’Je n’avais aucun soutien’ : Gasly raconte son échec chez Red Bull

"Je n’avais pas vraiment les outils nécessaires pour être performant"

20 décembre 2025 - 11:44
’Je n’avais aucun soutien’ : Gasly raconte son échec chez Red Bull

Issu d’une famille de compétiteurs et de coureurs automobiles, Pierre Gasly a rapidement eu l’occasion de conduire un karting. Le pilote Alpine F1 a ainsi pu rouler dans une machine de ce type à l’âge de six ans, et il s’en souvient encore très clairement aujourd’hui.

Celui qui a disputé sa huitième saison complète cette année se rappelle de la manière dont il a été fasciné immédiatement par le pilotage d’un engin de course, et des sensations que cela lui apportait.

"La vitesse, la peur, l’adrénaline que j’ai ressenties ce jour-là étaient si fortes que je m’en souviens encore, même si cela remonte à 23 ans" raconte Gasly. "Je suis immédiatement tombé amoureux de ce sport."

Un des obstacles les plus difficiles à surmonter dans sa carrière avant la Formule 1 a été la déception de ne pas avoir sa place de titulaire en Formule 1 après son titre en GP2 (ancien nom de la F2), et d’avoir dû s’exiler en Super Formula.

"C’était très difficile à accepter, car on m’avait dit ’si tu remportes le championnat GP2, tu auras ta chance en Formule 1’. C’était comme un coup de poing en plein visage. Je me suis dit ’que dois-je faire de plus ?’ J’ai gardé à l’esprit que j’aurais ma chance."

Et sa chance est arrivée près de la fin de sa saison en Super Formula, quand Toro Rosso a voulu se séparer de Daniil Kvyat et que Carlos Sainz a été prêté à Renault. C’était l’occasion d’une vie pour le pilote français.

"Je me souviens avoir sauté sur mon lit en Malaisie. J’étais réserviste chez Red Bull. Il m’a appelé pour me dire de me préparer, que je courrais ce week-end-là. Quand j’ai eu cette chance, j’étais fou de joie."

"Je me souviens être allé sur la grille de départ et avoir réalisé que cette chance m’était offerte, que tout était entre mes mains, que j’avais la voiture, l’équipe, les gens... que tout dépendait désormais de moi et que j’avais le contrôle."

"J’ai fait quatre ou cinq courses en 2017, puis j’ai commencé la saison 2018. Lors de la deuxième course, boum, quatrième à Bahreïn. Cela a immédiatement créé un énorme buzz. Juste après Budapest, Daniel [Ricciardo] a annoncé qu’il quittait [Red Bull]. Je me souviens être arrivé en Grèce pour mes vacances, et je me suis dit ’ouah, Daniel s’en va’."

"Red Bull avait Carlos Sainz comme option et ils m’avaient moi. Le choix se jouait entre Sainz et moi. Le téléphone a sonné et Helmut m’a dit ’OK, tu sera pilote Red Bull Racing au début de l’année prochaine’. C’était six mois après le début de ma première saison complète en F1."

Mais la place chez Red Bull après une seule saison était un cadeau empoisonné, compte tenu de la gestion de l’équipe par Christian Horner et Helmut Marko, qui n’ont pas offert à Gasly une équipe expérimentée, ce qui l’a mis en difficulté.

"Je ne vais pas mentir, c’était triste. En 2019, ma deuxième année en Formule 1, je n’avais aucun soutien, dans une très grande équipe qui soutient beaucoup Max, pour de bonnes raisons, car il obtient des résultats."

"Mais je commençais avec un nouvel ingénieur issu de la Formule E qui n’avait aucune expérience en F1. La dynamique était donc étrange. Je n’avais pas vraiment les outils nécessaires pour être performant."

"J’ai essayé de me battre à ma manière parce que je le voulais, et au final, je suis là pour être performant. Ils n’étaient pas contents, mais moi non plus, car je voyais bien que je ne pouvais pas montrer mon potentiel."

Gasly a été rétrogradé chez Toro Rosso après une demi-saison très difficile au sein de Red Bull, et son premier week-end de retour dans l’équipe italienne a été marqué par l’accident de son ami Anthoine Hubert. Mais il se souvient aussi d’une dynamique positive à l’idée de revenir dans l’équipe de Faenza.

"C’était presque un soulagement. Ce n’est pas une énergie agréable. Je suis là pour faire mon travail et essayer de donner le meilleur de moi-même, mais il y a beaucoup de négativité. Je traverse ça. Je veux juste piloter. Puis est arrivé samedi avec Anthoine."

Le Grand Prix du Brésil 2019 a été un nouveau rebond du Français avec un podium inattendu, au terme d’une bataille contre Lewis Hamilton roue contre roue, qui a marqué une belle remontée de sa cote.

"Les gens m’ont jugé trop rapidement parce qu’ils ne me connaissent pas, ils ne savent pas quel est mon état d’esprit et ma mentalité. C’est toute ma vie. Quand je repense à ce podium, ça me donne encore le sourire."

Gasly a su montrer de la ténacité, et c’est cette force mentale qui lui a permis de reconstruire sa carrière et qui l’a conduit à remporter sa première victoire en Grand Prix à Monza en 2020, au cours d’une saison particulière.

"C’était incroyable, c’est pourquoi j’ai profité de ce moment sur le podium pour assimiler les millions d’émotions et de pensées qui me traversaient l’esprit. J’étais dans mon propre monde. Je garderai ces quelques secondes en mémoire pour toujours."

"C’était un moment unique, car c’était pendant la pandémie de Covid, donc il n’y avait personne. C’était la seule année où Monza n’avait jamais semblé aussi vide. C’était un peu dommage, mais cela me donne une bonne raison de gagner à nouveau à Monza !"


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