Formule 1

Ricciardo : J’en avais marre d’avoir été nul toute l’année

"Tout le monde sait que l’année a été difficile pour moi"

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Par Olivier Ferret

19 septembre 2021 - 11:05
Ricciardo : J’en avais marre d’avoir (...)

A Monza, Daniel Ricciardo a remporté une victoire "surprise" pour McLaren. Même si la MCL35M était sur un circuit qui lui convenait parfaitement, avec son moteur Mercedes très puissant dans le dos, il fallait tout de même aller la décrocher.

L’Australien se confie longuement sur cette 8e victoire en Grand Prix de sa carrière, sa 1ère pour McLaren qui arrive après un début de saison très difficile pour lui en termes de performances face à Lando Noris.

"Je ne sais pas si j’ai l’air si sexy en ce moment" plaisante-t-il. "Je manque encore beaucoup de sommeil, j’ai besoin d’une coupe de cheveux et besoin d’un rasage. Mais je me sens bien. Je me sens vraiment bien."

"Je me sens assez épanoui en ce moment. Cela fait un moment que je n’avais pas été sur la plus haute marche du podium. Je suis sûr que beaucoup de gens pensaient que je n’y retournerais pas, donc cette victoire est encore plus agréable."

"Mais pour McLaren, ça fait neuf ans. Neuf ans ! Je pensais que trois ans pour moi était une longue période d’attente, mais McLaren a attendu pendant neuf ans. C’est fou. Contribuer à interrompre cette attente et aider à mettre un sourire sur le visage de chacun, c’est ce qui me rend le plus heureux."

Ricciardo avait déclaré à son arrivée chez McLaren qu’il était là "pour gagner". Ces mots prennent-ils une saveur particulière aujourd’hui ?

"Tout le monde sait que l’année a été difficile pour moi, probablement la plus difficile de ma carrière en F1, mais j’ai définitivement tiré quelque chose du mois d’août, de la pause estivale, et du fait de m’éloigner un peu. J’avais besoin de ça."

"J’avais besoin de m’éloigner, de prendre un peu de distance et, grâce à cela, de prendre un peu de recul. En arrivant au Grand Prix d’Italie, je sais que c’est facile à dire maintenant mais tous ceux qui ont regardé le week-end le savent, il y avait quelque chose en moi comme si j’étais possédé."

"Et je ne le montre pas toujours dans les interviews mais, derrière les portes fermées, j’étais plus affamé que je ne l’avais été depuis très longtemps. J’ai compris très tôt que ce week-end était une opportunité. J’en avais marre d’avoir été nul toute l’année et je me suis dit : ouais, allons-y !"

"J’ai adoré être de retour à mon meilleur niveau. J’ai aimé avoir la chance de me battre, d’être troisième du Sprint. J’ai adoré ça. J’aime être de retour là où je crois que je peux être. Certains diront ’qu’en est-il de la pression d’être à l’avant ?’ Mais c’est l’endroit où je suis le plus à l’aise."

"Dimanche, tout ce que je voulais, c’était être en tête au premier virage. Je me disais ’je veux mener de nouveau et être la cible’. Et c’est ce que j’ai fait. Je me souviens de la sortie de la première chicane."

"Au deuxième virage, j’ai imaginé la tête de tout le monde dans l’équipe et dans les garages, et je me suis dit qu’ils devaient être gonflés à bloc. Et puis ça s’est vite transformé en ’je ne veux pas laisser passer ça maintenant. Je suis en tête !"

’Je me disais ’à moins qu’on soit vraiment lents, je vais compliquer la tâche de tous ceux qui tenteront quelque chose pour moi aujourd’hui. Mais je n’ai jamais vraiment eu de doute. Sauf pendant les arrêts aux stands. Je pensais que si quelqu’un avait plus de rythme, il allait faire l’overcut ou l’undercut. Mais à part ça, sur la piste, j’étais convaincu que nous allions garder la première place."

Cette 8e victoire est-elle une de celles qui lui a procuré le plus d’émotions ?

"C’était à la hauteur de la victoire de Monaco 2018. Je pensais que cette victoire ne serait jamais égalée à cause de toute cette histoire de rédemption après ce qui m’était arrivé là-bas deux ans plus tôt. Mais ce que j’ai ressenti à Monza était aussi fort que ça."

"Et j’ai ressenti cette importance personnellement, mais je l’ai aussi ressentie avec les gens autour de moi : tout le monde était sur un nuage, tout simplement. Je me souviens avoir fait des interviews et je n’étais pas vraiment présent à ce moment-là, dans certaines d’entre elles. C’était impressionnant."

Ricciardo a gagné la course mais Lando Norris a aussi assuré le doublé, ce qui renforce la joie au sein de toute l’équipe. Que signifie ce doublé pour McLaren ?

"C’est génial de mettre fin à cette période de disette pour l’équipe, surtout après l’année que j’ai eue. Et, évidemment, je suis content d’avoir été le gars qui a remporté la victoire. C’est juste le compétiteur en moi. Tu veux être le gars que tout le monde tape dans le dos et ça n’avait certainement pas été moi pendant la majeure partie de cette année. Donc cocher cette grande case, c’était vraiment bien."

"Quand j’y repense, la victoire était folle mais tout aussi fou était le doublé ; voir Lando 2e, sachant que toute l’équipe va être ravie, c’était top. Ce n’est pas comme si une voiture avait gagné et que l’autre s’était crashée, laissant l’équipe avec des émotions mitigées. Je savais que tout le monde allait être sacrément heureux !"

"Je savais que Lando était deuxième et quand je l’ai vu là en parc fermé, à mes côtés, ça faisait tellement du bien. Nous nous sommes serrés dans les bras et je pense que tout ce que je lui ai dit, c’est : ’Est-ce qu’on vient juste de faire un doublé ?’ Je pense que c’est ce que j’ai dit. Je me souviens l’avoir tapé sur le casque et je me suis dit : ’l’équipe doit être tellement heureuse en ce moment’."

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