Budkowski dévoile ses premiers plans pour Cadillac F1, en piste et en dehors

L’équipe veut déjà tourner la page Lowdon, les défis sont nombreux

Budkowski dévoile ses premiers plans pour Cadillac F1, en piste et en dehors
Auteur : Franck Drui
13 août 2026 - 08:16

Cadillac F1 a beau avoir réussi des débuts plutôt honorables pour une équipe engagée en Formule 1 depuis seulement onze Grands Prix, le projet américain a décidé de changer de dimension en pleine première saison. Le remplacement brutal assumé de Graeme Lowdon par Marcin Budkowski place désormais un profil beaucoup plus technique à la tête de l’écurie, avec une mission claire : exploiter davantage le potentiel du projet et surtout régler les problèmes de fiabilité qui ont régulièrement perturbé ses premiers mois en championnat.

Sur le papier, le bilan de Cadillac est loin d’être catastrophique. L’équipe est certes la seule du plateau 2026 à ne pas avoir inscrit le moindre point et a reculé au dernier rang après les progrès enregistrés par Aston Martin à Budapest. Mais pour une structure qui n’a disputé que onze courses, les premières performances de la MAC-26 n’ont rien de honteux.

Graeme Lowdon avait d’ailleurs adopté une philosophie particulièrement adaptée à cette première campagne, consistant à considérer chaque journée comme une occasion d’apprendre. Pourtant, derrière cette approche patiente, certains problèmes ont progressivement pris de l’importance.

La fiabilité a notamment constitué le principal point noir de Cadillac. Les freins ont régulièrement posé problème, avec notamment des incidents ayant provoqué des incendies, tandis que des soucis de suspension ont également entraîné des abandons, en particulier du côté de Sergio Pérez. Les deux pilotes ont eux-mêmes fait part de leur frustration face à ces difficultés.

C’est précisément sur ce terrain que les premières déclarations de Marcin Budkowski donnent une indication sur ce que le nouvel homme fort de Cadillac entend changer en priorité.

"Des problèmes de fiabilité ont entaché la première partie de saison de l’équipe."

Le Polonais refuse toutefois de considérer ces difficultés comme anormales pour une structure aussi jeune.

"Dans une certaine mesure, c’est compréhensible. C’est une nouvelle équipe. C’est un nouveau groupe de personnes. Ils apprennent ensemble et ils échouent ensemble. L’échec fait partie de l’apprentissage en Formule 1. Ce n’est pas agréable, mais ces problèmes ont clairement empêché l’équipe d’en apprendre davantage."

"Au bout du compte, pendant une course, le kilométrage correspond à toutes les données que vous accumulez, à toute la compréhension que vous développez de la voiture, et je pense que cela doit être réglé très, très rapidement."

Le nouveau directeur de l’équipe veut donc s’attaquer immédiatement au problème.

"Je suis certain qu’il y a une vraie détermination dans l’équipe pour y parvenir, mais nous allons fortement nous concentrer sur la résolution des problèmes que nous rencontrons actuellement, car cela ne sert à rien de développer la voiture si vous ne pouvez pas utiliser les pièces que vous apportez."

Budkowski veut d’abord écouter et observer

L’autre enjeu du changement de direction concerne l’organisation interne. Les difficultés rencontrées en piste peuvent facilement créer une forme de déconnexion entre les équipes travaillant sur les Grands Prix et celles restées à l’usine. Pour Budkowski, cette relation doit être particulièrement solide dans une équipe qui doit encore construire ses méthodes de travail.

"Ma première priorité sera d’écouter, honnêtement, d’écouter et d’observer à l’usine parce que j’ai besoin de rencontrer les gens."

Budkowski devait effectuer sa première visite de la base de Silverstone au début de la semaine suivante, avant de rejoindre le paddock de Zandvoort pour la reprise du championnat.

"J’ai besoin de comprendre comment ils travaillent, comment ils travaillent ensemble, comment les différents individus et départements travaillent d’abord ensemble."

"Tout au long de mon expérience en Formule 1, j’ai constaté que lorsqu’une équipe souffre de problèmes de fiabilité, comme Cadillac durant la première moitié de la saison, cela crée un énorme risque de déconnexion entre les opérations en piste et l’usine, et cette relation doit être très, très solide dans n’importe quelle équipe de Formule 1."

"Cette relation doit être très, très forte. C’est pourquoi je vais partager ma première semaine entre l’usine et la piste à Zandvoort, parce que je veux voir les deux côtés de l’équipe et la manière dont ils travaillent ensemble."

"Je pense que ce sera la priorité à court terme : écouter, observer et m’assurer que les deux entités, si vous voulez... enfin, c’est une seule équipe, une seule entité, mais, dans les faits, dans le monde actuel avec 24 courses, les gens de l’usine et ceux de la piste ne se voient pas très souvent, et c’est souvent un problème."

Une situation bien différente de celle que connaissait la Formule 1 par le passé.

"Lorsque nous avions 16 courses en Formule 1 et des équipes beaucoup plus petites, les gens passaient énormément de temps ensemble à l’usine. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, et je pense que cette connexion est très, très importante, particulièrement à court terme, pour les courses qu’il nous reste à disputer cette année, et il y en a encore quelques-unes."

Exploiter enfin toutes les ressources de General Motors

Budkowski ne compte pas se limiter aux problèmes visibles sur la piste. Il veut également passer en revue l’organisation, les procédures et les outils dont dispose Cadillac, avec en ligne de mire les ressources considérables de General Motors.

"Il faudra examiner en profondeur l’organisation, les processus, nos outils, ce que nous avons, ce que nous sommes encore en train de construire, ce dont nous avons besoin et ce que General Motors peut apporter, car il existe une énorme profondeur d’expertise technique et d’outils chez GM qui ne semble pas encore avoir été totalement exploitée."

"Il faut bien comprendre que nous parlons d’une équipe qui n’a eu que quelques mois pour être construite à partir de zéro, mettre une voiture de course sur pied et se lancer en compétition."

C’est précisément ce profil qui aurait séduit Dan Towriss. Le patron de Cadillac considère que Budkowski possède le bagage nécessaire pour occuper un poste de directeur d’équipe particulièrement orienté vers la technique.

"Je ne donnerais pas de calendrier précis. Je pense que nous étions plutôt dans une logique d’attente et d’observation."

"En regardant vers l’avenir, je pense qu’un modèle avec un directeur d’équipe très fort techniquement... il suffit de regarder le parcours de Marcin, ce qu’il a accompli en Formule 1 : il correspond parfaitement au profil."

"Mais, parallèlement, avec une direction très forte, alors que nous parcourons la saison au fil de 24 courses, ou quel que soit le nombre de courses que nous aurons cette saison, cette direction est importante pour définir une orientation et instaurer un état d’esprit de vainqueur."

"Dans toute l’organisation, du garage jusqu’à l’usine, et dans la construction de ces fondations."

Quatre ans loin de la Formule 1, un atout ?

Pour Towriss, les années passées par Budkowski loin de la direction opérationnelle d’une équipe de Formule 1 constituent même un avantage. Elles lui ont permis de prendre du recul sur l’évolution de la discipline et d’observer ses transformations sans être directement plongé dans son quotidien.

"Je pense que le temps que Marcin a passé loin de la Formule 1 lui donne une perspective pour regarder comment la Formule 1 a évolué et s’est développée."

"Regardez les ressources de General Motors, de TWG et des autres acteurs, et imaginez réellement à quoi pourrait ressembler la vision future d’une équipe de Formule 1. Le rôle de l’intelligence artificielle et toutes ces choses."

"Je pense que nous n’avons fait qu’effleurer la surface de l’ensemble des outils que GM peut offrir à la Formule 1 à travers Cadillac, et il reste donc beaucoup de travail à accomplir."

"Rassembler tous ces changements, les exploiter ensemble, je pense que cela va réellement nous placer sur une trajectoire différente pour construire cette organisation sur le long terme."

Budkowski n’est pas arrivé par hasard

Si le changement de direction a surpris une partie du paddock, Budkowski assure que sa nomination n’est pas née d’un appel téléphonique improvisé.

"Ce n’est pas Dan qui m’a appelé de nulle part pour me dire : ’Je veux que tu sois directeur de l’équipe’."

"Nous avons eu un certain nombre d’échanges avec Dan, et je pense que cela faisait partie d’un processus de réflexion qu’il menait."

Elles ont même impliqué les plus hauts responsables de General Motors.

"Je ne veux pas lui faire dire ce qu’il n’a pas dit, mais il a fallu plusieurs discussions, évidemment, pour arriver à ce stade, et j’ai également eu quelques discussions avec des personnes chez General Motors jusqu’au sommet, jusqu’à Mark Reuss, le président de General Motors, dans le processus."

Budkowski avait d’ailleurs étudié plusieurs possibilités ces dernières années.

"De mon côté, je dois dire que j’ai eu des discussions. J’ai eu des discussions ces dernières années avec plus de la moitié des équipes du plateau ; certaines étaient plus avancées, d’autres moins."

Mais Cadillac a finalement présenté plusieurs arguments décisifs.

"Si je reviens à ce rôle de direction, il faut que ce soit dans un projet auquel je crois. Il y a plusieurs aspects à cela. Mais ce projet est très ambitieux. Il est soutenu par le groupe TWG, qui est extrêmement impliqué dans le sport automobile, mais General Motors est l’un des plus grands constructeurs automobiles du monde, avec beaucoup d’ambition et des moyens financiers, ce qui n’était pas toujours le cas dans mes précédentes expériences."

Une ambition réaliste pour Cadillac

Un autre élément a particulièrement rassuré Budkowski : les personnes qui entourent le projet.

"Une chose qui m’a vraiment, vraiment rendu très confiant dans l’idée de rejoindre l’équipe, c’est que toutes les personnes avec lesquelles je parle, toutes celles qui seront effectivement au conseil d’administration de l’équipe et dans sa direction, sont des gens du sport automobile."

"Ils vivent tous pour le sport automobile, ils le comprennent, ils y ont été très exposés et je trouve cela très, très rafraîchissant pour moi, parce que la conversation est complètement différente dès le départ."

"Il y a l’ambition, il y a le désir de construire une équipe forte et, à terme, une équipe compétitive, une équipe capable de se battre à l’avant."

"Mais il y a aussi une vraie compréhension de la difficulté du défi, des échéances et de la route qui nous attend. Et depuis que nous avons commencé à parler avec Dan, je pense que nos visions sont très, très similaires, tout comme notre manière de voir l’évolution du projet."

Il ne s’attend donc pas à subir une pression démesurée.

"Je ne pense pas qu’il y aura beaucoup de pression sur moi, même si je suis certain qu’il y aura des attentes, ce qui est logique et normal pour ce type de fonction. Mais ces attentes ne sont pas déraisonnables et ne sont pas complètement déconnectées de la réalité de la Formule 1."

"Tout le monde comprend l’ampleur du défi qui nous attend, mais il y a la volonté de s’y attaquer et je rejoins ce projet avec le même état d’esprit."

Et, au-delà des moyens disponibles, c’est finalement l’état d’esprit qui a convaincu Budkowski.

"Pour être honnête, cet aspect a été pour moi encore plus important que toutes les fondations dont nous avons parlé, que le soutien financier et tout le reste : c’est l’attitude, la vision et le fait de pouvoir être assis autour d’une table avec des gens qui vivent et respirent le sport automobile et qui le comprennent fondamentalement."

La deuxième moitié de la saison 2026 servira donc autant à résoudre les problèmes actuels qu’à préparer la prochaine étape du projet. Towriss veut notamment continuer à faire progresser l’équipe en piste tout en renforçant ses connexions internes.

"Sur le plan des performances, il s’agit vraiment de continuer à améliorer l’équipe que nous avons, et chaque course, chaque week-end, les écarts se resserrent."

"Le garage continue de fonctionner à un niveau plus élevé. La connexion avec l’usine s’améliore et, à mesure que nous progressons dans ce domaine, cette amélioration à elle seule entraînera des gains de performance. C’est donc un véritable axe de travail pour le reste de 2026."

"Nous avons également des évolutions supplémentaires que nous envisageons d’apporter en piste, sans que cela détourne notre attention des priorités de 2027."

"Une grande partie du travail sur les processus et l’organisation à l’usine va également rester une priorité durant la seconde moitié de 2026."

Avec le changement de direction, Towriss veut installer une nouvelle culture au sein de Cadillac.

"Avec les changements mais aussi avec l’évolution de cette équipe, il va être question de culture."

"Et cette culture repose sur plusieurs principes simples. C’est la communication. C’est le leadership. C’est la responsabilité. Tous les éléments dont nous avons parlé offrent une opportunité de rassembler tout cela et de relever le niveau pendant la seconde moitié de 2026, pendant la fin de saison, que nous espérons voir devenir un véritable tremplin pour 2027."


Comment suivre au mieux l’actualité de notre site ?

Vous appréciez nos actus ? Alors sélectionnez Nextgen-Auto.com comme source privilégiée sur Google, pour voir davantage de news F1 de ce site dans vos résultats d’actualités. Vous ne manquerez plus aucune information et serez parmi les premiers à lire nos interviews et analyses.

S’abonner est simple : il vous suffit de cliquer sur ce lien et de cocher les sources Nextgen-Auto.com.

Vous pouvez aussi vous abonner à notre chaîne WhatsApp Nextgen-Auto.com pour recevoir en temps réel les "breaking news" et quelques informations exclusives avant leur publication !

Nous suivre sur notre Profil Google afin que nos news vous soient présentées en priorité dans votre fil d’informations sur votre smartphone ! Il suffit de cliquer sur "Suivre sur Google".


Partage

cadillac_29_-3.jpg