Australie, Bahreïn, Arabie saoudite : l’impact des frappes américaines et israéliennes sur la F1

Déjà des vols annulés ou retardés vers Melbourne

Auteur : Franck Drui
28 février 2026 - 14:44
Australie, Bahreïn, Arabie saoudite : l’impact des frappes américaines et israéliennes sur la F1

Alors que les tensions au Moyen-Orient se sont brutalement intensifiées ces dernières heures après des frappes des États-Unis et d’Israël contre l’Iran, la question se pose naturellement : la Formule 1 est-elle menacée dans son déroulement ?

Si aucun Grand Prix n’est directement visé, les répercussions indirectes sont déjà bien réelles, en particulier sur le plan logistique.

La Formule 1 repose sur une mécanique extrêmement précise : chaque semaine de course mobilise des centaines de tonnes de fret, transportées par avion cargo ou par des vols commerciaux affrétés. La fermeture de l’espace aérien iranien, combinée à des restrictions ou détournements dans plusieurs pays voisins, a déjà compliqué certains trajets.

L’Organisation de l’aviation civile iranienne a suspendu tous les vols civils. Les pays voisins de l’Iran - Israël, l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Syrie, le Qatar, les Émirats arabes unis (y compris Dubaï et Abu Dhabi) et le Koweït - ont fermé ou fortement restreint leur espace aérien pour des raisons de sécurité.

Il y a déjà eu des vols annulés ou rallongés, des itinéraires modifiés et des délais accrus pour le personnel et le matériel. En règle générale, les vols en provenance d’Europe et à destination de Melbourne font escale à Doha, Dubaï ou Abu Dhabi, selon la compagnie aérienne. Mais il y a encore beaucoup de matériel sur place à Bahreïn ou en transit.

La fermeture de l’espace aérien a perturbé les liaisons vers l’Australie et de nombreux vols ont été annulés. On a déjà appris qu’une partie de l’écurie Ferrari ne prendra pas l’avion ce samedi, et les pilotes qui devaient voyager aujourd’hui (les départs se font toujours par roulement) ont été renvoyés chez eux. Des efforts sont en cours pour affréter un vol, mais l’écurie suit évidemment la situation de près.

Une situation similaire affecte d’autres écuries de F1. Cependant, la situation semble actuellement bien plus critique, notamment pour les équipes de Formule 2 et Formule 3 : beaucoup sont bloquées dans les aéroports de transit.

À court terme, ces perturbations concernent surtout les longues liaisons intercontinentales. Les équipes disposent toutefois d’une solide expérience en matière de plans alternatifs, ce qui limite le risque de retard critique sur les premières manches de la saison.

Les Grands Prix du Moyen-Orient sous surveillance

Les épreuves organisées dans la région du Golfe ne sont pas immédiatement remises en cause, mais elles font l’objet d’une vigilance accrue. Les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite sont programmés plus tard dans l’année (en avril), laissant à la F1 une marge d’anticipation plus importante. Tout va dépendre évidemment de l’évolution du conflit dans les jours à venir.

Comme à son habitude, la F1 travaille en lien étroit avec les autorités locales et internationales pour évaluer en permanence le niveau de risque. L’histoire récente a montré que la F1 peut maintenir ses événements tant qu’aucune menace directe ne pèse sur les circuits, les équipes ou le public.

"Nos trois prochaines courses auront lieu en Australie, en Chine et au Japon, et non au Moyen-Orient – ​​ces courses n’auront lieu que dans plusieurs semaines," a indiqué la Formula One Management.

"Comme toujours, nous suivons de près l’évolution de la situation et collaborons étroitement avec les autorités compétentes."

La sécurité n’est pas un sujet nouveau pour la Formule 1, qui opère régulièrement dans des contextes géopolitiques complexes. Chaque Grand Prix fait l’objet d’audits détaillés, avec des protocoles spécifiques pour le personnel, les pilotes et les spectateurs.

À ce stade, aucun signal ne laisse penser à une annulation imminente. Mais la situation reste très évolutive, et la discipline se réserve la possibilité d’adapter son calendrier si le conflit devait s’étendre durablement, ce qui est fort probable étant donné l’armada déployée par les USA.

Au-delà des aspects opérationnels, la crise pourrait avoir des conséquences plus diffuses sur la F1 : hausse potentielle des coûts de transport, en lien avec la volatilité des prix du carburant, incertitudes pour certains sponsors, notamment dans une région clé pour les investissements en F1. Ces impacts restent toutefois progressifs et ne remettent pas en cause l’équilibre global du championnat à court terme.

Pirelli annule ses essais de pneus pluie

Pirelli vient aussi d’annoncer qu’il annulait ses essais de pneumatiques prévus à Bahreïn. Le manufacturier italien devait effectuer des essais de pneus pluie avec Mercedes et McLaren à Sakhir.

"Les deux jours d’essais de développement des composés pluie prévus aujourd’hui et demain sur le circuit de Bahreïn ont été annulés pour des raisons de sécurité, compte tenu de l’évolution de la situation internationale."

"Tout le personnel de Pirelli actuellement à Manama est en sécurité dans ses hôtels. L’entreprise met tout en œuvre pour assurer leur sécurité et organiser leur retour chez eux dans les plus brefs délais."


Nouveau : comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Via notre nouvelle chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com !

Vous abonner (cliquez sur l’étoile pour mettre en favori) à notre Google News si vous utilisez l’appli Google Actualités sur votre smartphone.


Partage

xpb_1397312_hires.jpg