Formule 1

Toro Rosso (2006-2019) : Retour sur l’Histoire de l’équipe

La deuxième vie de l’ancienne Minardi

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Par Emmanuel Touzot

18 janvier 2020 - 17:35
Toro Rosso (2006-2019) : Retour sur (...)

En 2020, Toro Rosso disparaîtra au profit d’une nouvelle marque du groupe Red Bull, AlphaTauri, qui se place dans le domaine du prêt-à-porter. Mais avant ce changement de nom, nous revenons sur les 14 années de l’équipe Toro Rosso, qui aura fait une arrivée fulgurante et se sera établie comme une équipe solide du milieu de peloton.

Entre 2003 et 2005, l’équipe Minardi n’était plus que l’ombre d’elle-même, plombée par des difficultés financières qui n’en finissaient plus de s’aggraver. D’une humeur dépensière après l’arrivée de Red Bull en F1 l’année précédente, Dietrich Mateschitz décidait de sauver la petite structure de Faenza pour en faire son équipe B.

2006 - 2007 : des débuts difficiles mais un bon potentiel

Pour préserver le peu d’identité italienne qu’elle souhaitait conserver, l’ex-Minardi a donc été rebaptisée Toro Rosso par Red Bull, ce qui est littéralement la traduction italienne de la marque de boissons.

En 2006, elle fut l’équipe refuge de Vitantonio Liuzzi, auquel Christian Klien avait été préféré chez Red Bull. L’Italien a été le fer de lance de l’équipe face à un Scott Speed très peu impliqué, qui n’aura pas cessé de décevoir ses patrons.

Le bilan en 2006 fut très compliqué, mais l’équipe était la seule à ne pas encore avoir franchi le pas pour l’arrivée des moteurs V8. Avec un bloc Cosworth V10 bridé, elle n’a pu inscrire qu’un point et voyait l’arrivée du V8 Ferrari comme providentielle pour 2007.

Mais l’année 2007 n’aura pas été de tout repos, en dépit d’une monoplace qui était de plus en plus performante. La volonté de Red Bull de placer Sebastian Vettel dans l’équipe a permis de se débarrasser d’un Speed qui n’était plus du tout motivé, et à raison.

En Chine, Vettel terminait quatrième et Liuzzi sixième. Toro Rosso n’inscrivait des points qu’à cette occasion, mais ils lui permettaient de terminer septième au classement des constructeurs.

2008 : Un premier succès qui la place devant Red Bull

La saison 2008 restera toujours à part pour Toro Rosso, puisqu’elle restera comme celle du seul triomphe, à ce jour, de l’équipe de Faenza. Avec un duo composé de Vettel et Sébastien Bourdais, la petite équipe a fait des miracles.

Le début de saison semblait très compliqué par rapport à Red Bull, mais l’équipe principale de la marque a vite tourné son attention vers l’énorme changement de règlement qui arrivait en 2009, là où Toro Rosso a continué à développer la monoplace, qui avait la même base, jusqu’en fin de saison.

Une fin de saison durant laquelle Vettel a été impressionnant de constance, mais s’est surtout distingué en Italie, sous la pluie. Le jeune Allemand a en effet signé la pole position sur le circuit de Monza, pour s’imposer le lendemain sur les terres de son équipe.

Si cela reste à ce jour la seule victoire de Toro Rosso, il a fallu 11 ans pour revoir l’équipe sur le podium et pour qu’elle fasse aussi bien au championnat avec une sixième place.

2009 - 2011 : Douche froide et lente remontée

Mais le développement tourné sur l’année en cours a coûté cher à Toro Rosso en 2009, avec une monoplace trop peu aboutie et loin d’être aussi performante que la Red Bull RB5 dont elle partageait des composants.

Avec huit points inscrits, l’équipe a terminé dernière du championnat, dans une ambiance délétère qui a notamment mené au renvoi de Bourdais, remplacé par Jaime Alguersuari aux côtés de Sébastien Buemi.

Un duo Buemi/Alguersuari qui est resté en place jusqu’à fin 2011, avec une neuvième place en 2010 puis une huitième place en 2011. S’il n’y avait rien de spécial à noter durant cette période sur le plan des résultats, une dynamique positive était de nouveau insufflée.

2012 - 2014 : Stagnation malgré un duo de pilotes renouvelé

Buemi et Alguersuari ne faisant plus les beaux jours de la filière Red Bull, Toro Rosso remplaça intégralement son duo en 2012 pour accueillir Jean-Eric Vergne et Daniel Ricciardo.

Les deux hommes ont fait équipe pendant deux saisons avant que l’Australien, vainqueur du duel qui les opposait aux yeux de Red Bull, ne passe dans l’équipe première en 2014, laissant sa place à Daniil Kvyat.

Mais pendant ces trois saisons, les performances ont été stagnantes, le nombre de points marqués et le classement final au championnat étant équivalent à la saison 2011, ce qui constituait une déception pour Red Bull, qui voulait voir Toro Rosso se rapprocher de sa première équipe.

2015 - 2017 : Le pari réussi de la jeunesse

L’arrivée des V6 et de Renault en 2014 n’avait pas fait d’effet positif, et c’est pour cela que Red Bull et Franz Tost décidèrent de repartir sur un duo 100% inédit et bien plus jeune. En 2015, deux fils de pilotes étaient alignés, avec Carlos Sainz Jr, 20 ans, et Max Verstappen, 17 ans.

Un pari qui semblait fou à l’époque, mais qui allait se révéler payant, puisque Toro Rosso inscrivait dès 2015 le double de points que celui de 2014. De 2015 à 2017, le team restera septième du championnat, avec des performances probantes.

Verstappen a toutefois fait long feu dans l’équipe puisqu’il a été promu chez Red Bull après une année et quatre courses, alors que Kvyat, promu en 2015 chez Red Bull Racing, faisait le chemin inverse.

Reconduits en 2017, Sainz et Kvyat ne finirent pas la saison dans l’équipe. Si l’Espagnol était prêté à Renault, le Russe payait sa fin de saison 2016 et son exercice 2017 catastrophiques, et était renvoyé de l’équipe et de la filière. Cela permettait à Toro Rosso d’aligner avec un peu d’avance son duo 2018 composé de Pierre Gasly et du revenant Brendon Hartley.

2018 - 2019 : Une carrière terminée sur une bonne note

Cette anticipation n’était pourtant pas des plus réussies puisque Toro Rosso était très nettement en retrait en 2018. Ce n’était toutefois aucunement la faute des pilotes, mais bien celle du choix de passer chez Honda pour préparer le terrain pour Red Bull en 2019.

Hormis trois belles performances de Gasly, avec une quatrième place à Bahreïn, une septième à Monaco et une sixième en Hongrie, l’année était compliquée et Hartley ne parvenait pas à se mettre dans le rythme, se faisant remercier en fin d’année.

En 2019, Kvyat était de retour aux côtés du débutant Alex Albon, alors que Gasly allait chez Red Bull. Le début de saison était mitigé mais le Russe signait le second podium de la carrière de Toro Rosso en Allemagne.

En fin de saison, un Gasly retrouvé après sa rétrogradation depuis Red Bull Racing engrangeait de nombreux points et signait un autre podium inattendu avec une superbe deuxième place au Brésil.

Le duo composé de Gasly et Kvyat sera donc prolongé en 2020 et l’équipe a déjà avoué viser le top 5 du classement, avec un châssis très bon et qui ne changera pas, et un moteur Honda en nette progression.

Après 14 saisons sous les couleurs Toro Rosso, une nouvelle page s’ouvre pour Faenza, un troisième chapitre après Minardi et Toro Rosso, et celui-ci pourrait bien être le plus réussi des trois, avec une stabilité qui pourrait permettre à AlphaTauri de signer une arrivée remarquée en F1.

Statistiques :

 14 saisons
 17 pilotes
 4 motoristes
 1 victoire
 1 pole position
 1 meilleur tour
 3 podiums
 500 points marqués
 56 tours en tête

AlphaTauri (Toro Rosso)

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