Trop dangereux pour Verstappen : pourquoi le rallye reste ’sa ligne rouge’

Entre admiration et distance, il regarde le rallye… sans vouloir s’y risquer

Auteur : Franck Drui
1er mars 2026 - 13:03
Trop dangereux pour Verstappen : pourquoi le rallye reste ’sa ligne rouge’

Alors que la Formule 1 poursuit sa mue technologique, de plus en plus hybridée et axée sur l’efficacité énergétique, Max Verstappen n’a jamais caché son attachement à une vision plus brute du sport automobile. Une sensibilité qui trouve sans doute ses racines dans son environnement familial. Son père, Jos Verstappen, s’est en effet reconverti avec succès dans le rallye, une discipline où l’engagement physique, le pilotage à vue et la prise de risque restent centraux.

Si le quadruple champion du monde de Formule 1 n’a jamais exprimé le moindre désir de suivre ce chemin, il observe avec fascination l’implication de son père, tout en marquant une ligne rouge très claire. Dans un contexte où Verstappen se montre de plus en plus critique face à une F1 qu’il juge parfois trop aseptisée ou trop axée sur la gestion (pneus, systèmes hybrides), le contraste avec le rallye, sport auto extrême par excellence, ne fait que renforcer sa réflexion sur les limites qu’il est prêt ou non à franchir.

Invité du podcast Up To Speed, le pilote Red Bull n’a pas caché son admiration pour les performances de son père, aujourd’hui âgé de 53 ans.

"Oui, c’est assez fou, pour être honnête. Ce que je trouve vraiment impressionnant, c’est qu’il a maintenant 53 ans, presque 54, et qu’il court contre des gars qui ont quoi... la fin de la vingtaine, le début de la trentaine," explique Verstappen.

"Dans certains championnats, il les bat. Et bien sûr, en rallye, beaucoup de choses passent par les notes, mais au final, quand vous faites un certain rallye plusieurs fois, vous pilotez aussi beaucoup à la mémoire musculaire. Donc si vous le faites pendant plusieurs années, vous devenez naturellement meilleur."

Le Néerlandais insiste sur le niveau réel affiché par Jos Verstappen, y compris lors de sessions plus informelles.

"Il est très bon, honnêtement. Il adore ça. Il est très difficile à battre. Quand on va, par exemple, louer un petit espace sur un aéroport, qu’ils installent un tracé et qu’on roule ensemble, honnêtement, je dois attaquer à fond pour le battre sur un tour. Et ça, j’aime bien le faire."

Une confrontation que Max apprécie, même s’il reconnaît que le rallye en conditions réelles reste une autre dimension.

"Sur une vraie spéciale, quand il me montre toutes les vidéos qu’il fait, peu importe la voiture de rallye qu’il pilote, je trouve ça vraiment impressionnant. Je trouve ça vraiment cool, mais je pense juste au fait que si je fais une erreur et que je tape cet arbre... l’arbre, lui, ne bouge pas. Et ça, pour moi, c’est la limite. C’est quelque chose que je ne veux pas faire. Le risque est tout simplement trop élevé."

Le champion du monde reconnaît que cette position peut sembler paradoxale, lui qui évolue au sommet de la discipline reine du sport automobile.

"Je sais que ça peut paraître un peu idiot, mais en Formule 1, au moins, ou la plupart du temps, quand vous avez un accident, il y a un mur, une barrière conçue pour absorber l’impact. C’est différent dans ma tête. Le rallye, c’est un risque que je ne suis pas prêt à prendre, même si c’est vraiment impressionnant à voir."


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