Hamilton allume des F1 ‘ridiculement complexes’ et ‘plus lentes que des F2’

Même si les sensations ne sont pas si mauvaises !

Hamilton allume des F1 ‘ridiculement complexes’ et ‘plus lentes que des F2’
11 février 2026 - 15:42

Les pilotes continuent de débattre au sujet du pilotage et du comportement de ces nouvelles F1 2026. Sur le plan de l’apparence visuelle, elles semblent plutôt convaincantes, voire carrément séduisantes.

Mais sur le plan du pilotage ? Du spectacle ? Qu’en pensent les premiers concernés, c’est-à-dire le pilote ?

L’une des références du paddock, Lewis Hamilton, a forcément une voix très écoutée. Le pilote Ferrari est bien sûr ravi de se débarrasser des F1 à effet de sol, qui lui ont si peu réussi... mais aime-t-il pour autant ces F1 plus complexes technologiquement ?

Eh bien finalement, Lewis Hamilton a vu… rouge. Devant la presse à Bahreïn, après ses essais privés ce matin, le Britannique n’a pas été tendre avec le nouveau règlement ! Certes, il a pris la piste lors d’une matinée venteuse et poussiéreuse, mais le tableau qu’il dressait était bien plus sombre que ses précédents commentaires à Barcelone.

« Ça ne semblait pas trop mal à Barcelone. Ici à Bahreïn, c’est très venteux, il fait beaucoup plus chaud, donc c’est beaucoup plus dur de trouver le bon équilibre. Mais je pense que tout le monde a du mal avec ça. »

Est-il vrai que l’arrière de ces F1 soit en particulier complexe à manier ? Le manque d’appui aérodynamique (20 ou 30 % de moins) se fait-il sentir à ce point ?

« En réfléchissant aux nouvelles voitures, il y a beaucoup moins d’appui aérodynamique, oui. La voiture est plus courte, elle est plus légère, et elle est en fait plus facile à rattraper. C’est assez amusant, ça ressemble beaucoup au rallye. »

Lewis Hamilton lance alors une phrase choc : une F1 2026 serait plus lente qu’une F2… au moins sur le ressenti, car sur le plan du chrono, ce ne sera certainement pas le cas (2 ou 3 secondes d’écart au maximum).

« Ouais, je pense qu’on est plus lents que la F2, là tout de suite, non ? Enfin, c’est l’impression que ça donne. »

Les chronos de la première séance d’essais privés à Bahreïn étaient cependant neuf secondes plus rapides que la pole position de la Formule 2 à Sakhir en 2025.

Lewis Hamilton admet tout de même que son opinion (par ailleurs fausse donc) doit encore être affinée, tant ces voitures sont au début de leur développement…

« Je pense qu’pour le moment, ça ne ressemble en rien à avant, et il est vraiment trop tôt pour le dire. Avec la voiture de base que nous avons, nous essayons encore de tester différentes choses. Nous essayons toujours de trouver la fenêtre dans laquelle elle aime fonctionner. »

« Nous n’avons pas optimisé les pneus, pas encore optimisé le package aéro, la hauteur de caisse, l’équilibre mécanique, toutes ces différentes choses. »

« Donc, je ne vais pas juger ça maintenant. Les sensations n’étaient pas géniales aujourd’hui avec le vent. C’est très, très venteux ici — le plus venteux dont je me souvienne ici. »

« Il faut prendre ça avec des pincettes. En plus, c’est le premier jour ici [et] le matin, ce n’est jamais amusant. »

Sur le plan du ressenti, il dit finalement avoir eu de bonnes sensations… mais contrebalance tout de suite cette opinion en pestant contre la complexité de la gestion de l’énergie. Et les compromis qu’il faut faire sur un tour de qualif.

« Mais en général, comme je l’ai dit lors du dernier test, c’est une voiture plus amusante à conduire. »

« À Barcelone par exemple, vous faites 600 mètres de lift and coast sur un tour de qualification. Ce n’est pas ça, la course. »

« Les rapports inférieurs que nous devons engager, c’est juste parce que nous ne pouvons pas récupérer assez d’énergie de la batterie. »

« Nous ne pouvons pas récupérer assez d’énergie de la batterie, c’est pourquoi nous devons faire monter les moteurs très, très, très haut dans les tours. »

« Donc nous descendons en seconde et en première à certains endroits juste pour essayer de récupérer ce petit surplus de puissance. »

« Aucun fan ne va comprendre ça… »

« C’est tellement complexe. C’est ridiculement complexe. J’étais assis dans une réunion l’autre jour et ils nous expliquaient le truc, et c’est comme s’il fallait un diplôme pour tout comprendre. »

« En termes de gestion, c’est assez simple je dirais. Peut-être qu’en configuration de course ce sera différent, on verra. »

« Mais il y a aussi un système qui peut automatiquement… une fois que vous finissez un tour, il apprend votre façon de conduire. Mais disons par exemple que vous bloquez une roue et sortez large, vous couvrez plus de distance, cela affecte cet algorithme. »

« Donc on essaie juste de maîtriser le sujet et de comprendre. Mais tout le monde est dans le même bateau. »

Quel nouvel ingénieur de course pour Lewis Hamilton ?

La complexité du pilotage des nouvelles F1 renforcera encore plus le rôle des ingénieurs de course, et l’importance d’une bonne communication entre eux et le pilote… Or Lewis Hamilton est toujours sans ingénieur de course attitré !

Son ingénieur de course lors des tests de Bahreïn, Carlo Santi, ne restera en poste que pour « quelques courses » avant d’être remplacé par un autre ingénieur.

Lewis Hamilton n’a donc toujours pas trouvé un ingénieur pour remplacer de manière pérenne Riccardo Adami. Le temps commence à presser ! Du reste, pourquoi a-t-il prié Adami d’aller voir ailleurs ? Le courant ne passait pas à ce point ?

« C’était évidemment, concernant Riccardo, une décision très difficile à prendre. »

« Je suis vraiment reconnaissant pour tous les efforts qu’il a fournis l’année dernière et sa patience, car comme vous le savez, c’était une année difficile pour nous tous. »

« C’est en fait une période assez difficile, car ce n’est pas du long terme. La solution que j’ai actuellement, ce n’est que pour quelques courses. »

« Donc si tôt dans la saison, ça va changer de nouveau, et je devrai apprendre à travailler avec quelqu’un de nouveau. Donc c’est préjudiciable pour moi aussi. »

« Car c’est une saison où vous voulez arriver avec des gens qui ont fait plusieurs saisons, qui ont traversé des épreuves ensemble, et qui sont calmes. »

« Mais c’est la situation à laquelle je suis confronté, et j’essaierai de faire de mon mieux. Je pense que l’équipe essaie de faire de son mieux pour que la transition soit aussi fluide que possible. »

L’ancien ingénieur de performance piste d’Oscar Piastri, Cedric Michel-Grosjean, fait partie des noms cités pour succéder à Adami. Il a récemment liké un post sur LinkedIn du directeur d’équipe de Ferrari, Fred Vasseur, ce qui a bien sûr renforcé les spéculations…


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