Formule 1

Les tops, les flops et les interrogations après le Grand Prix des États-Unis

Un nouveau « doublé » Hamilton-Verstappen

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Par Alexandre C.

26 octobre 2021 - 18:23
Les tops, les flops et les interrogation

Après chaque Grand Prix, Nextgen-Auto.com vous propose de retrouver les tops et les flops identifiés par la rédaction. Qui mérite d’être applaudi ? Qui, au contraire, doit être critiqué ? Enfin, quels sont les points d’interrogation ou ambiguïtés, qui devront être suivis avec intérêt lors des prochains Grands Prix ? Découvrez-le ci-dessous !

Les Tops.

Top n°1 : La double masterclass de deux grands champions

Ce Grand Prix des États-Unis fut haletant à défaut d’être spectaculaire. A bien des égards, la course a rappelé par moments le tout premier Grand Prix de l’année, à Bahreïn – lorsque Max Verstappen était censé revenir sur Lewis Hamilton avec une stratégie pneumatique plus agressive. Cette fois, c’était Lewis Hamilton (avec donc le même nombre d’arrêts aux stands) qui jouait le rôle de Max Verstappen. Lewis revenait, revenait sur Max Verstappen en fin d’épreuve, mais a calé au moment d’entrer dans les perturbations aérodynamiques de la Red Bull, ce qui se fait surtout sentir dans les « esses » du premier secteur d’Austin, inspiré de celui de Suzuka. Au lieu d’un accrochage spectaculaire, nous avons eu donc droit à une bataille stratégique à suspense tout au long de l’épreuve, avec une grande incertitude.

Certes Max Verstappen a réalisé sûrement la meilleure performance du week-end – sa gestion des gommes doit être saluée, ce que même Toto Wolff a fait. La Red Bull a aussi de nouveau impressionné en battant en qualifications la Mercedes, sur un tracé pourtant favorable à l’équipe allemande historiquement. Mais ce que l’on voudrait retenir, outre le suspense, c’est que Max Verstappen et Lewis Hamilton ont prouvé une fois encore qu’ils étaient seuls au monde. Le gouffre qui séparait par exemple Max Verstappen de Sergio Pérez (43 secondes, sans parler de la remontée très difficile de Valtteri Bottas) en témoignait assez. A aucun moment les deux protagonistes n’ont commis une erreur, prouvant bien leur immense talent – ils ne sont pas là par hasard. On en redemande !

Top n°2 : La belle remontée stratégique de Sebastian Vettel

Sebastian Vettel faisait partie des pilotes pénalisés pour changement de pièces moteur ce dimanche à Austin, et le pilote Aston Martin F1 partait ainsi logiquement en fond de grille. Et pourtant, l’Allemand a fait une superbe remontée, jusqu’à la 10e place. La clef de sa course aura été une stratégie décalée et réussie : il est le pilote ayant fait durer le plus longtemps les mediums, avec un relais de 21 tours extrêmement efficace. Revenu dans la roue des Alfa Romeo, Sebastian Vettel a alors mis la pression sur Antonio Giovinazzi puis sur Kimi Räikkönen, dépassant le premier et faisant craquer le deuxième, victime d’un violent décrochage.

Au-delà de sa maigre valeur comptable, cette unité apportera une grande satisfaction (et rassurera ?) le pilote Aston Martin F1. Vivement l’an prochain, quand Sebastian Vettel aura (on l’espère) une voiture capable de lutter pour mieux que cela…

Top n°3 : 400 000 spectateurs : record absolu battu !

Le record d’affluence en F1 (qui appartenait au Grand Prix du Royaume-Uni à Silverstone) aura été battu ce week-end d’Austin. La barre des 400 000 spectateurs, sur l’ensemble d’un week-end (avec environ 160 000 spectateurs pour la course du dimanche) a même été atteinte. Au-delà du succès comptable, ce Grand Prix a été réussi sur le plan de l’ambiance : concerts le samedi, public en fusion quand Max Verstappen ou Lewis Hamilton se dépassaient l’un l’autre, ambiance folklorique plaisante avec les chapeaux de cow-boys ou bien sûr le show Nascar de Daniel Ricciardo… ce Grand Prix d’Austin fut réussi !

Il illustre deux points importants pour le circuit et pour la F1. Pour Austin, il s’agit d’affirmer sa place, sa force, son identité, alors qu’un deuxième Grand Prix aux États-Unis arrivera l’an prochain, à Miami, et peut-être un troisième à l’avenir (Las Vegas ? Indianapolis ?). Pour la F1, ce rendez-vous réussi, après l’annulation du Grand Prix l’an dernier, marque la poursuite de la conquête du marché américain et confirme que la demande est bien là. Netflix, tant critiqué par Max Verstappen qui refuse de se faire suivre par les caméras, peut être ici remercié par les équipes de Liberty Media et de Stefano Domenicali.

Les flops

Flop n°1 : Gros passage à vide pour Alpine

Alpine avait marqué des points à chaque Grand Prix de l’année, excepté le premier : cette belle série s’est terminée de la manière la plus décevante possible aux États-Unis avec un double abandon. Il faut dire que jamais les Alpine n’auront été dans le rythme : Esteban Ocon, même avec une belle aspiration offerte par Fernando Alonso en Q2 (l’Espagnol avait des pénalités moteur et a ainsi sacrifié son tour en jouant le jeu de l’équipe), échouait à la 11e place, derrière Yuki Tsunoda par exemple. Le Français a rapidement tout perdu en allant endommager son aileron avant ; Nicholas Latifi ressortirait même devant lui après son arrêt aux stands, et le pilote Alpine serait dans l’incapacité de doubler la Williams. Face à ce constat, Alpine a « inventé » un problème technique à Ocon pour économiser du kilométrage.

Quant à Fernando Alonso, parti donc en fond de grille, il s’est logiquement battu dans le peloton… et a fait ressortir sa légendaire mauvaise foi, un petit peu passée sous les radars depuis son retour. L’Ibère avait très peu apprécié de voir Kimi Räikkönen le doubler en dépassant les limites de piste au virage 2, même s’il avait été poussé en cela par l’Alpine. Alonso a alors mis la pression sur les commissaires pour qu’ils intiment l’ordre à Kimi Räikkönen de rendre la position, ce qu’ils n’ont pas fait. Echaudé, Alonso s’est dit : « puisque c’est comme ça »… et a voulu montrer l’inconstance des commissaires, ou profiter de cet incident, en dépassant Antonio Giovinazzi de la même manière. Mais Fernando Alonso s’y est pris très grossièrement, en passant par le centre-ville d’Austin pour dépasser Giovinazzi au virage 12. La FIA lui a alors demandé de rendre la position. Par la suite, Alonso a estimé que les incidents étaient « tous les mêmes ». « Je n’essayais pas de prouver quoi que ce soit. J’essayais juste de récupérer des places. La dixième place était le véritable objectif et nous avons essayé d’y parvenir. Et nous respectons évidemment tout ce que la FIA dit » expliquait-il après course. Le Alonso de la mauvaise foi est de retour, mais cela prouve au moins la faim de l’Espagnol !

Flop n°2 : Où sont passées les Williams F1 ?

L’euphorie de la Hongrie et de la Belgique est bien terminée pour Williams, qui est clairement rentrée dans le rang depuis plusieurs Grands Prix. Finalement, l’équipe de Grove n’a pas confirmé ainsi sa fulgurante ascension des dernières courses, ce qui semble en effet plus raisonnable à défaut d’être spectaculaire. En performance pure d’abord, en qualifications, Nicholas Latifi n’a pas réussi à passer la Q1 contrairement à George Russell (pénalisé) ou à Antonio Giovinazzi. Le Canadien estimait qu’il aurait pu y arriver facilement, mais encore fallait-il boucler un tour propre. Il perdrait tout en début de course suite à un accrochage avec son compatriote Lance Stroll. Quant à George Russell, malgré un impressionnant départ (pour une fois ?), passant de la 20e à la 14e place, il aura été débordé par Sebastian Vettel comme Fernando Alonso. Par la suite, sa course fut longue et difficile, comme il l’a lui-même admis.

De toute manière pour Williams, l’essentiel du travail est peut-être fait pour la 8e place au classement des constructeurs avec 23 unités contre seulement 7 pour Alfa Romeo

Flop n°3 : Nikita Mazepin hors de rythme et pas totalement hors de cause

Nikita Mazepin a malheureusement de nouveau le droit de figurer dans cette rubrique. A la fois pour son samedi et pour son dimanche. Car le samedi, le Russe a bien failli ne jamais être en mesure de pouvoir boucler un tour validé (en dessous des 2 minutes), que ce soit en EL3 ou en Q1. Il s’en est fallu d’un cheveu pour que Nikita réussisse à entrer dans les 107 %. L’écart sur Mick Schumacher restait honorable (3 dixièmes) car le Russe a connu bien pire cette année.

En course, ce fut pire : Nikita Mazepin a été de nouveau le seul pilote à finir à 3 tours du vainqueur et ce qui frappe encore est l’écart immense de son coéquipier : facilement plus d’une minute 15 aux deux tiers de la course, alors que Mick n’a fini qu’à 12 secondes de Latifi. Un véritable gouffre ! Il peut s’expliquer en partie, mais en partie seulement, par la lourde faute de son équipe Haas, qui avait mal fixé le repose-tête de son pilote – Mazepin a ainsi dû ainsi repasser aux stands. Visiblement, le Russe avait aussi « chaud aux pieds ». Mais sur une stratégie à trois arrêts aux stands, Nikita Mazepin n’avait pas pourtant un rythme plus rapide que son coéquipier. Cela devient gênant…

On demande à voir…

Mercedes va-t-elle revoir ses stratégies et son approche des essais libres ?

Mercedes « aurait pu gagner » ce Grand Prix des États-Unis : c’est Toto Wolff lui-même qui le reconnaissait après-coup. Alors pourquoi Mercedes a manqué cette si importante occasion de repasser en tête du championnat pilotes ? Le directeur d’écurie a identifié deux écueils. Le premier en particulier l’a énervé : Mercedes n’a pas vraiment gagné en rythme des EL1 aux qualifications, ou en tout cas beaucoup moins que Red Bull. L’équipe est revenue aux réglages des EL1 après avoir perdu du temps le vendredi après-midi ; pendant ce temps, Red Bull progressait donc. Peut-être que Mercedes paie ici l’absence d’un Esteban Ocon dans le simulateur, alors que Red Bull peut toujours compter sur Alexander Albon, qui sait… « D’une certaine manière, nous devons retracer le week-end de vendredi à dimanche » annonçait quoiqu’il en soit Toto Wolff. « Où avons-nous mal jugé les choses ? Où nous sommes-nous trompés ? Qu’avons-nous fait de bien ? Et il y aura beaucoup de discussions, des discussions positives sur ce qu’il faut apprendre de ce week-end. »

Le deuxième motif d’agacement pour Toto Wolff était la stratégie. Mercedes n’a pas rendu une copie vraiment parfaite. En particulier, pourquoi avoir arrêté Lewis Hamilton trois tours après Max Verstappen ? Soit Mercedes l’arrêtait tout de suite après l’arrêt du Néerlandais, soit assumait une stratégie d’overcut en la tirant en longueur : mais 3 tours après est un entredeux qui n’est guère satisfaisant. Mercedes a ainsi donné l’impression d’être sur la défensive, une fois de plus - une fois de trop. Car Toto Wolff, qui constatait qu’une équipe (Red Bull) avait eu une stratégie « osée et courageuse », et l’autre une stratégie d’overcut par « nécessité », a annoncé que les stratégies d’équipes seraient réexaminées en profondeur à l’avenir. Verra-t-on Mercedes prendre plus de risques sur le plan stratégique à l’avenir ? Il faudrait que Valtteri Bottas arrête de prendre des pénalités moteur pour cela…

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