’On fait des progrès qui ne se voient pas’ : Vasseur justifie le temps nécessaire pour faire gagner Ferrari

"Il n’y a rien de magique chez McLaren F1"

2 août 2025 - 14:53
’On fait des progrès qui ne se voient pas’ : Vasseur justifie le temps nécessaire pour faire gagner Ferrari

Frédéric Vasseur est heureux d’avoir été prolongé pour plusieurs années chez Ferrai, le PDG John Elkann ayant voulu privilégier la continuité et la stabilité au sein du team. Le Français explique à quel point cette idée lui tient aussi à cœur pour faire progresser la Scuderia.

"C’est une bonne nouvelle, c’est la continuité. Je pense que dans notre métier, c’est très important d’avoir de la stabilité. On est dans un milieu où on veut être très agile mais en fait où on a beaucoup d’inertie" a déclaré Vasseur à Canal+.

"Donc là, on est en train de constituer une équipe depuis deux ans mais les gens se sont réveillés il y a quelques mois. Je pense que globalement on fait des progrès, ça ne se voit pas toujours sur la différence entre nous et McLaren, mais au moins on est deuxièmes du championnat, c’est la deuxième année de suite."

"Et je pense qu’on fait des progrès en terme de structure, en terme de fiabilité, en terme de pit stops, et sur plein de sujets. Donc voilà, je pense que l’étape est importante, ça permet à tout le monde d’être focus sur la fin de l’année, sur le projet 2026 qui est aussi un énorme projet et que je pense c’était le bon moment, le bon timing pour le faire."

"C’est injuste de cracher au visage" des employés

Interrogé sur le fait qu’il puisse y avoir un "effet Vasseur" dans les prochains mois, le Français rappelle surtout qu’il y a une inertie entre les recrutements et les progrès : "L’effet Vasseur, je n’aime pas ça, parce que ce sont plus de 1500 personnes qui travaillent sur le projet. Ce n’est pas le projet d’une personne."

"Mais ce qu’on a des fois du mal à comprendre c’est que quand on commence à recruter, les personnes arrivent des fois deux ans après et travaillent sur la voiture de l’année N+3, et que ça crée une forme d’inertie. On a forcément une phase où l’on arrive, il y a des gens qui partent parce qu’ils ont envie de suivre d’autres personnes ou quoi que ce soit."

"Donc voilà, il y a beaucoup de délai, un petit peu dans la progression, mais je suis assez content du fait qu’on a fait deuxième l’année dernière, même si l’objectif c’était de gagner. Mais on était en progression, on est encore devant Mercedes et Red Bull et ça les gens ont très souvent tendance à l’oublier."

Récemment, Vasseur s’est énervé contre la presse italienne et les critiques ad personam lancées contre des cadres et des membres de la Scuderia. Il explique qu’il a détesté voir des noms incriminés dans les mauvaises performances de l’équipe.

"Je savais qu’en rejoignant Ferrari, on serait exposé à la presse. Mais si je me suis énervé la dernière fois, c’était parce qu’on commençait à mettre des gens, des noms de personnes de l’entreprise sous le bus. Et je trouve que c’est complètement injuste de d’aller cracher au visage de personnes de l’équipe quand ils sont rejoint l’équipe il y a quelques mois."

"Ils sont responsables en rien de ce qui se passe aujourd’hui et que mon job c’est aussi de les défendre. Moi quand j’ai signé chez Ferrari, je savais à quoi m’attendre. Eux peut-être un peu moins. Donc voilà, j’étais là pour les défendre et pas pour me défendre moi."

Une émulation entre les pilotes et avec eux

Vasseur connait ses pilotes depuis qu’ils étaient en formules de promotion, et il explique en quoi il est en train de bâtir une émulation parfaite avec Charles Leclerc et Lewis Hamilton : "On a besoin d’une relation qui est un petit peu particulière, parce qu’on a besoin à la fois très très bien s’entendre et ça je pense que tous les trois on se connaît."

"Enfin moi je connais les deux séparément depuis 20 ans et on s’entend très bien tous les trois. Mais on a aussi besoin d’une forme d’émulation en permanence de compétition entre eux et moi, et entre eux tous les deux. On est en train de créer cette dynamique là. Je pense que Lewis a eu un début de saison un peu difficile."

"On avait certainement sous-estimé le challenge pour lui de passer de l’environnement Mercedes chez nous. Il est en train de revenir de revenir assez fort. Il a été très performant lors des dernières qualifs à part Spa, et à Spa, il a fait une course exceptionnelle. Donc je pense qu’on va aussi bénéficier du retour en forme de Lewis."

Hamilton a récemment déclaré qu’il voulait être champion du monde avec Ferrari, et donc sous les ordres de Vasseur. Le principal intéressé reste prudent mais se félicite d’avoir un soutien absolu de son duo de pilotes.

"On verra quand on y arrivera ! Oui, je suis content. Enfin forcément, je suis content parce que j’apprécie le personnage, j’apprécie Lewis, on se connaît depuis longtemps, on a gagné dans le passé ensemble et que c’est important pour moi de savoir que j’ai le soutien des pilotes. Parce que dans une équipe, quand on n’a plus le soutien des pilotes, c’est fini."

"Donc voilà, ils sont impliqués et vraiment convaincus tous les deux qu’on fait des pas en avant, qui se voient pas toujours, mais qu’on essaie dans la dans la structure de l’équipe de progresser, et ça marche, c’est crucial."

Hamilton ne fait pas les choses différemment des autres

Le patron de Ferrari reconnait que les problèmes sont possiblement nombreux, mais pas très graves, et que la Scuderia doit juste progresser de manière constante et globale. Il explique quelle est la place des pilotes dans ce processus : "Vous voyez le la partie visible de l’iceberg du métier du pilote le weekend quand ils conduisent la voiture."

"Mais on a tout ce qu’on fait en dehors de préparation des weekends, des réunions techniques, de collaboration. Et forcément ils apportent leur pierre à l’édifice en se disant qu’on serait peut-être meilleurs en changeant ça ou en travaillant un peu plus sur cette partie de la voiture ou quoi que ce soit."

"Mais Lewis ne fait pas différemment de Charles, ne fait pas différemment de Carlos l’année dernière et ne fait probablement pas différemment de Jackie Ickx en 1974. C’est un travail continu qui a lieu sur la piste et à l’usine tous les jours, il apporte sa contribution et je pense que ça fait partie des caractéristiques de Lewis."

"Il était déjà comme ça il y a 20 ans. Il pousse tout le monde à la limite et c’est ça qui est bon parce que c’est ça qui nous fait progresser et nous pousse dans nos retranchements dans tous les domaines de l’entreprise."

"Il y a pas quelque chose de magique sur la McLaren. C’est probablement qu’ils sont un peu meilleurs que nous dans 10 départements et il faut qu’on arrive à extraire le meilleur de tout le monde, et Lewis fait partie de ce système."

"Le développement de 2026 est crucial"

Comme toutes les autres équipes, Ferrari doit travailler sur deux programmes en parallèle, et Vasseur reconnait que ce n’est pas le plus facile à faire pour un team. Sacrifier 2026 n’est pas une option, mais le Français refuse d’oublier la fin de saison 2025.

"C’est là où faut être un peu schizophrène, c’est qu’on est à la fois complètement concentrés sur la fin de saison parce qu’on se dit qu’il faut finir deuxièmes au championnat, et qu’il faut gagner des courses."

"On met beaucoup d’énergie là-dedans. Mais on sait aussi que le développement du projet 2026, il est crucial. Il est crucial pour 2026 mais aussi pour les années suivantes. Donc on est déjà depuis quelques semaines ou mois complètement concentrés à l’usine sur 2026."

"Mais on a un bout de notre tête qui veut aussi que ça marche à Budapest, à Zandvoort, à Monza et gagner des courses. C’est la c’est la meilleure façon d’être motivés, cette dynamique des résultats. Et la meilleure façon de construire une équipe."


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