A la tête de Racing Bulls, Permane va devoir apprendre à gérer toute une usine F1

Il s’est toujours concentré sur une équipe de course en 34 ans de carrière

Auteur : Franck Drui
26 juillet 2025 - 09:05
A la tête de Racing Bulls, Permane va devoir apprendre à gérer toute une usine F1

Il y a eu beaucoup de battage médiatique autour de Christian Horner et Laurent Mekies, après le limogeage du Britannique et la promotion du Français à sa place chez Red Bull Racing.

Mais il ne faut pas oublier qu’il y a aussi un autre nouveau directeur d’équipe dans le paddock de Spa ce week-end, Alan Permane.

Il y a deux ans, dans le paddock du Grand Prix de Belgique justement, Permane annonçait qu’il mettrait fin à un extraordinaire passage de 34 ans au sein de l’écurie d’Enstone (Benetton, Renault, Lotus ou encore Alpine), après avoir été licencié.

Ce fut un moment difficile pour Permane, qui dirigeait l’équipe de piste. Et puis, le téléphone sonna. C’était Mekies, que Permane avait appris à connaître au fil des ans, notamment lorsqu’ils étaient tous deux directeurs sportifs de Renault et de Ferrari respectivement. Chargé de reconstruire Racing Bulls, Mekies souhaitait que Permane rejoigne le poste de directeur sportif.

Dix-huit mois plus tard, il a reçu un autre appel avant le Grand Prix de Belgique. Cette fois, c’était la direction de Red Bull qui était au téléphone et qui voulait savoir s’il souhaitait assumer ce rôle important pour remplacer Mekies, promu chez Red Bull.

"On m’a informé la semaine suivant Silverstone de ce qui se passait," raconte Permane au site officiel de la F1.

"Tout d’abord, est-ce que j’y avais pensé ? Non ! Ce n’est pas une option que j’ai envisagée, mais est-ce que j’allais aider l’équipe et assumer ce rôle ? Et bien sûr, quand Red Bull se présente, on ne peut pas refuser, et c’est une opportunité fantastique pour moi. C’est un sacré changement. Je suis un gars de la piste, j’ai passé ma vie sur les circuits. Là, on gère des équipes de 60 à 100 personnes au maximum, et maintenant, c’est une nouvelle étape, il faut donc en tenir compte, mais j’ai vraiment hâte."

Mekies aurait fait campagne pour que Permane assume ce rôle après sa propre promotion. Ils sont devenus amis et collègues, et il restera un allié proche puisque les deux équipes sont sous la même égide.

"Laurent est très gentil. Il a été formidable avec moi. Il m’a dit de rester moi-même et tout ira bien, alors je vais garder ça en tête. Il a été d’une aide précieuse."

"J’ai eu des réactions formidables, honnêtement, j’ai été très touché par ça. L’un de mes tout premiers messages provenait de Flavio Briatore [conseiller exécutif d’Alpine], et j’en suis très fier."

"Il m’a laissé un message vocal disant qu’il était ’très heureux pour moi’, c’était adorable. Mon téléphone a explosé ce mercredi-là, et j’ai beaucoup de chance d’avoir ce genre de soutien."

C’est le poste le plus important que Permane ait jamais occupé, mais il ne semble pas le déstabiliser.

"La différence résidera, comme je l’ai dit, dans la gestion de personnes qui ne sont pas des spécialistes de la piste. C’est une nouveauté pour moi. J’ai déjà fait cela par le passé, avec différents services techniques à Enstone sous ma responsabilité, mais tout était également axé sur la piste : il s’agissait de livrer ou de construire des équipements pour la piste. Ce sera un rôle beaucoup plus vaste et je dois absolument le réussir, mais je suis prêt pour ça."

"C’est un rôle de management, un rôle humain. Je me souviens toujours de mon premier jour en tant qu’ingénieur de course. Je me souviens que Pat Symonds m’a passé le relais et m’a dit : ’Tu vas faire rouler la voiture aujourd’hui, en quelque sorte, lors d’un essai’. Je dis aux gens maintenant : une des choses qu’on ne vous dit pas à propos du métier d’ingénieur de course, c’est que vous devenez soudainement manager."

"D’un coup, dix personnes se retrouvent à l’arrivée de la voiture et vous demandent ce qu’on va faire ensuite. On apprend très vite à gérer ces moments-là."

Les Racing Bulls se sont imposées comme très solides dans le peloton, marquant des points lors de six des douze courses de la saison, ce qui les place septièmes au championnat avec 36 points.

Sauber n’a que cinq points d’avance, tandis que Williams en compte 18 d’avance. La cinquième place, objectif longtemps visé mais jamais atteint par Franz Tost, l’ancien patron de l’équipe, est en jeu. Alors, quels sont les objectifs immédiats fixés par la direction ?

"Les objectifs sont clairs. Ils sont de poursuivre sur notre lancée, de poursuivre le bon travail entrepris par Laurent et Peter [Bayer] et de maintenir cette trajectoire."

"Aller courir avec le sourire, courir dans un bon état d’esprit et, bien sûr, réussir en piste est une part essentielle de notre activité. Nous avons certainement progressé cette année par rapport à l’année dernière et nous allons chercher à maintenir cette trajectoire."

"Sur le plan personnel, je ne veux pas me fixer d’objectifs, ni me dire qu’il nous faut un podium, marquer tant de points ou terminer à telle position au championnat."

"Je veux juste m’assurer que nous tirons le meilleur parti des voitures que les concepteurs et l’équipe de production nous ont confiées. Si nous y parvenons, nous connaîtrons une bonne deuxième moitié de saison."


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