Hülkenberg dresse un premier bilan lucide de l’Audi F1 R26
"Un bon pas en avant en termes de performance et de fiabilité" mais...
Engagé dans le programme d’essais de l’Audi F1 R26 à Bahreïn, Nico Hülkenberg a livré un premier retour détaillé sur la nouvelle monoplace de la marque allemande, soulignant des progrès notables depuis Barcelone, tout en rappelant l’ampleur du travail restant dans le cadre de cette nouvelle ère réglementaire.
Après deux demi-journées de roulage sur le tracé bahreïni, l’Allemand se montre globalement satisfait des avancées réalisées.
"C’est différent, un bon pas en avant en termes de performance et de fiabilité. On a pu faire beaucoup de tours et de kilomètres, c’est un grand pas en avant par rapport à Barcelone," a déclaré Hülkenberg.
Le circuit de Sakhir offre toutefois un défi bien différent de celui rencontré lors du shakedown espagnol.
"Bahreïn est un circuit très différent par rapport à Barcelone, plus de stop and go, de basses vitesses. C’est un circuit impitoyable qui expose les faiblesses des voitures à cause du tarmac, du manque de grip, des températures élevées, peu de circuits donnent des conditions aussi dures."
Un moteur Audi encore en phase de construction
Logiquement, une grande partie du travail se concentre actuellement sur le groupe propulseur Audi, entièrement nouveau.
"On travaille constamment sur le moteur, on essaie de tester différents réglages, on vérifie les choses point par point, étape par étape, on modifie les choses, on retourne en piste, c’est un véritable test."
Hülkenberg estime que le potentiel est bien présent, même si aucun constructeur n’a encore atteint un niveau optimal.
"Je pense que nous avons un peu de potentiel pour faire mieux à ce niveau-là. Cela dit, je pense que probablement aucun motoriste n’est encore parfait, parce que nous en sommes au cinquième jour avec ces nouvelles voitures. Je serais surpris que tout le monde ait déjà tout parfaitement réglé et optimisé. Mais c’est sûr qu’il y a beaucoup de marge de progression dans de nombreux domaines."
Le pilote compare naturellement la situation actuelle à celle de la génération précédente.
"La génération de voitures de l’an dernier, en particulier le groupe propulseur, a été développée et affinée à la perfection pendant une décennie. Donc tout était fluide, tout était homogène et agréable. Et là, c’est la première fois que nous faisons un moteur, que nous faisons une boîte de vitesses. Donc nous avons du travail à faire, un peu de nettoyage à effectuer, c’est normal. Parce que pour un pilote, il est important d’avoir un niveau de constance et de prévisibilité."
Sur le plan purement chronométrique, Hülkenberg se montre prudent dans son analyse.
"Nous ne sommes pas très loin dans le peloton, mais c’est difficile à dire car selon le mode d’énergie, il y a beaucoup de différences d’écarts. La quantité de carburant est aussi un point d’interrogation. La route est encore longue, et l’on a encore plus de potentiel une fois qu’on aura réglé certaines choses."
Une F1 2026 moins chargée en appui
Hülkenberg a également partagé son ressenti sur les Formule 1 de 2026, profondément transformées sur le plan aérodynamique.
"Il y a moins d’appui et je pense que c’est le facteur principal du changement. Les voitures de l’an dernier avaient une quantité d’appui incroyable. Et aujourd’hui, je pense qu’il nous en manque une partie. Probablement qu’avec le temps, les équipes en récupéreront une partie d’ici quelques années. Mais pour le moment, évidemment, il y en a moins."
Le pilote Audi voit d’ailleurs des parallèles clairs avec un précédent tournant majeur de la F1.
"Ça me rappelle beaucoup les changements réglementaires de 2014 : nouveau groupe propulseur, aérodynamique assez différente. Et on repart de zéro. On réapprend, on s’adapte. Mais au final, ça reste une voiture de course avec quatre roues, un aileron avant, un aileron arrière et un volant. Les lois de la physique restent les mêmes."
Des conditions piégeuses, notamment au freinage
À Bahreïn, certaines conditions spécifiques ont mis les pilotes à rude épreuve, notamment au freinage.
"Je n’ai jamais vu autant de voitures bloquer les roues au virage 9. Surtout dans ces conditions… Parce que le vent est habituellement de face au virage 1 et au virage 10. Mais cette année, c’est l’inverse. C’est du vent arrière, ce qui est très, très difficile."
Enfin, interrogé sur le plaisir ressenti au volant de ces nouvelles monoplaces, Hülkenberg préfère temporiser.
"Je préférerais me prononcer après quelques courses, pour voir à quel point ces voitures permettent de se battre en piste, comment cela fonctionne réellement en conditions de course. Je sais que vous êtes impatients et que vous voulez des réponses et des informations, mais je pense que ce ne serait pas juste de l’affirmer maintenant."
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