’Je sens que j’ai ma place en F1’ : Antonelli s’est révélé après une saison mouvementée
Doutes, pression et déclic : des hauts et des bas dans la saison de Kimi
Kimi Antonelli a survécu à sa première saison complète en Formule 1 en 2025. Mieux encore, il a terminé l’année sur une note nettement plus encourageante. Mais avant de commencer à réellement s’épanouir dans les dernières courses, le jeune pilote Mercedes a longtemps peiné à répondre aux attentes placées en lui.
Ses débuts avaient pourtant été prometteurs. À Melbourne, Antonelli avait impressionné en remontant de la 16e place sur la grille jusqu’à une solide quatrième position à l’arrivée. Il s’était également illustré à Miami, où il avait décroché la pole position pour la course Sprint, avant de monter pour la première fois sur un podium de Formule 1 à Montréal, en juin.
Mais l’été a marqué un net coup d’arrêt. Après l’introduction d’une nouvelle suspension sur la Mercedes, l’Italien a perdu ses repères. Malgré sa bonne connaissance des circuits européens, les résultats ont chuté et la dynamique s’est inversée.
Ce n’est que récemment que sa forme s’est redressée. En novembre, il a signé à nouveau une performance de référence en terminant deuxième au Brésil, un résultat qui a commencé à justifier les attentes suscitées avant la saison. Il a confirmé ce regain de forme à Las Vegas, en remontant de la 17e place sur la grille jusqu’au troisième rang, profitant de la disqualification des McLaren.
Antonelli ne dresse pas un bilan totalement satisfait de son année.
"D’une certaine manière, je suis content de ce que j’ai fait. D’une autre, pas vraiment," reconnaît-il auprès du Financial Times.
"Depuis que nous avons introduit la nouvelle suspension, j’ai fait un pas en arrière et j’ai eu l’impression de ne plus pouvoir suivre la même progression. J’ai vraiment eu du mal à m’adapter et je suis entré dans une spirale où je n’arrivais plus à bien piloter, avec un esprit clair. Je pilotais avec très peu de confiance. Depuis que nous sommes revenus à l’ancienne suspension, j’ai commencé à retrouver mes sensations."
Les comparaisons avec Max Verstappen étaient inévitables. Lors de sa première saison en F1, le Néerlandais avait régulièrement marqué de gros points avec Toro Rosso, se mesurant avantageusement à Carlos Sainz. À l’exception du Grand Prix du Brésil, Antonelli a toutefois eu du mal à rivaliser avec son équipier George Russell, double vainqueur cette saison et présent sur le podium dans près de la moitié des courses.
L’Italien voit néanmoins en Russell une référence idéale à ce stade de sa carrière, d’autant que Mercedes conservera son duo de pilotes l’an prochain, alors que l’équipe est attendue parmi les favorites avec les nouvelles réglementations techniques.
"Je pense qu’il fait probablement partie des trois meilleurs pilotes de la grille en ce moment," affirme Antonelli à propos de Russell.
"Il est à son pic de performance. Il a l’expérience, il est très rapide. Cette saison a probablement été la meilleure de sa carrière jusqu’ici, et il montre une grande constance. C’est donc un vrai défi de se mesurer à lui."
"Il a montré que, quand il a la voiture, il peut battre tout le monde. L’avoir comme équipier a été difficile, mais ça m’a vraiment aidé à me pousser encore plus loin, à passer un cap. C’est pour ça que je pense que l’an prochain sera une très bonne chose. Maintenant que je gagne en confiance, je commence à le challenger un peu, ce qui est bénéfique pour nous deux, car ça nous pousse à progresser encore davantage."
Si son père, l’ancien pilote Marco Antonelli, accompagne souvent son fils sur les Grands Prix, Toto Wolff joue un rôle tout aussi central dans son développement, à la fois comme patron et mentor.
"Nous avons une bonne relation avec Toto," explique Antonelli.
"Il a parfois été dur avec moi quand c’était nécessaire. Mais il fait ça parce qu’il veut le meilleur pour moi. Même quand il est exigeant, j’essaie d’utiliser ça comme un carburant pour faire encore mieux la fois suivante."
Au-delà des difficultés techniques, Antonelli admet que la charge mentale et physique de la Formule 1 l’a parfois submergé.
"Ce que nous faisons aujourd’hui, ce n’est plus seulement piloter la voiture ; nous avons beaucoup d’événements marketing, nous représentons énormément de sponsors, pas seulement pendant les week-ends de course mais aussi sur notre temps libre."
"À un moment donné, il faut savoir prioriser le repos ; on ne peut pas taper en permanence. Je suis encore en train de trouver mon équilibre."
Pour Antonelli, la F1 exige bien plus que du talent brut.
"La vitesse est très importante, mais ce n’est pas seulement une question de vitesse. Il faut assembler tous les petits détails, bien gérer son énergie tout au long du week-end, du jeudi au dimanche, et s’assurer d’être à 100 % dans la voiture. Quand on rentre à l’hôtel, il faut bien manger, bien dormir ; toutes ces choses font la différence. Dans les catégories juniors, on peut s’en sortir avec du talent et de la vitesse pure. En F1, on affronte les meilleurs pilotes du monde, avec énormément d’expérience."
Malgré les hauts et les bas, Antonelli estime avoir franchi un cap fondamental.
"Je ressens clairement que j’ai ma place en Formule 1 maintenant. Cette saison a été des montagnes russes, avec de très bons moments et quelques périodes difficiles. Très tôt, j’ai compris que la F1 ne se résume pas au talent : il faut travailler dur et analyser chaque détail possible."
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