Pourquoi la Williams donne-t-elle l’impression de rouler sur trois roues

Un phénomène connu mais accentué en 2026 sur la FW48

Auteur : Franck Drui
9 avril 2026 - 10:58
Pourquoi la Williams donne-t-elle l’impression de rouler sur trois roues

Les pilotes Williams F1, Carlos Sainz et Alexander Albon, ont levé le voile sur une caractéristique persistante de leur monoplace, un phénomène technique qui continue de pénaliser l’équipe en ce début de saison 2026.

Arrivé chez Williams en 2025, Sainz a rapidement été surpris par un comportement particulier de la voiture : une tendance à réduire la charge sur le pneu avant intérieur dans certaines courbes, limitant ainsi l’adhérence.

Un ressenti que partage Albon, présent dans l’équipe depuis plusieurs saisons.

"Le manque d’adhérence à l’avant intérieur est un problème sur notre voiture depuis que je suis là, donc ce n’est pas nouveau," explique-t-il.

"Je pense que certains problèmes que nous avons rendent cette situation encore pire qu’avec l’ancien règlement."

Ce comportement, parfois comparé à une sensation de roulage sur trois roues, s’explique en réalité par une surface de contact réduite du pneu avec la piste.

"Le pneu n’est pas vraiment en l’air. Si vous regardez, il n’a simplement pas autant de surface de contact que les trois autres pneus au sol," détaille Albon.

Un problème connu de longue date chez Williams, notamment dans des enchaînements rapides : "Il y a cinq ans, l’un de nos pires virages était le double gauche des virages 9 et 10 à Bahreïn. C’était déjà un commentaire récurrent."

Avec la réglementation 2026 et la réduction globale d’appui aérodynamique, ce défaut est encore plus visible.

"Comme tout le monde roule avec moins d’appui, le problème ressort davantage. C’est donc un domaine sur lequel nous nous concentrons."

De son côté, Sainz révèle avoir signalé ce comportement dès ses premiers tours avec Williams en 2025.

"Oui, c’est un commentaire que j’ai fait à l’équipe dès 2025, dès que je suis monté dans la Williams," explique-t-il.

"La voiture avait cette caractéristique dynamique qui m’a surpris dès mon premier tour à Abu Dhabi lors des essais fin 2024. J’ai dû m’y adapter en début de saison, piloter autour de ce problème, régler la voiture en conséquence."

"Nous avons réussi à améliorer la situation et à développer la voiture au fil de la saison."

Mais le changement de réglementation a ravivé le problème !

"Dès que les règles ont changé et que l’appui global a diminué, le problème est réapparu. C’est quelque chose que nous essayons de corriger et d’analyser."

Les pilotes assurent avoir fourni des indications précises à l’équipe pour cibler ce défaut.

"Nous avons donné des directions très claires sur quand cela se produit, comment cela se produit et ce que nous ressentons," poursuit Sainz.

"L’équipe fait tout son possible pour comprendre ce qui, dans la voiture, génère ce phénomène."

Dans ce contexte, Williams a utilisé plusieurs séances d’essais libres comme de véritables sessions de tests, afin d’évaluer différentes solutions.

Après une solide cinquième place au championnat constructeurs en 2025, Williams connaît un début de saison plus compliqué, avec seulement deux points inscrits jusqu’ici, avec une neuvième place de Sainz en Chine.

La priorité est claire : réduire le poids de la FW48 et améliorer l’adhérence à l’avant. La pause imprévue du mois d’avril, consécutive à l’annulation de certaines courses, offre d’ailleurs une opportunité précieuse pour accélérer le développement.

Sainz attend une réaction rapide de son équipe, notamment en vue du Grand Prix de Miami.

"Je m’attends à ce que l’équipe fasse un énorme effort durant ce mois pour proposer quelque chose à Miami qui constitue une vraie étape en avant. Mais dans ce sport, tout est relatif. Vous pouvez apporter une grosse évolution, mais si les autres font de même, vous n’avez pas progressé, vous êtes toujours à trois dixièmes du milieu de peloton."

"Il s’agit surtout de savoir si vous progressez plus que les autres équipes. Nos axes de travail sont nombreux. Nous savons que nous avons beaucoup de poids à enlever de la voiture. Nous avons aussi beaucoup d’appui à ajouter. La question sera de savoir comment nous pourrons améliorer tout ça d’ici Miami."


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