Formule 1

Les limites de l’engagement : pour Magnussen et Ecclestone, la F1 doit rester apolitique

Grosjean et Sainz s’expriment aussi

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Par Alexandre C.

31 juillet 2020 - 15:51
Les limites de l’engagement : pour (...)

Sous l’impulsion de Lewis Hamilton, les pilotes de F1 se sont largement engagés dans le mouvement « Black Lives Matter », en s’agenouillant avant les hymnes nationaux des Grands Prix (même si l’organisation des dernières cérémonies, un peu précipitée, n’a pas été du goût du pilote Mercedes).

Lewis Hamilton s’était justement expliqué avec Romain Grosjean au sujet de la dernière cérémonie en Hongrie, jugée bâclée. Désormais, les tensions sont apaisées et le pilote Haas, directeur du GPDA, s’en est justifié, reconnaissant ses torts au passage.

« Sept ou huit pilotes n’étaient pas heureux de poursuivre la cérémonie. Je parlais en leur nom en tant que directeur de la GPDA. »

« Maintenant que j’y pense, c’était probablement la mauvaise chose à faire. C’était une bonne discussion avec Lewis. Je me suis excusé et Lewis a présenté de bons arguments, et je l’ai fait aussi, » avait expliqué hier le Français

Ce qui est certain, c’est que Romain Grosjean n’a pas digéré être traité de racisme par certains sur les réseaux sociaux...

« Je n’étais pas très heureux d’être traité comme ça. »

Mais même après la conversation avec Lewis Hamilton, les pilotes devraient rester libres de s’agenouiller ou non. Max Verstappen a déjà indiqué qu’il continuerait à ne pas s’agenouiller. Et Carlos Sainz apprécie cette liberté donnée.

« La liberté me permet d’exprimer ma position d’une manière qui me convient, à ma culture et à mes principes. Et j’attends de tout le monde dans le paddock qu’il respecte mon opinion. »

Mais où s’arrête le sport, et où commence la politique ? La F1 doit-elle faire partie des affaires publiques ? Kevin Magnussen, toujours chez Haas, est bien conscient du problème.

« Je suis évidemment contre le racisme, et c’est bien que nous attirions l’attention sur ce problème. Bien sûr que je veux participer à cela, mais je ne veux pas être politique. »

« Mais il est difficile, en tant qu’athlète et personnalité publique, de savoir comment ce que vous faites est reçu. Il est évident que nous sommes tous en faveur de la fin du racisme. Cependant d’un autre côté, je ne veux pas soutenir des organisations politiques avec lesquelles je ne suis pas d’accord. »

La F1 elle-même se retrouve embarrassée : Wendy Carey, la femme de Chase, a supprimé son compte Twitter, après avoir annoncé qu’elle soutenait Donald Trump pour la prochaine élection.

Bernie Ecclestone, qui soutient aussi l’actuel président des USA, n’a pas manqué de s’engouffrer dans la brèche pour tacler une nouvelle fois son successeur... Surtout, il estime que la F1 ne devrait pas se mêler de politique... même si, lorsqu’il était aux affaires, Ecclestone répétait qu’il soutenait, par exemple, Vladimir Poutine, lançant de temps à autres quelques commentaires bien sentis...

« Peut-être que cela a été fait sur les instructions de Chase » estime-t-il sur la suppression du compte Twitter.

« Je pense que le président américain a fait un bon travail pour le monde. En tout cas, je ne suis pas Fox News, donc je ne peux pas commenter leur politique, mais je suis d’accord avec la position de longue date de la Formule 1, de ne pas être impliqué dans le racisme ou la politique en général. »

« Les promoteurs de course veulent organiser une course, les équipes veulent faire la course, les pilotes veulent gagner et en réalité, personne n’est empêché de faire cela à cause du racisme et de la couleur de peau des gens. Je n’ai pas vu où Chase s’est aligné avec ce que Lewis fait, en quoi que ce soit. Le temps nous le dira. »

F1 - FOM - Liberty Media

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