Le bilan est amer pour Mercedes F1 avant la fin du cycle 2022-2025
Quatre saisons d’apprentissage et de remise en question
À l’aube de la fin du cycle réglementaire consacré au retour de l’effet de sol, Mercedes F1 dresse un bilan lucide de ses quatre saisons, de 2022 à 2025.
L’écurie de Brackley, forte de huit titres constructeurs consécutifs avant l’introduction des nouvelles règles en 2022, n’est jamais parvenue à retrouver la dynamique qui avait fait sa domination. Et aujourd’hui, ses dirigeants admettent clairement que l’équipe est passée à côté de ce virage technique majeur.
Lorsque les monoplaces de l’ère 2022 sont révélées, Mercedes surprend tout le paddock avec une W13 radicale, dépourvue de véritables pontons. Le fameux concept "zéro ponton" intrigue autant qu’il inquiète, mais l’idée ne portera jamais ses fruits.
Relégué à une lointaine troisième place au championnat, le team ne décroche qu’une seule victoire cette saison-là. Très vite, d’autres faiblesses apparaissent : marsouinage violent, fenêtre d’exploitation réduite, instabilités chroniques. Le pari technique se transforme en impasse, confirmée dès le Grand Prix de Monaco 2023 où Mercedes introduit une voiture bien plus conventionnelle, enterrant définitivement le concept initial.
Andrew Shovlin, directeur de l’ingénierie piste, ne cherche pas d’excuses.
"Pour nous, ce cycle réglementaire n’a pas été très agréable et s’est révélé extrêmement frustrant," reconnaît-il.
"Cela a fait de nous de meilleurs ingénieurs, et nous avons beaucoup appris au fil de ces règles, car nous avons dû accepter le fait que nous n’avons tout simplement pas fait un travail assez bon."
Shovlin explique que si certains problèmes n’étaient visibles qu’une fois la voiture en piste, d’autres choix ultérieurs auraient pu être évités.
"Même si le point de départ était difficile à contourner, car beaucoup de choses sont devenues évidentes lorsque la voiture 2022 a commencé à rouler, nous pouvons malgré tout revoir certaines décisions qui, si c’était à refaire, auraient été prises très différemment."
La franchise de l’ingénieur est notable : Mercedes ne se donne pas une bonne note sur cet ère de l’effet de sol. Pourtant, il souligne le positif que la discipline en a tiré.
"De notre côté, nous ne nous mettrions pas une note élevée. Mais ces règles ont produit de belles courses au début. Aujourd’hui le peloton est si compact, il y a de l’incertitude sur le vainqueur, mais le fait est que nous ne voyons presque plus de dépassements."
Shovlin constate donc une forte convergence des performances, similaire à ce qui avait été observé lors des premiers mois des nouvelles règles, mais estime que ce cycle touche à sa limite.
"Il y avait davantage de diversité dans les débuts de ces règlements. Maintenant, nous sommes tournés vers le prochain défi, et impatients de ramener Mercedes aux avant-postes."
Si la période n’a pas été simple, Mercedes vise au moins une conclusion satisfaisante : une deuxième place au championnat constructeurs, loin derrière McLaren, mais devant Red Bull et Ferrari. À trois manches de la fin, l’écurie possède une marge qui commence à devenir confortable, 32 points d’avance sur Red Bull, 36 sur Ferrari.
Ensuite, après seulement sept victoires depuis 2022, à date, Mercedes veut désormais tourner la page pour le règlement 2026, considéré comme une occasion de repartir de zéro.
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