Formule 1

Alan Jones révèle un arrangement secret avec Ecclestone en 1985

Pour protester contre l’apartheid

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Par A. Combralier

7 août 2017 - 11:46
Alan Jones révèle un arrangement (...)

Alan Jones, le champion du monde 1980 avec Williams, aura le droit prochainement à une nouvelle biographie, « How Alan Jones Climbed to the Top of Formula One ». Dans ce livre, il révèle une conversation croustillante à propos de certains événements survenus en Afrique du Sud…

En 1985, à la demande du gouvernement français, Renault et Ligier ne participèrent pas à la course pour protester contre l’apartheid en vigueur. Les autres équipes essayèrent, en vain, d’annuler la course, puis se résignèrent à y prendre part.

A l’époque, Beatrice-Haas était sponsorisée par Beatrice Foods, une entreprise de crèmes glacées – qui avait des usines en Afrique du Sud. Mais Jesse Jackson, militant pour les droits civiques Outre-Atlantique, avait menacé : si une voiture sponsorisée par Beatrice gagnait en Afrique du Sud, alors, il y aurait de nombreuses grèves dans les usines Beatrice aux États-Unis.

Alan Jones, qui avait tenté un come-back en F1 chez Beatrice-Haas, ne prit pas le départ du Grand Prix. Et un certain Bernie Ecclestone y est pour beaucoup.

Dans sa biographie, le pilote Beatrice-Haas, convoqué alors par Bernie, révèle une conversation décisive avec le grand argentier…

« [Bernie] Comment te sens-tu ?

[Jones] - Assez bien, merci.

- Quelles sont tes chances de gagner la course ?

- Bernie, je te remercie de poser la question. Si elle avait lieu maintenant, je pense que mes chances seraient assez bonnes.

- Eh bien, j’ai une petite idée. Imaginons que tu sois malade et que tu ne puisses pas courir ce week-end. Nous te donnerons la prime réservée au vainqueur de la course. Rentre chez toi et visite l’Australie. Comme ça, la voiture Beatrice ne roule pas. C’est un cas de force majeure. Jesse Jackson ne va pas pouvoir dire : ‘J’ai forcé une entreprise à abandonner’ et il ne pourra pas appeler à une grève parce que la voiture n’a pas roulé. »

Toujours selon les révélations de la biographie, Alan Jones accepta l’offre de Bernie et retourna chez lui sur un vol Harare – Qantas Africa boycottait l’Afrique du Sud. Il attendit le samedi matin pour quitter le pays et s’assura que l’affaire ne fuite pas.

Il ne prévint pas même son écurie, si bien que les mécaniciens préparèrent la voiture comme si de rien n’était. On leur dit alors qu’Alan était malade à cause du virus et qu’il ne courrait pas.

Au Grand Prix suivant, en Australie, Alan Jones se rétablit comme par miracle.

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