Gasly se demande comment le top 4 de la F1 a fait pour rester le même
"Faire mieux avec presque 50 % de temps en moins"
Pour la nouvelle ère réglementaire de la Formule 1, beaucoup s’attendaient à un bouleversement profond de la hiérarchie. Pourtant, les premiers indices observés lors des essais hivernaux semblent indiquer que les forces en présence n’ont pas tant changé que cela. Une situation qui surprend même certains pilotes du plateau, à commencer par Pierre Gasly.
La révolution technique introduite en 2026 devait rebattre les cartes en Formule 1. Mais selon Gasly, les premières tendances suggèrent que les équipes dominantes ont une nouvelle fois réussi à conserver leur avance.
Interrogé par l’AFP, le pilote Alpine s’est dit étonné de voir les quatre formations traditionnellement en tête - Mercedes, Ferrari, Red Bull et McLaren - toujours occuper le sommet de la hiérarchie.
"Nous verrons la hiérarchie après trois ou quatre courses," a expliqué Gasly. "Mais c’est assez surprenant de voir les quatre meilleures équipes toujours devant, sachant que ce sont celles qui disposent du moins de temps en soufflerie."
Depuis 2021, la Formule 1 applique en effet le système ATR (Aerodynamic Test Restriction), qui accorde davantage de temps de développement aérodynamique aux équipes les moins bien classées afin de réduire les écarts de performance.
Pour le Français, les conclusions tirées des premiers roulages soulèvent donc quelques interrogations.
"Il y a certaines questions à se poser," a-t-il poursuivi. "C’est surprenant qu’ils parviennent à faire mieux avec presque 50 % de temps en moins. S’ils avaient le même temps que tout le monde, qu’est-ce que cela donnerait ? Trois secondes d’avance ?"
Après avoir terminé dernier du championnat constructeurs 2025, Alpine a entamé une profonde réorganisation. L’écurie d’Enstone a notamment abandonné son moteur Renault pour adopter une unité de puissance Mercedes à partir de cette saison.
Ce changement stratégique s’est accompagné d’un travail anticipé sur la monoplace 2026. Malgré cela, Gasly estime qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives.
"C’est mieux que l’an dernier, mais il est encore trop tôt pour connaître la hiérarchie exacte," a-t-il confié.
Pour l’instant, le Français a surtout l’impression que le plateau est divisé en deux groupes bien distincts.
"Pour l’instant, on dirait qu’il y a deux championnats. L’écart est assez important entre les équipes de tête et le reste du peloton. Nous semblons quelque part au milieu."
Des voitures très différentes à piloter
Comme plusieurs de ses rivaux, Gasly souligne également que les nouvelles monoplaces offrent des sensations très différentes au volant, notamment en raison des performances globales revues à la baisse et du rôle accru de l’énergie électrique.
"Quand on prenait un virage à 250 km/h l’an dernier et qu’on le prend cette année à 220 km/h, ce n’est pas la même sensation," a-t-il expliqué.
"Ce n’est pas forcément pire, c’est simplement un défi différent. Piloter la voiture reste extrêmement excitant."
"La seule chose qui est plus difficile à accepter, c’est toute la composante électrique. Elle a un impact énorme sur la performance et demande beaucoup plus de gestion qu’avant."
Schumacher critique une F1 devenue trop complexe
L’ancien pilote de Formule 1 Ralf Schumacher a réagi à ces propos dans le paddock de l’Albert Park et partage certaines de ces préoccupations. Il se dit lui aussi surpris par la manière dont le paddock découvre certaines conséquences des nouvelles règles.
"Ce qui me surprend le plus, c’est qu’avec tous ces cerveaux brillants et toutes ces simulations, ce n’est que maintenant que les gens réalisent à quel point ces problèmes sont complexes," a-t-il déclaré.
"C’est bon pour les journalistes, mais ce n’est pas bon pour la Formule 1."
L’Allemand se montre particulièrement compréhensif envers les pilotes qui se plaignent de la gestion énergétique.
"Je suis d’accord avec Pierre ou aussi avec Max (Verstappen) : il faut beaucoup trop calculer avec l’énergie électrique," a-t-il estimé. "La performance globale est nettement plus faible et les voitures restent considérablement lourdes."
"La Formule 1 est simplement devenue trop complexe."
Si un changement rapide de réglementation semble peu probable, Schumacher évoque toutefois une piste possible pour l’avenir.
"Le plan B ne pourrait signifier qu’un retour aux moteurs à combustion classiques avec des carburants synthétiques d’ici 2030," a-t-il suggéré.
"La Formule 1 devrait être à nouveau considérée comme un sport de gladiateurs et pas principalement à travers le prisme de la durabilité."
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