Hamilton et Leclerc, le bouclier qui protège Vasseur selon Villeneuve
Le Français mérite-t-il davantage de temps chez Ferrari ?
La pression qui entoure Frédéric Vasseur chez Ferrari ne constitue rien d’anormal aux yeux de Jacques Villeneuve. Alors que l’avenir du Français a fait l’objet de nouvelles spéculations, le champion du monde 1997 estime que les critiques représentent simplement le "prix à payer" lorsqu’on occupe une fonction aussi exposée à Maranello. Le Canadien identifie toutefois une faiblesse plus profonde dans l’organisation italienne : contrairement à Toto Wolff chez Mercedes, Vasseur ne dispose pas d’un contrôle total sur les décisions de son équipe.
Les spéculations autour de la position de Vasseur se sont intensifiées ces derniers temps, alimentées notamment par les rumeurs faisant de l’ancien patron de Red Bull Christian Horner un candidat potentiel à un rôle de direction chez Ferrari.
Face à cette situation, la Scuderia a publiquement renouvelé son soutien à Vasseur lors d’une intervention médiatique inhabituelle organisée avant le Grand Prix de Bahreïn en Malaisie. Lewis Hamilton et Charles Leclerc ont également pris la défense de leur directeur.
Interrogé sur la situation pendant les essais libres à Sepang, Villeneuve estime cependant que Vasseur doit accepter cette exposition médiatique en raison de sa position au sommet de l’organigramme.
"Le directeur d’équipe n’est jamais le bouc émissaire, il est au sommet de l’organisation. Quand les choses vont bien, il paraît formidable. Et quand elles ne vont pas bien, c’est lui qui prend les coups."
Pour le Canadien, cette pression ne constitue d’ailleurs pas une particularité de la situation actuelle de Vasseur. Elle accompagne historiquement tous ceux qui choisissent de rejoindre Ferrari, où les périodes de réussite comme les passages plus difficiles prennent rapidement une ampleur considérable.
"C’est normal et quiconque rejoint Ferrari, pas seulement un directeur d’équipe, sait que c’est le prix à payer. Cela s’accompagne d’un lourd bagage : ’Vous êtes fantastique lorsque vous êtes performant, mais après deux ou trois mauvaises courses, le monde entier est contre vous’, au moins dans les médias."
Villeneuve considère cette pression comme indissociable de l’histoire et du statut de Ferrari en Formule 1.
"Cela a toujours été comme ça. Cela a été le cas pour d’autres directeurs d’équipe, des pilotes, des ingénieurs, tout le monde. C’est simplement le prix à payer lorsqu’on fait partie de la plus grande équipe de tous les temps."
Vasseur a-t-il déjà eu suffisamment de temps ?
Invité à dire si Vasseur méritait davantage de temps pour mener son projet à terme, Villeneuve s’est montré beaucoup moins catégorique.
Le Français occupe ses fonctions depuis quatre saisons et, pour l’ancien pilote Williams, la question doit également être mise en perspective avec le traitement réservé à ses prédécesseurs.
"Je ne sais pas. Est-ce que les autres méritaient davantage de temps ? Il a déjà eu plus de temps que beaucoup d’autres."
Vasseur bénéficie néanmoins d’un soutien que Villeneuve considère comme important : celui de ses pilotes. Hamilton comme Leclerc ont publiquement défendu leur directeur alors que les interrogations entourant son avenir se multipliaient.
"Je pense que la grande différence aujourd’hui, c’est qu’il est également protégé par Lewis et Charles, ce qui est une bonne chose."
Au-delà du cas personnel de Vasseur, Villeneuve estime toutefois que les difficultés de Ferrari à mettre fin à une attente de près de deux décennies pour retrouver les titres mondiaux s’expliquent aussi par son organisation. Et c’est précisément sur ce point que le Canadien établit une comparaison avec Mercedes.
Selon Villeneuve, la différence fondamentale réside dans le niveau d’autorité accordé au directeur d’équipe. Chez Mercedes, Toto Wolff occupe une position lui permettant de prendre directement les décisions importantes sans dépendre d’une autorité supérieure au sein de la marque.
"Si vous regardez d’autres équipes comme Mercedes et Toto Wolff, c’est lui qui prend toutes les décisions. Il n’y a personne au-dessus de lui. Et il est également propriétaire d’une partie de l’équipe (un tiers, ndlr), comme c’était le cas autrefois dans les équipes."
"Vous n’avez pas cela chez Ferrari. Vasseur n’a pas un contrôle total sur ce qui se passe ni sur la prise de décision."
Cette différence serait particulièrement importante dans l’environnement extrêmement réactif de la Formule 1. Pour Villeneuve, répartir les décisions entre plusieurs personnes ou plusieurs niveaux hiérarchiques ne permet pas d’agir suffisamment rapidement. Son jugement sur une direction reposant sur un fonctionnement collectif est ainsi sans ambiguïté.
"Un comité, ça ne fonctionne pas. C’est trop lent."
"En F1, il faut être réactif, il faut être rapide."
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