Le jour où Ferrari a envoyé Räikkönen en pneus pluie sur une piste sèche
Smedley s’amuse de cette mauvaise "blague"
Kimi Räikkönen s’est un jour retrouvé équipé de pneus pluie extrême sur une piste complètement sèche. C’était au Grand Prix de Malaisie 2009, frappé par une mousson digne des pires conditions vues à Sepang, et un ancien ingénieur de Ferrari a expliqué comment cette situation improbable a pu se produire, non sans rendre le pilote finlandais particulièrement énervé.
Rob Smedley, alors ingénieur de piste de Felipe Massa, explique que Ferrari tentait de caler parfaitement un arrêt au stand pour faire passer Räikkönen aux pneus pluie, mais la stratégie a complètement échoué car la pluie n’est pas arrivée au bon moment.
Lors de la même course, Smedley s’était rendu célèbre en répondant avec tranquillité à un Massa inquiet, qui cherchait un nouveau casque : "Felipe, bébé, reste cool, on t’amène la visière blanche".
Ce "Felipe, baby, stay cool" dans sa langue natale a propulsé Smedley au rang de célébrité, mais il cachait aussi une tension en hausse chez Ferrari lors d’une pause due à la pluie, qui suivait une première erreur colossale de la Scuderia.
Cette année-là, l’ingénieur de course de Räikkönen était l’actuel patron de McLaren, Andrea Stella, tandis que l’ingénieur de piste en chef était Chris Dyer. La pluie était attendue, et l’équipe était convaincue qu’elle faisait arriver le pilote au stand au bon moment.
Mais alors qu’il a mis ses pneus extrême, qui étaient encore plus sculptés que les pluie, le Finlandais est revenu en piste sur un asphalte totalement sec et chaud, et l’ingénieur de Massa raconte cet épisode.
"Eh bien, sans vouloir jeter mes anciens collègues sous un bus, je ne travaillais pas sur cette voiture !" a déclaré Smedley dans le High Performance Podcast. "C’était donc en anticipation de la mousson. Je pense que nous tous, certains très peu de temps après l’événement, d’autres beaucoup plus tard, après un certain temps, c’est devenu un sujet de rigolade au sein de l’équipe."
"Donc en gros, ça s’est passé comme ça. Je crois ne pas me tromper en disant que Michael [Schumacher] était là, mais peut-être pas. Je me trompe peut-être sur ce point. Quoi qu’il en soit, Michael Schumacher était sur le muret des stands. Il y était souvent."
"Nous arrivions à l’arrêt au stand. Kimi arrivait pour son arrêt, et c’était un arrêt obligatoire. Il était donc prêt à changer de pneus. Et, alors que Kimi arrive, j’écoute à l’autre bout du mur des stands. C’était Chris et Andrea qui discutaient."
"À un moment donné, ils ont dit ’oh, il commence à pleuvoir légèrement, non ?’ Alors j’ai regardé et je me suis dit ’ouais, il commence à tomber quelques gouttes’. Et ils ont dit ’mettons les pneus pluie, d’accord ?’ Mais ensuite, ils ne sont pas passés aux pneus pluie, ils sont passés aux pneus mousson !"
"Alors j’écoute à l’autre bout du mur des stands en me disant ’ça ressemble à un beau bordel !’ Je me concentre alors sur mes propres affaires, et je me suis dit ’non, ils ne vont pas faire ça !’ Puis je me suis retourné, et ils étaient en train de mettre les pneus pluie sur sa voiture."
"J’ai commencé à parler au milieu du muret des stands et j’ai dit ’si vous regardez le radar, vous pouvez voir un tout petit peu de pluie, mais on ne voit aucune mousson’. On pouvait voir une mousson, mais elle était à 20 minutes."
Smedley s’amuse ensuite de la manière dont Räikkönen a réagi : "Kimi, en sortant de la voie des stands, s’est écrié ’c’est quoi ce bordel ?’ Il sort donc, et Andrea Stella, qui est son ingénieur de course, je ne suis même pas sûr qu’il ait fait partie de la décision, essaie de faire son travail pour le garder calme."
"Il lui dit alors ’oui, Kimi, nous pensons que la pluie arrive. Alors prends juste soin des pneus’. Kimi marmonne ’putain de pneus pluie extrême’. Il tourne donc, et il ne cesse de repasser. Il perd littéralement quelque chose comme 10 secondes par tour."
"Il passe une première fois, et je me dis ’en voilà une belle décision’. Il passe une deuxième fois, et je me dis ’qu’est-ce qu’on fout là ? C’est une blague !’ Nous avons maintenant perdu 20 secondes."
"Nous avons perdu un arrêt au stand. Et, au troisième tour, je crois qu’il a commencé à pleuvoir, mais à pleuvoir pour de vrai. Andrea lui a dit ’c’est bon, Kimi, ça vient à nous maintenant. Ça vient à nous, et il a commencé à pleuvoir.’."
Et cette inertie a en plus provoqué d’autres pertes de temps : "Kimi a dit ’ouais, maintenant les pneus sont complètement foutus, et je dois m’arrêter !’ Alors ils l’ont fait rentrer et lui ont mis des intermédiaires !"
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