentes sont élevées, mais nous devons réussir à rester cool. »

Pour le moment, Frédéric Vasseur a surtout arpenté les couloirs de Maranello, pour découvrir sa nouvelle équipe et son personnel... Mais en arrivant de Sauber, qu’est-ce qui l’a le plus impressionné ?

« La carte des vins (rires). En fait, j’étais déjà venu à Maranello parce que j’étais dans une équipe cliente (Sauber-Alfa Romeo), j’avais visité l’usine et je connaissais déjà certaines personnes. Pas de surprise, j’ai plutôt remarqué que tout le monde commence à travailler tôt et finit tard parce qu’ils veulent revenir au top et gagner. L’objectif est clair. »

« J’ai parlé en face à face avec trente à trente-cinq personnes, j’ai écouté des points de vue différents. L’ambiance est très positive. »

Sait-il pourquoi John Elkann a jeté son dévolu sur lui ?

« Demandez à John. Je peux dire que mon travail consiste à mettre chacun dans les meilleures conditions pour faire son travail. Sans vouloir être arrogant : j’ai réussi plusieurs fois dans ce que je fais, et en trente-deux ans, j’ai affiné cette compréhension. »

Quel sera le rôle précis de Frédéric Vasseur au sein de la Scuderia ? La hiérarchie du temps de Todt, qui ne rendait des comptes qu’à un seul grand patron autour de lui, n’était-elle pas plus simple (alors que Frédéric Vasseur a au moins deux supérieurs, Benedetto Vigna et John Elkann...) ?

« Je rendrai compte à M. Vigna. Je ne sais pas comment les choses fonctionnaient il y a 30 ans, c’est comme ça maintenant. Le soutien de John est total »

« La coopération entre les responsables de secteur est excellente et devrait être reproduite à tous les niveaux de la pyramide. La motivation est très élevée chez tout le monde et cela me rend optimiste. Quand il le faut, on déplace des montagnes ici. »

« La Scuderia est un département de Ferrari, et non une entreprise autonome : d’autres schémas prêteraient à confusion. Mon rôle, en revanche, est clair : je suis là pour que l’équipe travaille au mieux pour gagner le championnat. »

Une Ferrari une seconde plus rapide ?

La saison 2023 doit être l’année de la concrétisation pour Ferrari. Pour y parvenir, Frédéric Vasseur a ouvert plusieurs chantiers.

Mais quelle a été sa première décision ?

« Prendre des cours d’italien (rires). Une heure chaque matin, à partir de sept heures. Je compte l’apprendre d’ici la fin de la saison. »

L’objectif affiché de Frédéric Vasseur pour 2023 est clair, la victoire.

« Lorsque vous avez la confiance de John et Benedetto, des personnes de valeur comme celles de Ferrari, les ressources et deux pilotes comme Charles et Carlos, vous ne pouvez viser autre chose que la victoire. »

« La Formule 1 est comme ça, vous devez rester concentré sur la prochaine course et aussi regarder la prochaine génération de voitures. Vous devez travailler sur des plans parallèles. »

« Je viens d’avoir une réunion sur 2026 [prochaine réglementation d’unité de puissance], mais pour être compétitif, il faut l’être dès cette année. Tout le monde doit aller dans la même direction et c’est ce qui se passe. »

La presse italienne murmure que la Ferrari 2023 serait plus rapide d’une seconde que la F1-75... mais est-ce vrai selon Frédéric Vasseur ?

« J’ai regardé les données, j’ai vu le simulateur, tout semble bon mais nous devons attendre de le voir sur la piste. Les améliorations sont là, mais tout est relatif à ce que feront les autres. L’objectif est de gagner, il n’y a pas d’autres options. »

Ferrari a-t-elle aussi besoin d’un autre directeur technique pour épauler Simone Resta ?

« Enrico (Cardile, directeur du département châssis) a bien géré la situation dans l’ensemble de l’organisation et nous allons continuer comme ça. »

Vasseur estime-t-il autant Carlos Sainz que Charles Leclerc ?

Au niveau des pilotes, Frédéric Vasseur peut-il promettre qu’il n’y aura pas de numéro 1 ? Que son amitié avec Charles Leclerc ne tendra pas à favoriser le Monégasque sur Carlos Sainz ?

« Le numéro un est Ferrari. L’objectif est de faire gagner l’équipe et ma politique en la matière sera très claire : il faut pousser comme un fou avec les deux, puis au cours de la saison, nous comprendrons mieux la situation. »

« Je le répète, je suis là pour mettre l’équipe dans la meilleure position possible et pas lui [Charles Leclerc]. Je me souviens de lui quand j’avais douze ans, j’ai découvert son talent en le voyant courir en karting, mais cela n’a rien à voir avec ma signature chez Ferrari. »

Et que pense-t-il de Carlos Sainz ?

« Comme je l’ai dit, j’aurais aimé le signer chez Renault, puis chez Sauber : je pense que c’est la meilleure preuve que j’ai foi en lui. »

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