Départs chaotiques, énergie automatisée : Gasly admet être un peu dérouté
"En ce moment qu’il est difficile de tout assimiler"
Pierre Gasly craint que la Formule 1 version 2026 ne réduise encore davantage l’influence directe des pilotes en piste. Face à la complexité croissante des nouvelles règles techniques, le pilote Alpine estime que les pilotes risquent de devenir de simples passagers dans leur propre voiture.
Si les pilotes peuvent toujours sélectionner différents niveaux de récupération d’énergie sur les nouvelles unités de puissance 2026, le processus de récupération en lui-même est désormais entièrement automatisé par l’ECU. De la même manière, l’aérodynamique active peut être désactivée automatiquement afin d’empêcher les pilotes d’utiliser le mode ligne droite dans certaines courbes, une mesure introduite pour éviter des tentatives extrêmes comme celle de Jack Doohan à Suzuka lors des essais libres 1 en 2025.
Alors que les pilotes tentent encore d’assimiler l’ensemble des nouveaux systèmes et procédures, Gasly s’interroge sur la capacité réelle des plus "cérébraux" à tirer un avantage de leur compréhension technique.
"Il y a tellement de choses à prendre en compte en ce moment qu’il est difficile de tout assimiler", a expliqué Gasly.
Le Français compare la situation actuelle à celle des moteurs thermiques de l’ère précédente.
"Avec le moteur thermique, on connaît à peu près le déploiement des autres. Je sais comment fonctionne un moteur Mercedes, donc je peux courir en sachant que si quelqu’un décide de s’engager davantage sur une ligne droite, il le paiera sur une autre."
"Ce qui est plus difficile à comprendre, c’est ce que font les autres motoristes. Ils peuvent déployer plus sur une ligne droite, ou moins sur une autre, et cela va créer de plus grandes différences dans des situations où les deux voitures sont à pleine puissance avec le mode ligne droite activé. Il n’y aura pas beaucoup d’aspiration ni de différence de vitesse."
Gasly reconnaît qu’un pilote capable de mieux appréhender la gestion énergétique pourrait théoriquement en tirer profit, mais il relativise fortement cet avantage.
"Avec un même moteur, quelqu’un qui a plus de capacité à tout comprendre et à maîtriser la gestion de l’énergie en bénéficiera, mais en même temps, il y a énormément de choses sur lesquelles nous n’avons pas le contrôle."
"On a l’impression d’être davantage du côté passager de ce que l’on peut faire dans la voiture. Je pense que ça va évoluer, mais ce n’est pas comme dire : ’Je vais recharger ma batterie maintenant et la déployer ici parce que j’en ai décidé ainsi’."
Selon Gasly, les outils mis à disposition des pilotes restent limités.
"Il y aura peut-être certains moteurs qui permettront ce genre de choses, et d’autres non, mais je ne pense toujours pas que ce soit aussi simple que les pilotes ayant plus de capacité mentale puissent faire mieux. Je ne suis pas sûr qu’ils aient réellement les outils pour faire ce qu’ils voudraient."
Pour l’instant, beaucoup de questions restent sans réponse.
"Il y a énormément de choses auxquelles on veut répondre, mais nous devons découvrir de véritables situations de course. Et ce que je suggère, c’est de se qualifier en pole, et la vie sera beaucoup plus simple en partant de là."
Gasly a également lancé, sur le ton de la plaisanterie, un avertissement aux fans avant le départ du Grand Prix d’Australie en mars.
"Je vous conseille d’être assis devant votre télévision en Australie, parce que ça pourrait être un départ dont tout le monde se souviendra", a-t-il souri. "On découvrira de quelle manière. Je n’en suis pas sûr moi-même, mais ce sera clairement plus compliqué qu’avant."
Les procédures de départ avec les toutes nouvelles F1 2026 suscitent en effet des inquiétudes en matière de sécurité, notamment en raison d’un risque accru de turbo lag à l’accélération, rendant l’application des gaz plus délicate.
Conscient de la capacité de la FIA et de la Formule 1 à ajuster rapidement la réglementation, ainsi que du savoir-faire des équipes pour optimiser leurs concepts, Gasly reste néanmoins confiant dans une amélioration progressive de la situation.
"Je pense que d’ici quelques semaines ou quelques mois, nous allons tous trouver comment simplifier tout ça. Mais en l’état actuel des choses, après seulement deux semaines d’essais, on voit que ce ne sera pas facile en Australie."
Pour autant, le départ en course n’est pas sa préoccupation majeure.
"Mais ce n’est qu’un élément parmi beaucoup d’autres situations qui ne seront pas faciles."
"C’est pour ça que je pense qu’en Australie, simplement en termes de fiabilité et d’arrivée à l’arrivée, ce sera le défi numéro un et la priorité numéro un."
"Aussi simple que cela puisse paraître, parce que ce n’est pas quelque chose que nous aurions dit avec les voitures précédentes, ces voitures sont extrêmement complexes."
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