Norris pointe le manque de contrôle des pilotes sur le déploiement de l’énergie
"Vous êtes trop à la merci de ce qui arrive derrière"
Le débat autour des unités de puissance 2026 va continuer à s’intensifier dans les prochains jours en Formule 1, avec en ligne de mire la réunion prévue entre la F1, les équipes et la FIA à Londres le 9 avril, pour voter d’éventuels ajustements pour 2026 et changements plus importants pour 2027.
Dans ce contexte toutes les voix vont compter. Celle de Max Verstappen s’est déjà bien faite entendre et il y a un nouveau témoignage marquant venu du champion du monde en titre, Lando Norris. Le pilote McLaren déplore après le GP du Japon un manque de contrôle des pilotes sur le déploiement de l’énergie, avec des conséquences directes sur la sécurité et la qualité des duels en piste.
Interrogé après Suzuka, Norris a pointé un problème fondamental lié aux nouvelles unités de puissance : les pilotes ne maîtrisent pas réellement le déploiement de l’énergie.
"Les pilotes devraient être en contrôle de cela, au minimum, et ce n’est pas totalement le cas."
Une situation qui les place, selon lui, "à la merci de ce qui arrive derrière", notamment face à des voitures bénéficiant d’un surplus soudain de puissance.
Le champion du monde en titre a aussi réagi avec un sarcasme manifeste après avoir entendu les propos de Verstappen.
"La meilleure course que j’aie jamais vue," a-t-il déclaré.
Quand on lui a fait remarquer qu’il devrait adopter une attitude plus sérieuse compte tenu de son statut, Norris a rétorqué : "C’est inutile de dire ça. Ce qu’on dit n’a aucune importance. Si les fans y prennent du plaisir, c’est tout ce qui compte."
Invité à préciser que les sentiments des pilotes comptaient aussi, il a répondu sans ambages : "Visiblement pas."
Ces déclarations interviennent dans le contexte du premier incident majeur lié à ces nouvelles règles. Oliver Bearman a été victime d’un violent accident dans le virage de Spoon, après avoir dû éviter l’Alpine de Franco Colapinto, qui roulait environ 45 km/h moins vite.
La FIA n’a pris aucune sanction, tandis que Haas a attribué l’incident à cet écart de vitesse, lié à une phase de récupération d’énergie du côté de la monoplace de Colapinto.
Un scénario redouté de longue date par les pilotes, désormais au cœur des discussions entre la FIA et les différentes parties prenantes en vue d’éventuels ajustements dès le Grand Prix de Miami.
Norris n’avait pas encore vu l’accident au moment de s’exprimer, mais il a évoqué des situations similaires vécues en course, notamment lors de sa lutte avec Lewis Hamilton.
"Je n’avais même pas envie de dépasser Lewis. C’est juste que la batterie se déploie quand je ne veux pas qu’elle se déploie, et je ne peux pas la contrôler."
Le Britannique décrit des dépassements "involontaires", suivis d’une perte immédiate d’énergie.
"Je le dépasse, puis je n’ai plus de batterie, donc il me redouble immédiatement. Ce n’est pas de la course. Cet effet yo-yo… même si lui dit que non."
Au-delà des duels, Norris pointe également une perte de performance pure, notamment dans des sections rapides comme le célèbre 130R de Suzuka.
"Je ne veux pas lever le pied ici et perdre 60 km/h entre le 130R et le dernier virage. La plupart des autres catégories auront une vitesse de pointe plus élevée que nous."
Selon lui, malgré quelques progrès récents, notamment en qualifications, la situation reste perfectible.
"Ils ont apporté des améliorations, certaines pistes conviennent mieux que d’autres, mais il y a encore des progrès à faire. Nous, on veut juste rouler à fond."
Le pilote McLaren a également détaillé les limites du système actuel, notamment en mode dépassement.
"Normalement, on est en mode dépassement. Le problème, c’est que ça déploie dans le 130R. Je dois lever le pied, sinon je vais lui rentrer dedans."
"Et je n’ai pas le droit de remettre les gaz : quand je le fais, la batterie se redéploie alors que je ne le veux pas, car elle aurait dû se couper."
"Mais comme vous levez le pied puis réaccélérez, ça repart. Et je ne peux rien y faire."
Un fonctionnement jugé trop automatisé et frustrant.
"Il n’y a tout simplement pas assez de contrôle pour le pilote, et c’est pour ça que vous êtes trop à la merci de ce qui arrive derrière. Ce n’est pas comme ça que ça devrait fonctionner."
Si le spectacle peut sembler attractif à la télévision, Norris met en garde contre un décalage croissant avec la réalité vécue dans le cockpit.
"Oui, ça peut être spectaculaire à la télévision, mais à l’intérieur de la voiture, ce n’est clairement pas aussi authentique que ça devrait l’être."
Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?
McLaren F1
- Règles F1 2026 : les premières annonces de changements attendus lundi
- Lambiase chez McLaren : Stella explique un renfort stratégique pour accompagner la croissance
- Norris seul représentant de la F1 dans le Time 100 de 2026
- Stella répond aux rumeurs l’envoyant chez Ferrari
- Piastri : Lorsque nous prenons le départ, nous sommes plutôt bons !