’Tout repose sur les fans’ : Cadillac F1 ne veut pas être une équipe ’secrète’
Symonds explique l’approche de la nouvelle équipe
Après plusieurs années passées à façonner la Formule 1 depuis les coulisses de la gouvernance, Pat Symonds est revenu dans une équipe et il retrouve donc l’autre côté de la barrière réglementaire, ayant ressenti un manque qui l’a poussé à revenir à son premier métier en catégorie reine.
Désormais consultant exécutif en ingénierie pour Cadillac F1, Symonds a expliqué sans détour pourquoi le projet soutenu par General Motors l’a convaincu de revenir dans le paddock avec un véritable engagement personnel.
"Je me souviens être entré dans le paddock et avoir ressenti cette sensation vraiment étrange de ne pas me soucier de savoir qui allait gagner la course. C’était très bizarre, et avec le temps, cet esprit de compétition a commencé à me manquer" a-t-il confié à Autocar.
Frustré par la manière dont on lui faisait créer les nouvelles F1, il a vite été attiré par la proposition de Cadillac : "Quand j’ai regardé le projet, je me suis dit ’waouh’. C’est vraiment impressionnant. Très ambitieux. Très bien financé. Et très sensé."
Pour Symonds, l’attrait ne résidait pas dans un coup médiatique lié à la marque ou une opération marketing à court terme, mais dans un projet construit et solide techniquement : "Ce sera plus qu’une tentative. Ce sera une réalité."
Le cœur opérationnel de l’équipe se situe à Silverstone, ancrant le développement du châssis et l’exécution en course dans l’écosystème traditionnel de la F1, mais le développement du groupe motopropulseur au-delà de 2028 est déjà en cours en Caroline du Nord, tandis qu’un important centre de fabrication et d’exploitation est prévu près d’Indianapolis.
Symonds reconnaît que l’ampleur des installations américaines ne se mesure vraiment qu’en les voyant de ses propres yeux. Surtout, il explique que Cadillac souhaite que ces infrastructures soient ouvertes et accueillantes, tandis que le team se montrera aussi dans un documentaire.
"Nous voulons être centrés sur les fans. La Formule 1 peut être très secrète, et les ingénieurs en particulier ont tendance à penser qu’ils protègent un énorme secret. Sans les fans, il n’y aurait pas de courses, pas de sponsors, ni de grandes entreprises impliquées. Tout repose sur les fans."
Cette ouverture, selon Symonds, reflète l’évolution plus large de la Formule 1, qui s’éloigne de l’exclusivité pour aller vers plus d’accessibilité, un changement qu’il juge vital pour la santé future du sport. Le même pragmatisme caractérise l’approche de Cadillac concernant les pilotes avec le recrutement de Valtteri Bottas et Sergio Pérez.
"Nous avons élaboré une grande matrice avec tous les pilotes disponibles. Progressivement, Checo et Valtteri sont remontés en tête. La logique était simple : des vainqueurs éprouvés qui apportent une crédibilité immédiate : "Des vainqueurs, bien sûr, 16 victoires à eux deux. Peu d’équipes sur la grille ont deux pilotes totalisant 16 victoires."
La confiance de Symonds envers Valtteri Bottas repose sur son expérience personnelle à l’époque de Williams : "Je le connais bien et j’apprécie vraiment Valtteri. Il est incroyablement rapide sur un tour et c’est un excellent pilote de qualifications."
Sergio Pérez, quant à lui, a nécessité une évaluation plus approfondie après une dernière saison difficile chez Red Bull. La perspective a changé, selon Symonds, lorsque d’autres pilotes ont rencontré des difficultés avec la même voiture.
"Quand il a été remplacé, on l’a vu, et cela nous a aidés à réévaluer Checo. Son application, son souci du détail et sa volonté de s’impliquer sont vraiment excellents."
Ce que Cadillac ne veut surtout pas, a précisé Symonds, c’est avoir des complications inutiles lors de sa première saison : "La dernière chose que vous voulez, ce sont des pilotes qui jettent tout contre le mur en essayant de prouver qu’ils sont le prochain Lewis Hamilton. Nous n’avons pas besoin de ça."
Au-delà de Cadillac, Symonds reste profondément investi dans l’orientation de la Formule 1. Il a été catégorique sur l’importance du plafond budgétaire : "Les équipes faisaient faillite régulièrement. Ce n’était pas viable."
Il a également défendu le passage du sport aux carburants durables, puisque ce programme a été une de ses idées : "Pratiquement chaque molécule doit être certifiée comme durable."
Concernant 2026, Symonds s’attend à moins de spectacle visuel mais à davantage d’enjeux stratégiques. Avec l’aérodynamique active remplaçant le DRS, la gestion de l’énergie définira les dépassements.
"L’aide au dépassement aujourd’hui, c’est le push to pass. La course deviendra plus tactique. Est-ce que j’utilise mon énergie pour défendre ? Pour dépasser ? Comment est-ce que je l’utilise ?"
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