La F1 tarde à se décider sur Bahreïn et l’Arabie saoudite, une date butoir enfin fixée
Une décision attendue par les équipes, les pilotes et les fans
La Formule 1 pourrait bientôt se résoudre à annuler ses deux courses prévues en avril au Moyen-Orient, alors que le conflit déclenché par des frappes aériennes américano-israéliennes contre l’Iran continue de s’intensifier. Mais si la perspective d’un abandon des Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite se précise, un bras de fer financier complique et retarde toute annonce officielle.
Les tensions dans la région ont pris une tournure alarmante ces derniers jours. Des attaques iraniennes par missiles et drones ont frappé Bahreïn, touchant notamment un immeuble résidentiel, l’hôtel Crowne Plaza Manama – utilisé par plusieurs équipes de Formule 1 – ainsi qu’un champ pétrolier et une usine de dessalement. Plusieurs personnes ont été blessées lors de ces frappes.
Le circuit international de Bahreïn, qui accueille habituellement le Grand Prix, se situe à seulement 30 kilomètres de la capitale Manama, ce qui renforce les inquiétudes autour de la sécurité de l’événement.
Mise à jour à 16h48 : Il semblerait que les équipes aient reçu aujourd’hui la confirmation de l’annulation, sans remplacement, des deux Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite. L’annonce devrait être faite samedi ou dimanche lors du Grand Prix de Chine en cours. Nous vous laissons lire l’article originel publié ci-dessous.
Une décision attendue avant le 20 mars
Selon plusieurs sources, une décision doit intervenir au plus tard le 20 mars. Cette date correspondrait à la limite pour organiser la logistique du transport du matériel après le Grand Prix du Japon.
La situation est d’autant plus délicate que les équipes avaient laissé l’intégralité de leurs installations de garage à Sakhir à l’issue des essais hivernaux de février. Par ailleurs, un second ensemble d’équipements est déjà prêt à Djeddah pour la course saoudienne. L’ensemble de ce matériel se retrouve désormais bloqué dans l’attente d’une décision.
Le quotidien allemand Bild affirme que l’annulation du Grand Prix de Bahreïn, prévu le 12 avril, est désormais pratiquement certaine. Mais la question centrale reste de savoir qui prendra officiellement la décision.
Si l’organisateur local devait annuler lui-même l’événement, il devrait assumer des coûts estimés à environ 40 millions de dollars.
À l’inverse, si c’est la Formule 1 qui décide d’annuler la course, Bahreïn serait dispensé de payer ses frais d’accueil annuels, évalués à environ 45 millions de dollars.
Les deux parties discuteraient actuellement d’un compromis financier afin de partager les pertes.
"La question cruciale est de savoir qui annulera le Grand Prix," rapporte Bild. "Selon les informations du paddock, les deux parties négocient actuellement un compromis financier. Sans l’étape à Bahreïn, il est pratiquement impossible d’acheminer le matériel vers l’Arabie saoudite à temps."
Pour l’instant, ni la FIA ni la Formule 1 n’ont souhaité commenter publiquement la situation, évoquant des discussions toujours en cours.
Le quotidien italien Corriere della Sera rapporte toutefois que Nikolas Tombazis, responsable technique de la FIA, a refusé de répondre aux questions concernant un éventuel renumérotage du calendrier. Le Grand Prix de Miami, actuellement désigné comme la sixième manche de la saison, pourrait théoriquement changer de numéro si des courses étaient annulées.
La question n’est pas anodine : le règlement technique déclenche certains droits de développement moteur pour les équipes les moins performantes précisément au moment du 6e Grand Prix. Celui-ci interviendrait bien plus tard, pour Honda notamment, si deux courses manquent en avril et que la FIA renumérote les courses. Peu probable.
Interrogé à Shanghai sur la rapidité avec laquelle il souhaiterait une décision concernant les deux Grands Prix, Komatsu, directeur de l’écurie Haas F1, a expliqué qu’une décision rapide serait bénéfique pour toutes les parties prenantes.
"Honnêtement, le plus tôt sera le mieux. Vous savez, je suis sûr que chacun gère des problèmes dont je n’ai pas connaissance. Donc je ne sais pas. Mais évidemment, pour l’équipe, plus tôt nous le saurons, mieux ce sera. Nous le saurons dans une semaine au maximum, c’est certain. J’en suis sûr. C’est un problème majeur. Honnêtement, plus tôt nous le saurons, mieux ce sera."
Pour Mike Krack, directeur piste chez Aston Martin F1, "c’est une situation difficile, mais elle l’est pour tout le monde. Je crois que la F1 et la FIA font tout leur possible pour prendre la bonne décision et nous devons la respecter. On peut toujours trouver des arguments pour ou contre, comme une annulation anticipée ou la poursuite du championnat. Il nous faut donc envisager deux scénarios, voire plus s’il y a un remplacement ou d’autres éventualités."
"Les écuries de Formule 1 sont des organisations très flexibles et réactives. Nous nous adapterons à la décision prise et je suis certain que la bonne décision sera prise."
Chez Audi F1, Jonathan Wheatley pense que "nous suivons les directives de la FIA et de la Formule 1, comme toujours. Elles nous ont toujours guidés dans la bonne direction. Personne ne fera de compromis sur quoi que ce soit qui puisse mettre les équipes dans une situation délicate."
"Nous sommes tous capables de… L’un des aspects les plus importants de notre activité est la logistique, non seulement le transport des pièces, mais aussi celui du personnel à travers le monde. Les équipes excellent dans ce domaine. Si un problème survenait à ce niveau, ce ne serait qu’un contretemps, nous le gérerions. Honnêtement, je ne vois aucun véritable problème."
Du côté d’Alpine F1, Flavio Briatore s’est lui dit "entièrement d’accord avec ce que dit Jonathan".
L’Arabie saoudite tente de sauver sa course
Le Grand Prix d’Arabie saoudite, prévu le 19 avril à Djeddah, reste pour l’instant officiellement maintenu au calendrier. Les autorités locales feraient tout leur possible pour préserver l’événement.
Sur les réseaux sociaux, le commentateur saoudien Ibrahim a ainsi affirmé que "la course aura lieu comme prévu et ne sera pas annulée, contrairement à ce que prétendent les vulgaires médias occidentaux".
En coulisses, les organisateurs saoudiens proposeraient notamment de mettre à disposition des vols privés pour tous les participants et mettraient en avant leurs systèmes de défense aérienne. Mais ces arguments devraient difficilement convaincre les décideurs de la Formule 1.
Dans ce contexte, certains évoquent déjà des solutions alternatives. Le circuit de Fuji, au Japon, propriété de Toyota, aurait été envisagé comme possible piste de remplacement.
Selon RMC Motori, le constructeur japonais, fortement engagé auprès de Haas F1, serait prêt à financer l’organisation d’une course sur ce tracé.
Cependant, les contrats télévisés de la Formule 1 n’imposent qu’un minimum de 22 Grands Prix. Or le calendrier initial de 24 courses offre déjà une marge suffisante, ce qui laisse penser qu’aucune manche de remplacement ne serait recherchée si Bahreïn et l’Arabie saoudite venaient à être retirés du programme. Le seul souci serait de laisser les fans de F1 sans course pendant 5 semaines. Supportable.
Verstappen prêt à profiter d’un éventuel trou dans le calendrier
Interrogé à Shanghai sur la possibilité de profiter d’une éventuelle pause dans le calendrier pour participer à une course d’endurance de préparation en plus en Allemagne, Max Verstappen est resté fidèle à son style mesuré.
Le quadruple champion du monde pourrait en effet envisager de prendre part à une manche qualificative de la Nürburgring NLS prévue le même week-end que le Grand Prix d’Arabie saoudite.
"Si quelque chose se passe avec le calendrier, je regarderai ce qui est possible," a-t-il simplement indiqué.
Mise à jour à 16h48 : Il semblerait que les équipes aient reçu aujourd’hui la confirmation de l’annulation, sans remplacement, des deux Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite. L’annonce devrait être faite samedi ou dimanche lors du Grand Prix de Chine en cours.
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