Norris : Du mal à me dire que je suis champion du monde de F1 !
Lando assume ses larmes à l’arrivée
Au terme d’une saison aussi chaotique que grandiose, Lando Norris a enfin réalisé ce qu’il appelle son "petit rêve" : devenir champion du monde de Formule 1. Submergé par l’émotion, jusqu’à verser des larmes dans le tunnel lors du dernier tour, le Britannique avoue avoir "presque du mal à le dire".
Entre doutes, critiques, hauts et bas, Norris souligne une vérité simple : la régularité l’a porté jusqu’au sommet. Soutenu par ses proches et une équipe qu’il dit "championne du monde avec lui", il savoure un titre conquis face aux meilleurs, dont Max Verstappen et Oscar Piastri qui "lui ont rendu la vie difficile toute l’année".
Avant de rejoindre la conférence de presse officielle, il s’est ainsi confié devant les caméras de télévision après le podium du Grand Prix d’Abu Dhabi.
"C’est génial, complètement dingue !" dit-il après une bonne trentaine de minutes après l’arrivée.
"J’ai presque du mal à le dire que je suis champion du monde."
"Cette saison a été faite de hauts et de bas. A-t-elle été parfaite ? Absolument pas. Qui l’a été ? Personne."
"J’ai connu des difficultés et des moments de chance, des choses qui m’ont aidé. Mais remporter un championnat, c’est avant tout une question de régularité, et j’en ai fait preuve cette saison."
"J’ai simplement fait ce que j’avais à faire : me concentrer sur moi-même, malgré les critiques. J’ai trouvé un grand réconfort auprès de mon équipe : mes parents, mes amis, ma famille, mon entraîneur, les gens avec qui j’ai grandi."
"Nous avons surmonté beaucoup d’obstacles ensemble, et je pense que leur contribution est tout aussi importante que ma propre déclaration pour dire ’nous sommes champions du monde’."
Ces larmes à l’arrivée, il les assume.
"Je suis heureux d’avoir pleuré. Peu de choses me font pleurer, mais aujourd’hui en fait partie. Je ne savais pas si j’allais pleurer, mais en passant sous le tunnel lors du dernier tour, j’ai pensé à ma mère, et cette pensée m’a fait pleurer, rien qu’en pensant à elle et à quel point elle serait heureuse, et à mon père."
"Je n’ai jamais été aussi heureux. Je ne sais pas quoi dire, il se passe beaucoup de choses pendant une saison. La troisième place est ce dont j’avais besoin aujourd’hui, j’aurais pu faire mieux mais j’en étais content."
"Ce n’était pas une course facile, il se passe beaucoup de choses dans votre esprit car vous êtes face aux meilleurs pilotes du monde. Mais ça a été une bonne journée et j’ai réalisé mon ’petit’ rêve ! Mon petit rêve que j’ai depuis très longtemps, que j’ai partagé avec mes parents et ma famille."
"Ils m’ont soutenu depuis que je suis enfant, et c’est toujours difficile à imaginer. C’est difficile d’imaginer à quel point ce sera loin, quelle année ça arrivera, qu’est-ce qu’il faudra faire, mais maintenant je le sais ! C’est un sentiment incroyable, je suis tellement heureux."
Comment a-t-il vécu cette finale de l’intérieur ? Norris se confie en longueur...
"J’ai pris du plaisir au volant de la voiture ces derniers jours, j’étais un peu nerveux avant la qualification hier et un peu nerveux avant la course, mais je ne suis pas sûr que j’étais plus nerveux que d’habitude. Il y a juste un peu plus de choses à votre esprit. Vous pensez à ce qui peut arriver à votre voiture, vous avez plus de choses à l’esprit."
"J’ai été confiant, j’ai trouvé un bon rythme avec la voiture à partir de la moitié de saison et j’ai eu confiance, j’ai eu confiance en moi et ma capacité à gagner des courses, puis à être champion du monde. On a eu parfois un peu de chance, mais on a eu notre part de moments difficiles, surtout en début de saison."
"J’ai eu des difficultés avec cela, et j’ai un peu arrêté d’y croire à un moment, j’ai arrêté de croire en moi-même, donc je suis content de me donner tort par moments ! Ca a commencé à Monaco en qualifications, puis quelques fois après ça."
"Et en deuxième partie de saison, j’ai pu me montrer ce que je pouvais faire, ce dont j’étais capable. Mais les autres gars étaient très rapides, ils m’ont rendu la vie difficile cette année. Oscar tout au long de la saison, dès le début j’ai compris qu’il allait être le plus difficile à battre."
"Et ensuite on ne peut jamais écarter Max. Max est Max ! Je ne l’ai jamais écarté, mais pour les gens qui auraient pu le faire, il vous a donné tort ! Je suis heureux qu’on ait réussi à garder les pieds sur terre, qu’on ait été prêts pour ça. C’était un plaisir de me battre contre Max, un quadruple champion du monde en piste."
"Partager la piste avec lui, on a vécu de bons moments en piste... enfin ils n’étaient peut-être pas plaisants sur le moment ! Mais partager la piste avec lui, affronter un autre champion du monde... et même Oscar, il sera champion un jour. J’ai adoré cette saison pour ça, même s’ils ont fait de ma saison un enfer ! C’est ce que j’ai aimé le plus."
A propos des derniers tours…
Norris a-t-il ressenti l’émotion du titre qui se profile dans les derniers tours ?
"Comme lors de ma première victoire, il y a eu des tours tranquilles. Je ne crois même pas que Will [mon ingénieur] ait dit que c’était le dernier tour."
"On ressent juste cette petite montée rapide en fin de course, comme dans les films. C’est authentique. Ces photos de moi, ma première fois en karting, ce premier jour où j’avais l’air d’un parfait débutant, sans style !"
"Je me souviens de mon père qui nous emmenait faire du karting avec mon frère, et de ma voiture qui a rendu l’âme en route parce qu’on n’arrivait pas à monter la côte pour accéder au circuit… Ces vrais souvenirs de mes débuts, et de tout le chemin parcouru jusqu’à aujourd’hui."
"Ce qui rend la chose encore plus belle, c’est que je peux la partager avec l’équipe. Nous avons traversé beaucoup d’épreuves ensemble. Je voulais le faire avec McLaren depuis le début et j’ai le sentiment qu’ils y ont autant contribué, donc je suis très heureux que nous ayons remporté les titres pilotes et constructeurs ensemble."
Sur les difficultés de cette saison
Lando Norris a aussi été invité à revenir sur les difficultés qui se sont posées à lui en 2025.
"La première saison avec McLaren a été très difficile, et je suis sûr qu’elle l’a été encore plus pour d’autres."
"Et nous avons bossé. Et l’équipe m’a fourni une voiture incroyable cette année, ce qui m’a beaucoup facilité la tâche par moments."
"Parfois, j’ai eu du mal face à Oscar, qui a fait un travail formidable. Je suis content d’avoir eu Oscar à mes côtés ces trois dernières années. Même s’il est beaucoup moins expérimenté que moi, j’ai beaucoup appris de lui et il m’a souvent surclassé."
"J’ai beaucoup appris d’Oscar et je ne serais pas le pilote que je suis aujourd’hui sans lui, ainsi qu’avec Carlos [Sainz] et Daniel [Ricciardo]. Mais Oscar m’a poussé à me surpasser comme jamais auparavant, car à la mi-saison, il était plus performant que moi et plus régulier."
"Après Zandvoort (abandon), ça a été dur. Mais j’ai bien récupéré et j’ai fait tout ce qu’il fallait. Il ne s’agit pas seulement de mieux piloter en piste, il y a tout un travail en coulisses que j’ai dû faire personnellement pour progresser, être plus résistant et me surpasser – que ce soit au niveau du temps au tour, ou de petits détails que personne ne remarquera avant des années. Tout cela explique les deux points d’avance au championnat au final."
"Un seul détail mal géré aurait pu tout changer aujourd’hui et je ne serais pas content. Je veux avant tout savourer l’instant présent, mais aussi féliciter Oscar et Max, bien sûr, pour nous avoir donné du fil à retordre ces derniers mois."
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