’Un désastre complet’ : Verstappen révèle le problème moteur qui a ruiné sa Q3

Le pilote Red Bull se voyait jouer la pole ou la 2e place

’Un désastre complet’ : Verstappen révèle le problème moteur qui a ruiné sa Q3
Auteur : Franck Drui
25 septembre 2026 - 20:47

Max Verstappen espérait beaucoup mieux lors des qualifications du Grand Prix d’Azerbaïdjan après avoir signé le meilleur temps des EL3 et constaté les progrès apportés par les évolutions de sa Red Bull RB22. Mais le Néerlandais n’a finalement pu obtenir que la huitième place, victime dès la Q1 d’un problème sur son moteur à combustion interne qui n’a cessé de s’aggraver. Perte de puissance, ratés, recharge perturbée de la batterie et températures de pneus compromises : le quadruple champion du monde estime avoir perdu au moins une demi-seconde par rapport à son équipier avant que la situation ne devienne "un désastre" en Q3.

Les premiers signes observés pendant les qualifications pouvaient laisser penser à un problème de déploiement de l’énergie électrique. Verstappen a cependant précisé après la séance que la cause initiale était différente. Le problème concernait directement le moteur à combustion interne de son groupe propulseur Red Bull Powertrains-Ford.

Et les premières anomalies étaient apparues dès la Q1. Selon Verstappen, les données montraient déjà un déficit suffisamment important pour lui faire perdre au moins une demi-seconde par rapport à son équipier Isack Hadjar.

La situation s’est ensuite progressivement détériorée au fil des qualifications.

"Pendant toutes les qualifications, dès la Q1, j’ai eu un problème avec le moteur, ce qui signifie que je perdais au moins une demi-seconde par rapport à mon équipier. Et cela n’a fait qu’empirer. En Q2 et en Q3, c’était un désastre complet, donc je pense qu’il est clair que nous avons un problème avec le moteur."

Verstappen a également tenu à préciser que le problème ne provenait pas initialement de la partie électrique du groupe propulseur. Lorsqu’une anomalie apparaît, de nombreux paramètres peuvent être en cause, particulièrement avec la sensibilité des groupes propulseurs actuels aux températures de fonctionnement.

Red Bull a donc d’abord envisagé plusieurs hypothèses. Mais au fil de la séance, les données ont confirmé que le moteur à combustion interne était bien à l’origine des difficultés.

"Non, ce n’était pas du côté électrique. En Q1, nous avons immédiatement constaté un problème. Évidemment, à ce moment-là, vous vous demandez encore : ’Qu’est-ce que cela peut être ? Le moteur est-il trop froid ou au contraire trop chaud ?’ Tout cela est possible parce que tout est très sensible aujourd’hui."

"Mais plus tard, il est devenu clair que nous avions réellement un problème avec le moteur à combustion interne. Cela n’a fait qu’empirer et, en Q3, ce moteur ne fonctionnait vraiment plus correctement du tout."

Verstappen a progressivement perdu de la vitesse de pointe et, lors de son deuxième tour en Q3, la batterie ne se rechargeait plus correctement.

"La vitesse de pointe devenait simplement de plus en plus faible. Lors de ce deuxième tour en Q3, ma batterie ne se rechargeait pas non plus, mais c’était évidemment parce que le moteur à combustion interne avait un problème. Cela provoque beaucoup de ratés et beaucoup d’autres problèmes, et cela perturbe complètement le système."

L’un des symptômes les plus spectaculaires a été visible sur les images embarquées. Entre les virages 15 et 16, dans une portion normalement parcourue sans lever le pied, la tête de Verstappen est soudainement partie vers l’avant, signe d’une perte brutale d’accélération.

"Oui, parce que ma batterie s’est coupée à cet endroit. Comme vous êtes tellement lent dans les lignes droites, vous utilisez évidemment davantage la batterie en sortie de virage pour essayer de compenser. Par conséquent, vous arrivez en superclipping à certains endroits, et cette coupure est assez agressive."

"Tout le système était simplement perturbé. Vous passez davantage de temps dans une ligne droite parce que vous avancez lentement et, par conséquent, vous utilisez davantage la batterie. C’est la même chose que ce qui arrive avec Honda : on les voit également subir beaucoup plus de clipping que tous les autres parce qu’ils doivent rester plus longtemps à pleine charge dans les lignes droites."

Les conséquences ne se sont pas limitées à la puissance disponible. Verstappen a dû interrompre son deuxième tour rapide en Q3, ce qui a directement affecté la température de ses pneumatiques.

"J’ai dû abandonner ce tour, mais vous perdez alors énormément de température dans les pneus, ce qui est vraiment très important ici. On pouvait voir que tout le monde continuait à attaquer en permanence et à zigzaguer."

Presque tous les pilotes présents en Q3 ont ainsi privilégié un long relais continu. McLaren a constitué l’une des rares exceptions en choisissant de repasser par la voie des stands, mais Verstappen estime que cette stratégie n’a pas davantage porté ses fruits.

"On peut voir que cela n’a pas vraiment été une réussite pour eux non plus, donc nous avons simplement continué à rouler. Mais si vous devez abandonner un tour, alors vous n’avez pas la bonne température de pneus pour le tout dernier tour. Et le moteur est pratiquement en train de rendre l’âme, puis il y a également eu un drapeau jaune dans mon dernier tour. Donc j’ai dû laisser au moins deux dixièmes dans ce virage."

Le drapeau jaune évoqué par Verstappen a été provoqué par l’incident impliquant Lando Norris. Ainsi, à un moteur déjà fortement dégradé se sont ajoutées une mauvaise préparation des pneumatiques et l’impossibilité d’exploiter totalement son ultime tentative.

Un changement de moteur possible sans pénalité

Red Bull poursuit désormais ses investigations afin de déterminer précisément l’origine du problème. Compte tenu de la description donnée par Verstappen, la possibilité de conserver le même moteur à combustion interne pour la course paraît incertaine.

"Eh bien, s’il subsiste encore des interrogations, nous devons remplacer le moteur. Mais nous avons encore un autre moteur disponible dans notre réserve."

"Si nous devons les prendre alors il faudra forcément prendre une pénalité à un moment donné plus tard."

"Mais ils doivent d’abord comprendre de quoi il s’agit. Sinon, si je dois rouler avec ça demain aussi, ce ne sera pas très amusant, mais on verra bien."

Sur le papier, Bakou pourrait sembler être un circuit intéressant pour accepter une telle sanction en raison de ses longues lignes droites et des possibilités de dépassement. Verstappen relativise cependant cette idée en raison de la gestion de l’énergie.

"Le problème, c’est que tout le monde vide complètement la batterie dans la longue ligne droite. Donc vous ne pouvez pas vraiment utiliser la batterie pour dépasser quelqu’un, parce que passer de 100 à zéro est la même chose pour tout le monde."

Le quadruple champion du monde devrait ainsi conserver sa huitième place sur la grille pour la course de samedi. Cette position reste particulièrement frustrante après les performances affichées plus tôt dans le week-end.

Verstappen avait signé le meilleur temps des EL3 et se montrait satisfait du comportement des évolutions introduites sur sa RB22. Sans son problème moteur, il estime qu’une place sur la première ligne était à sa portée.

"C’est évidemment vraiment dommage parce que tout s’était bien passé cette semaine. Peut-être que je n’aurais pas pu égaler le temps de George, mais il y a un écart tellement important entre la 1ère et la 2e place (de Leclerc) que nous aurions clairement été quelque part entre les deux."

"Tout le week-end, nous faisons du bon travail, je suis satisfait de la voiture, et puis tout s’effondre en qualifications à cause de problèmes indépendants de ma volonté. Mais c’est un peu une constante cette saison. C’est parfois un peu trop fragile."

Verstappen a également insisté sur le fait que son manque de puissance n’était pas lié au mystérieux problème de "dégradation de la voiture" qu’il avait évoqué pour la première fois lors du Grand Prix de Hongrie, en juillet.

"Non, non. Nous ne rencontrons pas de problème de dégradation aéro pour le moment. La voiture touchait un peu plus la piste qu’en essais libres 3. Le vent n’était pas trop gênant, pour être honnête. Ce circuit est assez abrité. Il comporte beaucoup de virages. On le ressent peut-être dans le virage 16. C’est un peu plus délicat, mais rien d’excessif."

Interrogé sur ses chances de remonter dans le classement demain, il a répondu : "Je vais essayer."

"Il y a peut-être quelques voitures devant moi que je peux dépasser, et ensuite, on verra."


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