Mercedes F1 assume son avantage d’équipe constructeur en 2026

Les clientes comme McLaren pourront-elles les battre ?

Auteur : Franck Drui
3 mars 2026 - 10:12
Mercedes F1 assume son avantage d’équipe constructeur en 2026

L’incertitude reste totale quant à la hiérarchie réelle du plateau à quelques jours du premier Grand Prix de l’ère 2026 de la F1. Mais pour Hywel Thomas, directeur général de Mercedes AMG High Performance Powertrains (HPP), une chose est claire : le statut d’écurie constructeur offre un avantage naturel en début de cycle réglementaire.

Mercedes aborde cette nouvelle saison avec un moteur présenté comme la référence à battre et George Russell est déjà vu comme le favori pour le titre pilotes. Thomas tempère toutefois les projections, rappelant que seule la piste livrera un premier verdict crédible à Melbourne. Mais il ne rejette pas l’idée selon laquelle être une équipe officielle, plutôt qu’un simple client moteur, constitue un bénéfice réel dans cette phase initiale.

Après les essais hivernaux de Bahreïn, le flou demeure. Néanmoins, un consensus se dégage : McLaren, Mercedes, Ferrari et Red Bull forment toujours le quatuor de tête. Reste à savoir dans quel ordre. Un débat qui trouvera une première réponse dès la qualification du Grand Prix d’Australie.

McLaren arrive en 2026 en tant que double championne du monde en titre. L’écurie de Woking a définitivement brisé l’idée reçue selon laquelle une équipe cliente ne pouvait pas gagner des titres. Propulsée par le moteur Mercedes, McLaren a décroché les couronnes constructeurs 2024 et 2025, tandis que Lando Norris est devenu champion du monde en 2025 au volant d’une McLaren motorisée par la firme allemande.

Mais la F1 2026 marque une remise à zéro complète, avec de nouveaux règlements châssis et moteurs. Le nouveau groupe propulseur Mercedes équipe désormais l’équipe officielle, mais aussi McLaren, Williams et Alpine.

Le règlement impose à un motoriste de fournir une unité strictement identique à toutes ses équipes clientes. Pourtant, le directeur de McLaren, Andrea Stella, a souligné qu’il ne s’agissait "pas d’une coïncidence" si les principaux rivaux supposés de son équipe en 2026 étaient tous des équipes constructeurs : Mercedes, Ferrari et Red Bull, cette dernière engageant pour la première fois sa propre unité de puissance.

Le moteur Red Bull-Ford a d’ailleurs impressionné à Bahreïn par sa fiabilité, tandis que Mercedes – et sa cliente Williams – ont mis en avant la qualité du déploiement énergétique de leur nouvelle unité.

Reste une question centrale : Mercedes peut-elle réellement disposer d’un avantage sur ses équipes clientes, malgré l’obligation réglementaire d’égalité matérielle ? Hywel Thomas explique comment cela peut se produire.

"En tant qu’équipe constructeur, avec seulement 45 minutes de route entre l’usine HPP et l’usine F1, il y a simplement plus de connexions. Plus de liens entre les groupes d’ingénierie, plus de liens dans la hiérarchie des organisations. Naturellement, on peut penser qu’il y a un bénéfice, un avantage supplémentaire."

"Dans la majorité des cas, les équipes châssis sont d’accord avec le département moteur, donc ce n’est pas un problème. Mais lorsqu’il y a une situation où l’équipe officielle veut aller dans une certaine direction, et qu’une équipe cliente dit : ’Ne pourrait-on pas aller dans une autre direction de conception ?’, ce sera toujours la direction de l’équipe constructeur qui sera suivie."

Ferrari a signé le meilleur temps des essais de Bahreïn et a également impressionné par son rythme en longs relais, tout comme Mercedes. Mais un autre élément a attiré l’attention : Alpine aurait laissé entendre qu’elle n’avait pas encore exploité toute la puissance du nouveau moteur Mercedes et s’attendait à une progression à Melbourne.

Interrogé sur ce point, Stella est resté prudent : "Je ne veux pas trop commenter les spécifications matérielles. Cela fait partie de la stratégie déployée par HPP dans la fourniture des unités de puissance aux équipes clientes et à l’équipe officielle. Le programme a été extrêmement intense pour les motoristes, et pas seulement pour les équipes sur le plan du châssis. Ce qui est important, c’est que la bonne spécification soit disponible pour la première course."

Et cela a été confirmé : McLaren disposera, comme Williams et Alpine, d’une version légèrement améliorée du moteur Mercedes dès Melbourne. La même que celle que Mercedes F1 utilisait à Sakhir et qui est donc homologuée.

Pour Hywel Thomas, toute spéculation reste vaine avant l’Australie.

"Le premier vrai test, c’est la qualification à Melbourne. Avant cela, on ne sait rien des charges de carburant ni de qui cache son jeu. C’est la première fois que tout le monde arrive en donnant le maximum."

"C’est un jeu relatif. On peut penser avoir fait un excellent travail ; si les autres ont fait mieux, tout à coup, c’est un travail médiocre. À l’inverse, on peut se dire qu’on a fait un boulot horrible et, si les autres sont encore plus en difficulté, on devient soudain les héros."


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